mardi, décembre 6, 2022
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Un dissident : l’accord nucléaire iranien a de sérieuses failles

Récemment à la Maison Blanche, le Président des États-Unis Barack Obama a célébré l’accord nucléaire conclu récemment, qualifié de « meilleur accord ». Quoi qu’il en soit, un examen plus approfondi du Plan Global d’Action Conjoint ne permet pas de se réjouir outre mesure, écrit Alireza Jafarzadeh, le directeur adjoint à Washington du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI).

« En premier lieu, l’accord n’empêche pas réellement Téhéran d’obtenir une capacité nucléaire militaire. Au contraire, il offre au régime plusieurs voies potentielles pour construire la bombe dans le futur. C’est parce que le PGAC préserve et légitime l’infrastructure nucléaire basique – y compris un programme industrialisé d’enrichissement de l’uranium- avec des restrictions qui disparaîtront progressivement dans une petite décennie », écrivait Jafarzadeh jeudi dans Roll Call.

« L’accord permet aussi au régime de poursuivre son programme de recherche et de développement sur les centrifugeuses perfectionnées. Cela offre à l’Iran la possibilité de maîtriser sa technologie et d’être en position de créer une usine clandestine abritant une petite centaine de centrifugeuses perfectionnées, suffisamment pour produire assez de matières fissiles pour une bombe », a-t-il affirmé.

« Contrairement aux éléments de langage de la Maison Blanche, l’accord ne prévoit en fait pas d’ « accès sans conditions de temps ou de lieu » aux sites nucléaires suspects y compris les sites militaires. Au lieu de ça, il prévoit un « accès contrôlé » aux sites, ce qui élimine l’élément de surprise essentiel aux inspections intrusives. Il prévoit également la création complexe d’un comité de résolution pour résoudre les désaccords sur les inspections. Cela implique un délai, et le délai implique le danger. »

« Et surtout, après 20 mois de négociations, l’accord ne comprend aucune disposition spécifique pour inspecter les sites qui sont déjà dans la ligne de mire de l’AIEA, y compris Parchin et SPND. Il ne mentionne pas non plus la nécessité d’interroger les scientifiques impliqués. »

Pour couronner le tout, Jafarzadeh pointe que « la portée de la levée des sanctions dans l’accord est très étendue et inclut un grand nombre d’entités et d’individus dont les biens sont pour l’instant bloqués (ceux qui sont sur la liste appelée « liste des Ressortissants Spécialement Désignés » – « Specially Designated Nationals », SDN), y compris de grandes institutions financières iraniennes, le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, les forces Qods et son tristement célèbre commandant Qassem Soleimani. Ce soulagement financier ne peut que soutenir le régime, qui chancelait économiquement sous les sanctions, et l’aider à entretenir son comportement voyou. »

« L’accord ne se munit d’aucun outil pour surveiller l’assistance étrangère au programme nucléaire iranien, y compris de part de la Corée du Nord, qui a été le principal partenaire de l’Iran pour sa technologie en nucléaire, en missile et en tête nucléaire. Il n’empêche pas non plus l’Iran de sous-traiter une partie de son programme d’armement nucléaire à des pays étrangers. »

Jafarzadeh affirme que les législateurs américains doivent examiner minutieusement l’accord d’une façon objective et non partisane.

« L’accord ne devrait pas empêcher les États-Unis de s’occuper du comportement voyou du régime iranien, à savoir de son bilan intérieur désastreux en matière de droits de l’hommes ou son soutien au terrorisme et son rôle déstabilisateur dans la région. Au contraire, c’est le moment pour que les États-Unis montent la pression d’un cran et tiennent Téhéran pour responsable dans ces zones également. Autrement, les conséquences non-intentionnelles de l’accord dans la région vont être plus importantes que ses avantages présumés », écrit Jafarzadeh.

« Au lieu de limiter un peu plus le programme iranien de missiles balistiques, l’accord va en réalité lever les restrictions sur les armes classiques et le programme de missiles dans respectivement 5 et 8 ans. Étant donné que l’Iran est considéré comme le premier sponsor du terrorisme par le Département d’État américain, laisser intacte la capacité militaire de l’Iran en armes classiques devrait vouloir dire que le gouvernement Obama s’attend à un grand changement dans l’idéologie et la tactique du régime dans les prochaines années. »

« Si le raisonnement derrière le relâchement de la plupart des restrictions dans 10 ou 15 ans est en effet que le monde peut s’attendre à un gouvernement différent, plus inoffensif en Iran, il serait judicieux de la part des États-Unis d’aider la jeunesse iranienne, les femmes activistes et tous ceux qui réclament un changement démocratique. Dans le meilleur des cas, l’accord nucléaire offre un certain délai. Et le temps presse. »

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