
L’histoire se répète rarement à l’identique, mais ses chapitres les plus dangereux commencent souvent par la même erreur fatale : confondre la survie d’une dictature avec sa force, et la politique de complaisance avec le réalisme. Suite à la récente confrontation militaire entre les États-Unis, Israël et le régime iranien, certaines voix en Occident se sont empressées de tirer une conclusion erronée. Puisque le régime clérical n’a pas cédé sous les bombardements, ses partisans présentent cela comme une preuve de sa résilience et plaident, une fois de plus, pour un retour à la même politique vouée à l’échec qui a contribué à plonger la région dans la catastrophe actuelle : la politique de complaisance.
Cet argument est non seulement moralement indéfendable, mais aussi stratégiquement erroné. La survie d’un régime totalitaire après des frappes extérieures ne prouve ni sa légitimité, ni sa stabilité, ni le soutien populaire dont il bénéficie. Elle prouve seulement que les frappes aériennes, à elles seules, ne peuvent remplacer une stratégie politique ancrée dans la volonté organisée du peuple opprimé. Le régime iranien n’a pas perduré grâce à sa force intrinsèque ; il a perduré parce que, pendant des décennies, la politique occidentale l’a maintes fois sauvé des conséquences de ses propres crimes. Par des concessions, des négociations, un allègement des sanctions, des accords de libération d’otages et la marginalisation systématique de la Résistance iranienne, l’Occident a offert à Téhéran du temps, de l’argent, une légitimité et un répit politique.
Ce mal n’est pas nouveau. Dans les années 1930, le monde libre a vu une menace fasciste se renforcer en Europe et a opté pour la conciliation plutôt que pour la confrontation. Cette illusion n’a pas modéré les nazis ; elle les a enhardis. Aujourd’hui, l’Occident a répété la même erreur catastrophique avec la théocratie de Téhéran, s’accrochant à la croyance qu’un régime fondé sur la répression intérieure et le terrorisme extérieur pouvait être géré, contenu ou adouci par la diplomatie.
Les parallèles entre la résistance antinazie et la Résistance iranienne sont frappants, tout comme la trahison tragique dont elles ont été victimes. De même que les premiers avertissements concernant le Troisième Reich ont été ignorés au profit de concessions diplomatiques, l’Occident a passé des décennies à enrichir et à enhardir les religieux au pouvoir en Iran. Pourtant, dans leur poursuite de cette politique d’apaisement désastreuse, les puissances occidentales sont allées encore plus loin : elles ont activement sacrifié ceux-là mêmes qui combattaient le régime. Pour apaiser Téhéran, l’Occident a interdit, diffamé et réprimé la Résistance iranienne.
Mais la Résistance n’a pas cédé. Avec une détermination inébranlable et un ancrage social profond, ils ont résisté à l’assaut, luttant pour vaincre juridiquement ces campagnes d’oppression occidentales et briser les étiquettes politiques destinées à les réduire au silence. Ils ont survécu, mais l’illusion de l’Occident de contrôler un État totalitaire s’est soldée par un désastre complet.
Aujourd’hui, les nations occidentales récoltent ce qu’elles ont semé. Les conséquences de leur politique d’apaisement ont franchi leurs propres frontières. Des citoyens européens et américains sont régulièrement pris en otage et utilisés comme monnaie d’échange diplomatique. Les artères économiques mondiales sont constamment paralysées par les menaces dans le détroit d’Ormuz. Et, plus flagrant encore, des drones iraniens Shahed s’abattent sur l’Ukraine, rendant une guerre européenne infiniment plus coûteuse, dévastant les infrastructures et redessinant rapidement le paysage politique du continent. L’Occident a appris à ses dépens que pactiser avec le mal, c’est l’inviter chez soi.
L’ambition du régime, à l’instar de celle des nazis, n’a jamais été conçue pour se limiter à ses frontières ; Elle rêvait d’une domination mondiale alimentée par un fondamentalisme religieux radical. Sans la Résistance iranienne – qui a pris des risques considérables pour servir de système d’alerte précoce au monde, révélant les sites nucléaires clandestins et les réseaux de missiles du régime – Téhéran aurait peut-être déjà allié son idéologie extrémiste à une bombe nucléaire opérationnelle.
Pourtant, malgré les drones, les prises d’otages et la politique du bord du gouffre nucléaire, les capitales occidentales hésitent encore, s’accrochant à l’espoir lâche de ne pas contrarier le régime. Elles n’ont pas tiré les leçons du début de la Seconde Guerre mondiale, mais elles doivent se souvenir de toute urgence de sa fin : le totalitarisme ne peut être ni géré, ni réformé, ni contenu ; il doit être vaincu.
Lorsque le monde a enfin pris conscience de la menace nazie, le coût de sa défaite fut catastrophique, mesuré en millions de vies et en nations ruinées. Aujourd’hui, cette catastrophe mondiale imminente peut encore être évitée, mais le paradigme a changé. La solution ne requiert ni troupes étrangères au sol, ni invasions militaires, ni argent du contribuable occidental. Les hommes et les femmes qui combattent dans l’ombre en Iran sont prêts à payer le prix ultime pour leur propre libération. Ce dont ils ont besoin, c’est que le monde libre abandonne enfin sa politique d’apaisement, reconnaisse formellement leur Résistance et impose l’isolement diplomatique total et sans compromis du régime qu’ils combattent pour le détruire.

