
Au printemps 2026, après la mort du Guide suprême Ali Khamenei au cours de la guerre et alors qu’une grande partie des programmes nucléaires et balistiques du régime avait été endommagée, son fils et héritier, Mojtaba Khamenei, ne demanda pas la paix. Ses forces continuèrent de harceler les pétroliers dans le détroit d’Ormuz, tirèrent sur la navigation dans le Golfe et acheminèrent de nouveaux fonds vers leurs alliés par procuration, du Liban au Yémen. Même exsangue, le premier instinct du régime demeura celui qu’il suit depuis quarante-sept ans : assurer sa survie en infligeant de la souffrance.
Il ne s’agit pas là de fanatisme religieux. C’est une doctrine plus ancienne que le régime lui-même. Les mollahs et leurs Gardiens de la révolution ne gouvernent pas l’Iran ; ils font chanter le monde en exploitant la souffrance humaine. Ils ne disposent que d’un seul outil, et ils n’ont jamais eu besoin d’un autre.
Dès ses débuts, le régime a compris que la misère constituait un levier. Il a pris des otages américains en 1979, orchestré des attentats au Liban et bâti un réseau terroriste mondial, non pas pour propager la foi, mais pour arracher des concessions. Il a provoqué l’Irak jusqu’à déclencher la guerre, puis — après avoir repoussé l’invasion en 1982 — a rejeté la proposition de cessez-le-feu et de retrait total de l’Irak. Khomeini a fait perdurer ce carnage pendant six années supplémentaires, envoyant de jeunes adolescents dans des assauts en « vagues humaines » tout en exécutant les dissidents sur le sol national, qualifiés de « traîtres ». Cette guerre n’a jamais eu pour but une « défense sacrée ». Elle visait à consolider le pouvoir par le sang.
Les spécialistes continuent, à tort, d’interpréter ce régime comme une forme d’« extrémisme islamique » comparable à celui de l’État islamique ou d’Al-Qaïda. La différence est simple : les djihadistes recherchent une pureté apocalyptique. Les dirigeants iraniens, eux, poursuivent le *maslahat-e nezaam* : l’« intérêt supérieur de l’État ». Ils suspendent les règles islamiques dès que cela les arrange, s’allient à des régimes athées et communistes, et gèrent des réseaux de trafic de stupéfiants ainsi que des « flottes fantômes » pour contourner les sanctions. La religion n’est qu’un costume. La duplicité est le système d’exploitation.
Dans une conversation dont l’authenticité a été établie, le défunt Khamenei confia à l’ancien président Rafsanjani : « Si le peuple accède à la prospérité, il finira par abandonner la religion. » Il ne s’agissait pas là de piété, mais d’une stratégie délibérée de paupérisation organisée, visant à maintenir la population dans un état de dépendance et de docilité. Sa famille et les *bonyads* — ces fondations « caritatives » intouchables — contrôlent des dizaines de milliards, tandis que les Iraniens ordinaires subissent l’hyperinflation et voient leurs espoirs anéantis. Mojtaba lui-même est à la tête d’une fortune *offshore* estimée à plusieurs milliards. L’élite vit à la manière de ces Occidentaux « décadents » qu’elle ne cesse de dénoncer. La souffrance n’est pas un effet secondaire ; elle est la stratégie elle-même.
Chaque fois que le monde a tenté une politique d’endiguement — sanctions, frappes ciblées, accords nucléaires —, le régime a mis à profit ce répit pour intensifier sa machine à infliger la douleur. La terreur intérieure s’est muée en guerres régionales par procuration, puis en terrorisme mondial et en trafic de stupéfiants. Aujourd’hui, cette douleur se fait sentir à chaque pompe à essence et sur chaque route maritime. Le régime est incompatible avec la stabilité, car sa seule compétence réside dans la fabrication de l’instabilité. Il signera n’importe quel accord, pour aussitôt transformer cette trêve en arme.
Il ne reste qu’un seul levier à actionner : le changement de régime. Tout le reste a été tenté, et tout a échoué.
Le talon d’Achille du régime ne réside pas simplement dans le mécontentement populaire, mais dans l’existence de forces organisées capables de transformer ce mécontentement en un soulèvement national visant au renversement du pouvoir. Depuis 2017, la révolte qui ébranle les fondements du régime ne s’est ni éteinte ni dissipée ; elle s’est au contraire endurcie, au milieu de l’effondrement économique, des exécutions quotidiennes et des privations inhérentes à un climat de guerre. Ce que le régime redoute par-dessus tout, c’est son principal groupe d’opposition : l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) et ses « Unités de résistance ». Ces dernières se sont déployées à travers les villes et les provinces de tout l’Iran, jouant un rôle déterminant dans le maintien des vagues successives de soulèvement. Les jeunes Iraniens risquent tout pour rejeter la théocratie ; or, c’est précisément cette Résistance organisée qui leur confère la capacité d’agir, la structure et la direction nécessaires pour mener cette œuvre à son terme. C’est là le chaînon manquant de nombreuses analyses étrangères : faute de reconnaître l’existence de cette force organisée, capable de mobiliser le peuple en vue d’un changement de régime, les analystes ne parviennent pas à saisir ce qui effraie réellement le pouvoir en place — ni à comprendre pourquoi celui-ci agit avec une telle fébrilité.
Des frappes aériennes peuvent certes affaiblir la machine ; mais seuls le peuple iranien et sa résistance organisée sont en mesure d’en détruire la logique intrinsèque.
Le monde doit cesser de feindre de croire que ce régime peut être contenu ou réformé. Il est impératif de rompre tout lien diplomatique, financier et rhétorique. Il faut désigner ce régime pour ce qu’il est véritablement : non pas une république islamique, mais un « cartel de la souffrance » — une entreprise criminelle qui exporte la douleur, faute d’avoir jamais su bâtir quoi que ce soit d’autre. Il faut asphyxier ses *bonyads*, ses flottes fantômes et ses réseaux criminels. Tenez-vous sans équivoque aux côtés du peuple iranien et de sa Résistance organisée, en tant qu’acteurs légitimes du changement.
Quarante-sept années d’histoire prouvent que ce cycle ne se brisera pas de lui-même. La seule question qui demeure est de savoir si le reste du monde cessera enfin d’alimenter l’extorqueur pour commencer à donner les moyens d’agir aux victimes, prêtes à y mettre un terme.

