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Le mouvement révolutionnaire en Iran – Analyse

Le mouvement révolutionnaire en Iran - Analyse

Le secret de la résistance face à une répression inédite

Depuis décembre 2017, l’Iran a été le théâtre de multiples soulèvements ; janvier 2018, novembre 2019, janvier 2020, sans compter les nombreuses protestations des diverses couches de la société sur tout le territoire. Certes, les années pandémie ont contribué à ralentir l’expression d’un peuple en colère, le pouvoir exploitant à merveille le virus pour endiguer, voire éliminer, les velléités de révolte populaire. Mais le feu couvait sous la cendre et le dernier trimestre 2022 a vu la flamme de la colère embraser tout un pays et marquer un véritable tournant dans l’histoire des confrontations entre le régime théocratique et ses opposants, tant dans l’intensité et la détermination des révoltés que dans la violence inédite de la répression orchestrée par le guide suprême en personne.

Cette fois, le peuple est clairement décidé à assumer pleinement les objectifs qu’il s’est fixés ; le renversement du régime dans sa totalité et l’écriture d’une constitution qui ne soit pas le fait de nouveaux “experts en la matière“. Dès lors, le guide suprême et ses sbires pourront user de toutes les stratégies, même les plus retorses, et passer par toutes les humeurs, même les plus massacrantes, que rien ne saurait altérer la détermination populaire.

Malgré les interpellations et les morts, malgré les exécutions publiques, il semble que la peur ait changé de camp.

La radicalité des slogans du mouvement démontre, s’il en était besoin, que le peuple n’en est plus au stade des manifestations passées, lorsqu’il réclamait ses droits au pouvoir. Désormais, les slogans expriment la pensée profonde et collective de la nation ; le renversement de la république des mollahs. Définitivement ! D’autre part, l’endurance des manifestants et la longévité du mouvement, malgré une répression cruelle1, indiquent que la situation a passé le cap de non-retour.

Quel est le secret de cette résistance face à une répression inédite ?

Fondées en 2013 par l’OMPI2, les unités de résistance sont un réseau souterrain très organisé d’hommes et de femmes qui jouent un rôle de premier plan dans les grandes manifestations en Iran depuis 2017. Ils agissent comme les précurseurs de la lutte du peuple iranien pour la liberté et la démocratie. Leur rôle dans l’organisation des protestations et leurs activités incessantes pourraient être décrits comme un marteau de forgeron brisant le dôme de pression (et de répression) imposé par la théocratie au pouvoir.

Les responsables du régime ont constamment exprimé leur crainte face aux réseaux d’unités de résistance, notamment du fait de la tendance croissante des jeunes à les rejoindre.

Dans son interview accordée au site Web du Guide suprême le 9 novembre, le ministre du Renseignement du régime, Ismaïl Khatib, a reconnu que le soulèvement actuel est “organisé“.

“Ces récentes émeutes avaient un complot compliqué, contrairement aux protestations éparses du passé. De petits groupes étaient à l’origine de ces protestations avec des actions opportunes et audacieuses. Ils étaient entièrement organisés et guidés. Il est intéressant de noter que ces premières unités ont immédiatement quitté les lieux une fois la manifestation commencée, et sont allées déclencher une autre émeute dans un autre endroit”.

1 500 opérations pour briser le mur de peur et 4 000 actes

Afin d’ouvrir la voie au soulèvement, les unités de résistance ont mené 1 500 opérations et 4 000 actes dans 282 villes du pays au cours des 100 premiers jours du soulèvement pour briser le mur de la peur. Cocktails Molotov destinés à détruire des centres du CGRI3 ou Bassidj4, ou à bloquer les voies d’approvisionnement de l’ennemi ; photographies et films des actes répressifs, écriture des slogans, incendie des symboles du pouvoir, installation de bannières… Autant d’actes précédant et accompagnant les manifestations. Dans cette bataille contre le CGRI, les Bassidj et les services de renseignement du pouvoir, les unités de résistance ont compté de nombreux interpellés, blessés ou torturés ; crânes brisés à cause des matraques, entailles dues aux couteux et autres machettes des milices bassidj, blessures par balles… Pour autant, chaque disparu au combat voyait son corps remplacé par dix autres, comme une graine donnant naissance à de nouveaux plants armés psychologiquement pour une lutte sans merci.

Au final, les unités de résistance ont payé un prix lourd et sanglant. Mais cette répression ne fait que renforcer leur résistance et leur détermination.

1. 750 manifestants tués selon l’estimation du CNRI qui a publié les noms de 601 martyrs, plus de 30 000 arrestations, données confirmées par les bulletins d’information confidentiels du corps des pasdarans. Selon le site officiel Bahar News et une publication datée du 18 décembre : « Le nombre de manifestants arrêtés au cours des deux premiers mois de ces protestations est supérieur à 29 000 ».
2. Organisation des Moudjahidines du Peuple Iranien.
3. Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, seconde tête de l’hydre du régime, directement supervisée par le guide suprême.
4. Milice affiliée au CGRI.

 

Le mouvement pour le renversement du régime en Iran dépassera-t-il ses cent jours ?

26/12/2022

Photo: Frank Rumpenhorst/DPA/ABACAPRESS.COM
Tribune d’Afchine Alavi*

Trois mois après le début du soulèvement en Iran et à la veille de ses cent jours, le pays vit ses moments les plus cruciaux. La détermination de son peuple pour conquérir sa liberté ne montre aucun signe de faiblesse malgré une sévère répression et plusieurs condamnations et mises à mort.

Des hésitations ont pu être signalé à la veille des exécutions sur la capacité du mouvement à se poursuivre, certains cercles d’intérêt remettant en doute les chances du mouvement en arguant qu’il n’y a pas d’organisation pour remplacer le régime d’Ali Khamenei.

Selon eux le mouvement n’est pas en mesure de fédérer l’opposition au régime en vue de son renversement et par conséquent il y aurait lieu de douter sur les chances d’une victoire. Un argument servant parfois à justifier l’inaction des gouvernements occidentaux qui hésitent à rompre les ponts avec la théocratie et reconnaître le droit du peuple iranien à une résistance légitime face à la violence du régime. Une inaction qui est dû aussi au fait que certains diplomates étrangers ne saisissent pas réellement ce qui se passe en profondeur en Iran, longtemps influencés par un cercle restreint de spécialistes qui observent la société iranienne du prisme des factions du pouvoir iranien avec qui ils ont parfois tissé des liens fraternels. La fréquentation de certains journalistes aussi se limitant aux milieux super branchés à Téhéran mais déconnectés du quotidien de l’Iranien ordinaire et ses revendications. Conséquence : les chancelleries sont déboussolées face à ce qui se passe aujourd’hui en Iran.

Donneurs de leçons

Pourtant, libéré des écrans de fumée, le soulèvement en Iran a jusqu’à présent établi certaines réalités fondamentales. Il a d’abord prouvé que les idées véhiculées par certains centres de réflexion, pour qui le régime était doté d’une base populaire, étaient fausses. Rappelons l’époque où les pseudos spécialistes de l’Iran se relayaient sur les chaînes de radios et de télévisions en France pour affirmer haut et fort que le régime est populaire et que les Iraniens « nationalistes » ne sont pas prêts à se tourner contre leur propre régime ! Drôle d’argument tiré d’une définition curieuse du nationalisme ou du patriotisme ! Combien de fois n’avons-nous pas entendu les donneurs de leçons affirmer aussi que la situation iranienne n’est pas une situation révolutionnaire et le peuple ne veut pas d’une autre révolution.

Maintenant que la situation a évolué sur le terrain, le parallélisme fait avec le mouvement révolutionnaire qui a entrainé la chute de la dictature du Chah, se répand dans ces milieux qui nous ont habitués à des analyses superficielles. Par conséquent le rêve de manifestations de masse qui pousserait le guide suprême des mollahs à abdiquer ou quitter le pays, comme ce fut pour le dernier monarque d’Iran, enfonce certains dans une grande illusion.

Khamenei ne baissera pas les bras

Le régime du Chah était sous emprise américaine, la politique des droits de l’homme de l’administration Carter l’a désarmé. Perdant ses instruments de répression, le Chah n’avait plus d’autre issue que de dégager face à la colère populaire. Le régime actuel est bien différent de la dictature du chah, il s’agit d’une dictature religieuse intégriste dont la survie est liée à la répression et à l’exportation de crise à savoir le terrorisme et le fondamentalisme vers le reste du monde. Il a toutefois longuement bénéficié de la complaisance des gouvernements américains, mais aussi européens, qui préfèrent le maintien du statuquo à tout changement et ont longtemps espéré changer le comportement du régime en lui offrant des paquets d’incitations. Erreur de calcul, les puissances étrangères n’ont pas d’impact pour le faire évoluer ou réformer, encore moins le faire renoncer à la répression.

Une révolution contre les mollahs ne surviendra pas forcément selon le schéma vécu contre la dictature du Chah. En l’espèce nous sommes face à un régime fasciste soucieux de ne pas commettre les mêmes erreurs du Chah à la fin de son règne. N’en doutons pas, Khamenei ne baissera pas les bras et réprimera jusqu’au dernier souffle de son dernier pasdaran.

Trois mois de manifestations courageuses

Au même titre que l’effondrement automatique du régime des mollahs est une chimère, la question de l’inexistence d’organisation dans ce soulèvement est un faux problème qui ne reflète pas la réalité du terrain, qui tend à confirmer un important degré d’organisation et de coordination du mouvement actuel, assurant la remarquable longévité du processus révolutionnaire en cours.

Trois mois de manifestations courageuses – en raison de la répression – et incessantes sont venus confirmer, comme on l’a vu dans les slogans, que les Iraniens rejettent toutes les formes de dictature, les régimes actuels et passés. Il a également été confirmé que les programmes balistiques et nucléaires du régime et son expansionnisme dans la région visent à dissimuler son impasse dans sa confrontation majeure contre le peuple iranien qui cherche à le renverser. Les aventures sanglantes et coûteuses du régime dans la région sont rejetées radicalement par la population. Les manifestants brûlent et détruisent les symboles du régime, à commencer les statues et effigies à la gloire du général des Pasdaran Ghassem Soleimani – qui rappelons-le, plus d’un « spécialiste » de l’Iran dans les médias français, européens ou américains, nous ont dépeint ce terroriste cruel comme un héros national. C’est utile parfois de rafraîchir les mémoires à ce propos.

Soutenir le peuple iranien

Ce qui est important à retenir est que même si le régime arrivait à maitriser le mouvement en augmentant l’intensité de la répression, l’Iran a été bouleversé durablement et plus rien de sera jamais comme avant. Le pouvoir à recours à milles ruses pour atténuer la volonté des Iraniens de renverser de régime et convertir la révolution en une contestation moins dangereuse, propager des slogans qui désunissent le peuple, répandre des revendications qui font oublier l’objectif principal à savoir la fin de la dictature des mollahs. Mais ses efforts n’ont plus aucune chance d’aboutir face à des Iraniens vigilants.

En l’état actuel des choses et à défaut de pouvoir influencer sur le besoin de répression du régime, la communauté internationale n’a qu’une voie efficace pour agir positivement et corriger les erreurs passé en soutenant à fond le droit légitime du peuple iranien à renverser ce régime.

La faute politique au niveau international serait de vouloir dicter au peuple iranien ce qu’il doit faire, au mieux chercher à accompagner le mouvement sans s’y mouiller ou l’influencer dans le sens contraire aux intérêts du peuple, au lieu de suivre la volonté de ce dernier qui ferait son chemin au prix de grands sacrifices.

Le régime craint que le mouvement se renforce davantage, sachant fort bien que cela le fera tomber. C’est pourquoi il cherche à inciter les gens à manifester silencieusement au lieu de le combattre, à faire croire qu’en l’absence de manifestation monstre, il restera en place. Il veut faire croire que ce mouvement est le fruit d’un simple malentendu et juste d’une bavure. Certains à l’intérieur comme à l’étranger peuvent tomber dans ce piège.

Le véritable obstacle au mouvement serait d’agir dans la direction voulue par le régime pour dévier le cours des évènements. Les alliés de la dictature sont ceux à l’intérieur qui placent leurs propres intérêts avant celui visant le renversement du régime, voulant surfer sur le sang des manifestants. Ses alliés à l’extérieur sont aussi ceux des pays qui refuseront de reconnaitre le droit du peuple iranien à renverser ce régime.

Un Front de solidarité national

On peut conclure que dans son quatrième mois ce mouvement a pu s’organiser au-delà de toute espérance. A cet égard, le degré d’organisation et de fédération des forces en présences sur le terrain est loin d’être une lacune. Ecartons donc les faux problèmes et concentrons-nous sur l’essentiel. Qu’en est-il de la question de l’alternative ? L’alternative n’est certainement pas une chose que l’on construit en quelques jours. Elle n’est pas une coalition de forces disparates et contradictoires qui recherchent des objectifs qui se contredisent. L’alternative ne se construit pas en imposant quelques figures de pacotilles où des espèces de Chalabi, purs produits des services étrangers – le mot « pur » étant très inapproprié. Tout cela n’entraineront qu’un désastre que nous avons pu observer en Irak.

Les Iraniens sont résolus à payer le prix fort de la liberté

L’alternative se construira dans le lit de la révolution par le peuple iranien. Faisons lui confiance. L’union et la solidarité des forces vives de la société sont une condition nécessaire au succès de la révolution iranienne pour une république démocratique et laïque. Le cours des évènements ces derniers mois a montré que cette condition est aujourd’hui réunie, le mouvement étant caractérisé par une solidarité remarquable des différents secteurs de la société, les minorités, les femmes, les étudiants, les travailleurs, qui sont dans la rue pour réaliser le changement de régime. Du Baloutchistan au Kurdistan, en passant par Téhéran et les grandes et petites villes iraniennes, une formidable unité dans les actions et les slogans des manifestants permet de mesurer le degré de coordination entre les forces d’un mouvement populaire qui ne faiblit pas malgré la violence du régime. Le nombre élevé des manifestants tués que nous avons répertoriés – à savoir plus de 700 martyrs, parmi lesquels 65 enfants, -Le CNRI a
publié l’identité de plus de 589 manifestants tués- le nombre élevé des arrestations qui s’élève à 32000, montrent que les Iraniens sont résolus à payer le prix fort de la liberté.

Cela fait près de 120 ans qu’ils luttent pour la démocratie (la Révolution constitutionnelle a eu lieu en 1906) et l’expérience a montré que l’époque de la concentration du pouvoir entre les mains d’une personne ou d’une faction restreintes de gens est révolue. C’est la coopération sincère et engagé de toutes les forces démocratiques qui peut garantir la victoire et préserver les acquis. Pour répondre à cette nécessité, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a lancé un appel pour l’union de toutes les forces et personnalités démocratiques autour du Front de solidarité national, (2002). Trois principes président à cette indispensable union :

1. Rechercher le renversement du régime dans son intégralité, avec le rejet de toutes ses factions

2. L’instauration d’une république démocratique

3. La séparation de l’Etat et de la religion

La stratégie de la Résistance

L’opposition poursuit une stratégie à plusieurs volets qui repose sur les capacités du peuple iranien et plus particulièrement le réseau social du mouvement des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) dans le pays. La stratégie des unités de résistance ces dernières années pour briser le mur de la répression et préparer le terrain aux soulèvements a porté ses fruits. Celle-ci repose sur les réalités de la société iranienne et de l’Etat de répression généralisée. Le renversement du pouvoir requière avant tout des militants prêts à affronter le danger et payer le prix de la liberté.

Outre son réseau de Renseignements, les « unités de résistance » sont le pilier du mouvement, permettant d’organiser les forces anti-régime dans les divers secteurs de la société. Ce qui caractérise les membres des unités de résistance c’est qu’ils et elles sont des citoyens qui évoluent dans les divers secteurs de la société : étudiants, ouvriers, infirmières, boutiquiers, salariés, cadre du secteur public mais aussi des jeunes sans-emplois… qui vivent et agissent dans leurs propres environnements. Ils et elles ne vivent pas dans la clandestinité, mais sont présent partout dans la vie courante, et par conséquent peuvent jouer un rôle crucial pour démarrer et devenir des leaders de grands nombres de manifestations dans les quartiers et les cités.

Des slogans de plus en plus radicaux

Le caractère organisé du mouvement est en partie le fruit de plusieurs années d’efforts et de sacrifices des unités de résistance dans les villes iraniennes. Ce faisant, ils ont effectivement encouragé les jeunes à se révolter contre le régime. En observant ces mouvements on peut remarquer que les jeunes Iraniens perpétuent tout en innovant les méthodes de lutte déclenchées par ces unités de résistance et visent les cibles qu’elles ont longtemps désignés.

Les slogans sont de plus en plus radicaux, de moins en moins d’Iraniens sollicitent le régime des mollahs pour leur octroyer des droits. De plus en plus ils exigent le renversement pur et simple de la dictature. Les autorités ou analystes du régime font remarquer que nombre de slogans lancé dans les manifestations en Iran durant ces trois mois sont en fait des slogans criés pour la première fois par la Résistance iranienne : « A bas Khamenei », « A bas l’oppresseur, que ce soit le chah ou le guide » …

Les unités de résistance sont aujourd’hui une réalité de la société iranienne et la bête noire du régime. Le 19 octobre dernier, dans un document confidentiel des Gardiens de la révolution, un responsable a mis en garde contre « les activités de sabotage des éléments affiliés aux unités de résistance des monafeghines » (hypocrites, terme péjoratif du régime pour désigner les moudjahidine du peuple) et a ordonné de prendre des mesures pour les combattre. Le 31 octobre, l’adjoint de Raïssi pour les affaires juridiques a exprimé également son inquiétude : « les monafeghine (les Moudjahidine du peuple) sont en train de recruter notre jeunesse, et malheureusement nous voyons que certaines personnes prennent leur parti. »

En dépit d’une répression féroce et de nombreuses arrestations dans ses rangs, les unités de résistance n’ont cessé de croitre à la fois en nombre et en efficacité. Franchissant une étape nouvelle de leur développement, elles ont su coordonner leurs forces afin de mener des actions communes et s’adapter à la nouvelle donne sur le terrain. Grace à la multiplication de ses activités, ce réseau, lancé depuis 2014 par l’OMPI, a su répandre une culture de résistance et d’activisme parmi la jeunesse des cités. Son impact était visible dans l’étendue d’actes de résistance tels que la destruction des symboles et des centres du régime au cours des récentes manifestations.

L’action des unités de résistance a franchi une étape nouvelle lorsqu’elles ont réussi à mener des activités offensives simultanées dans les grandes villes et les différents quartiers afin d’empêcher la concentration des forces répressives et diminuer la capacité de nuisance de ces forces. Des rapports fiables confirment que cette tactique a posé de sérieux défis pour le régime et assuré la longévité du mouvement.

La société n’est pas disposée à abdiquer

Le 9 novembre, le ministre iranien du renseignement, Isma’il Khatib, a alerté au sujet des unités de résistance et souligné que le mouvement de protestation avait « un plan sophistiqué visant à saper la concentration des forces » répressives. « Ces rassemblements épars ont été enflammés par un nombre limité d’éléments, avec des mesures ponctuelles, calculées et audacieuses, entièrement organisées et dirigées », a-t-il déclaré. Le 11 novembre, les services du Renseignement des Gardiens de la révolution ont appelé à la vigilance et à recueillir d’avantage d’information sur les activités de l’Ompi et ses unités de résistance sur le terrain.

Reconnaissant l’ampleur du mouvement les autorités ont fait état de l’arrestation de dizaines de « leaders » du soulèvement dans diverses villes. Ils ont affirmé que 50 sont membres des Moudjahidine du peuple.

La situation en Iran a basculé dans un processus révolutionnaire durable qui aboutira à l’inéluctable chute du régime. Celui-ci peut changer de rythme, d’intensité et de tactique, mais rien ne peut plus arrêter le train du changement en marche. La mise à mort des manifestants, loin d’intimider la population, ne fera qu’augmenter la colère et la détermination des jeunes manifestants. Une génération qui a montré qu’elle n’est plus prête à abdiquer sous l’effet de la peur ni se laisser impressionner par l’appareil de répression qui avait réussi jusqu’à présent à imposer le silence à toute une société.

Face à la répression généralisée, nous avons à présent un mouvement de résistance fondé sur l’usure du pouvoir et sur le défi lancé contre lui et son guide suprême dont les forces se délitent au sein de l’establishment religieux. Le face-à-face actuel va très rapidement tendre vers une plus grande offensive des forces révolutionnaires, qui se préparent dors-et-déjà pour la prochaine confrontation majeure.

Afchine Alavi

*Afchine Alavi est membre de la commission des affaires étrangère du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI)

Le mouvement pour le renversement du régime en Iran dépassera-t-il ses cent jours ?

Le mouvement révolutionnaire en Iran ; où va l’Iran – interview avec Afchine Alavi
Le 25 avril coïncide avec le centième jour du déclenchement du mouvement révolutionnaire en Iran qui vise la fin de la dictature religieuse. Pour faire le bilan de cette période plein de luttes et d’enseignements, marquant un tournant dans le processus de changement de régime en Iran, nous avons interrogé Afchine Alavi, membre de la commission des affaires étrangères du CNRI, qui a accepté de nous faire part de son analyse sur la situation dans le pays.

Voilà cent jour que le soulèvement en Iran a commencé, ce mouvement va-t-il prendre de l’ampleur ou s’éteindre ?

Depuis décembre 2017 plusieurs soulèvements ont éclaté en Iran, en janvier 2018, novembre 2019, janvier 2020, puis nous avons eu des protestations de diverses couches de la société. Avec une baisse pendant la pandémie, largement exploitée par le pouvoir pour reprendre le contrôle de la société, le mouvement de révolte a repris depuis fin septembre 2022 avec une intensité inédite. Jamais un mouvement de protestation de cette ampleur n’avait vu le jour depuis l’instauration de la dictature religieuse en Iran. Depuis, il ne s’est pas passé un jour sans que la fronde n’éclate quelque part dans le pays. Une épopée révolutionnaire dont on peut tirer trois leçons :

1. Le régime s’est montré impuissant pour éteindre la flamme de la révolte.

2. Le peuple iranien est déterminé à aller jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au renversement de la totalité du régime avec tous les sacrifices qu’il faudra.

3. Quelles que soient les humeurs imprévisibles du mouvement, plus jamais la situation ne reviendra à l’avant septembre 2022.

Quel autre message doit-on tirer de cette longévité du mouvement ?

Ces cent jours d’un mouvement sans répit sont si riches en leçons. Mais je pense que le peuple iranien, à ce jour, a d’abord mis fin à plusieurs mythes et fables fabriqués au fil des ans par la « boîte d’ingénierie » du Vevak (ministère des renseignements du régime iranien) ou des Gardiens de la Révolution (CGRI ou Pasdaran), en Iran, et relayé par certains think-tanks ou pseudo-spécialistes, qui ne sont en réalité que des lobbys au service du régime iranien à l’étranger. Le jour viendra certainement où, comme le Qatargate, de véritables Irangates feront sombrer des politiques et autres acteurs médiatiques en Occident dont la complaisance envers le régime des mollahs fut frappante.

Quelles sont ces mythes ?

Je vous en site quelques-unes. En effectuant une recherche simple, on peut facilement trouver les narrateurs de ces fables. Pendant longtemps la même musique a été entendue sur les tribunes médiatiques prétendant notamment que :

– ce régime bénéficie d’un pourcentage non négligeable de popularité auprès des Iraniens

– l’Iran n’est pas une dictature mais une démocratie qui se joue entre factions dure et modérée !

– ce peuple est trop nationaliste pour se tourner contre son régime

– la jeunesse iranienne ne pense qu’à trouver une espace de liberté pour s’amuser et n’est pas prêt à se révolter ou a prendre des risques.

– le régime tiendra malgré les sanctions internationales

– la population tient l’Occident comme responsable de ses souffrances en raison des sanctions et non la République islamique

– Et surtout : le peuple iranien ne veut plus d’une autre révolution.

Ajoutons à cela : il n’y a pas d’alternative !

Conclusion : il vaut mieux composer avec les mollahs au pouvoir plutôt que de sauter dans l’inconnu.

Et bien le peuple iranien vient de balayer d’un revers de la main toutes ces inepties que l’on nous rabâchait pendant des années.

Cette jeunesse a montré par son courage qu’elle est bien déterminée à faire une révolution démocratique, le peuple réclame depuis cent jours, en prenant des risques énormes, le renversement de la totalité du régime. Ce peuple a mis fin au jeu de dupe des factions internes du régime et enterré le mirage d’une improbable réforme de la théocratie.

Le pouvoir a été incapable de faire de grandes mobilisations ou contre-manifestations. Les gens ont applaudi les pressions internationales sur le régime, ils ont même fêté l’élimination d’une équipe de football qui incarnait la volonté du régime à manipuler les sportifs durant le Mondial au Qatar.

Remarquez bien l’énorme disparité entre la réalité et les préjugés relayés par les quelques « spécialistes » de l’Iran dans les médias.

Est-ce une révolution, une révolte ou un coup de colère d’un peuple opprimé ? Comment définissez-vous ce mouvement ?

La radicalité des slogans du mouvement montre que le peuple n’est plus au stade de réclamer des droits auprès du pouvoir, mais à vouloir le renverser nettement. L’endurance des manifestants et la longévité du mouvement, malgré une répression cruelle (750 manifestants tués selon l’estimation du CNRI qui a publié les noms de 601 martyrs, plus de 30 000 arrestations), indique que la situation a passé le cap de non-retour.

Citant les bulletins d’information confidentiels du corps des pasdarans, le site officiel Bahar News a écrit le 18 décembre : « le nombre de manifestants arrêtés au cours des deux premiers mois de ces protestations est supérieur à 29 000 ».

Par conséquent quoiqu’il arrive on ne reviendra pas en arrière. Cela est vrai pour le régime, c’est aussi vrai pour chaque iranien. Nous sommes dans une situation révolutionnaire. Le régime est dans l’impasse alors que le peuple fraye son chemin vers le changement de régime. Ce que l’on observe aujourd’hui en Iran est le résultat de 40 ans d’oppression des mollahs.

Dans le pays on parle de « révolution démocratique du peuple iranien ». Ses revendications ne se limitent pas qu’à l’émancipation des femmes -bien qu’extrêmement importante – ou à des réclamations économiques, salariales ou culturelles, ni à des demandes de type régional. C’est le peuple iranien avec toute ses composantes qui se fédère dans plusieurs centaines de villes d’Iran autour d’un objectif commun : la fin de la dictature religieuse.

Et la question du voile dans tout cela ?

La question du voile obligatoire a été le déclic. Le régime a longtemps dominé la société avec l’apartheid imposée aux femmes. Avec un excès de zèle pour maitriser une société bouillonnante, la mort de la jeune Mahsa Amini a été la goutte de sang qui a fait déborder la vase de décennies d’oppression. 100 jours après, le mouvement a profondément évolué. Les Iraniens sont vigilants et ne se laisseront pas duper par les vains stratagèmes du régime pour calmer la situation. A chaque erreur il jette un peu plus d’huile sur le feu de la colère.

Certains disent que ce mouvement n’a pas d’organisation et qu’il est condamné à s’essouffler. Qu’en pensez-vous ?

Pas mal de choses a été dites depuis le début de cette révolution, à l’instar des contre-vérités longtemps véhiculées sur l’Iran et son peuple. La vérité saute aux yeux, elle ne peut plus être cachés ni par Téhéran, ni par ses alliés à l’étranger. Le monde est focalisé sur l’Iran. La violence contre les femmes, les hommes, les adolescents et même les enfants ne peut plus être dissimulée. Les kidnappings, les tortures, les assassinats dans l’ombre et les exécutions au grand jour sont devant nos yeux. Comment sous de telles pressions un mouvement aurait pu tenir plus de trois mois dans l’ensemble du pays sans une coordination et une convergence des forces sur le terrain ? Les observateurs sont frappés par les connexions étonnantes des mots d’ordre, du Baloutchistan au Kurdistan en passant par les divers quartiers et cités de la capitale, Téhéran. Aujourd’hui plus personne ne peut négliger le développement fantastique ces dernières années des unités de Résistance à travers le pays qui ont maintenu vive la flamme de la révolte et donné le ton du mouvement.

Le régime s’en prend récemment aux Moudjahidine du peuple avec une nouvelle virulence, quel est le rôle effectif de ce mouvement ?

En effet on a constaté des prêches des Imams de vendredi partout dans le pays qui se déchainaient contre les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou MEK) la principale force d’opposition. A titre d’exemple le mollah de Guenaveh s’inquiète du penchant de la jeunesse pour l’OMPI : »Notre jeunesse n’est pas au courant de 43 années d’incidents amers provoqués par les Monafeghine (terminologie péjorative du régime désignant l’OMPI) … La jeunesse de notre pays n’est pas au courant de leurs crimes »!

Cette semaine le général des Pasdaran Esmaïl Ghaani, qui a remplacé Qassem Soleimani à la tête de la Force (terroriste) Qods des Gardiens de la révolution, fou de rage proféraient des insultes à l’encontre de la présidentes élue de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi, après qu’elle soit intervenue via vidéo conférence lors d’un rassemblement tenue à Washington en présence de personnalités démocrates et républicaines de premier plan et de centaines d’Iraniens résidants aux Etats-Unis. La raison de cette furie est qu’en arrêtant les manifestants et les leaders des manifestations, le régime s’aperçoit que ses efforts pour stopper l’émergence des unités de résistance de l’OMPI n’ont pas eu d’effet. Ces unités de résistance sont plutôt en train de jouer un rôle déterminent dans le soulèvement dans les cités et les métropoles, dans la capitale comme en province. C’est un constat d’échec flagrant pour le CGRI.

J’aimerai rappeler ici les propos récents de l’ancien sénateur démocrate Joseph Lieberman : « Quelqu’un m’a dit il y a longtemps, en comparant le feu et l’eau, que si vous versez de l’eau d’un pot, il y a moins d’eau dans le pot. Mais si vous allumez une bougie avec une autre bougie, la première bougie brûle plus brillamment que jamais. Les flambeaux que le CNRI a tenus pendant des années et qui allument maintenant les bougies dans tout le pays, n’ont pas diminué du tout, mais brillent maintenant avec une intensité plus grande. Ce qui est certain c’est que ce soulèvement avance dans la direction de l’établissement d’une république pluraliste et laïque dans ce pays et certainement pas vers une autre dictature comme celle du Chah ou des mollahs. »

Les mots d’ordre lancés dans les manifestations font avancer la stratégie de cette Résistance. La culture de résistance qu’a semé durant plus de quarante an l’OMPI s’est propagée dans la société.

Quel est la position de l’OMPI sur le voile et en général le statut de la femme ?

Très bonne question. J’ai remarqué que les lobbys du régime propagent l’idée que l’OMPI est islamiste. Ce terme a bien sûr une connotation intégriste. Il est bon de clarifier ceci une fois pour toute. Nous sommes en train d’évoquer une force politique qui a contribué à renverser la dictature du Chah mais a refusé de participer au pouvoir d’une théocratie où la suprématie est entre les mains d’un Guide suprême religieux. Alors que beaucoup de forces politiques mais aussi de gouvernements en Occident ont fait la courbette aux mollahs, ce mouvement a refusé de donner carte blanche à l’intégrisme islamiste. Musulman certes, mais favorable à la séparation de la religion et de l’Etat. C’est justement pour cela et pour avoir résisté à l’intégrisme que l’OMPI a été violemment persécuté. Khomeiny et Khamenei avaient bien compris que le succès des Moudjahidine du peuple sonne le glas pour leur idéologie obscurantiste.

La question du statut de la femme est justement au cœur de cette bataille. Phénomène rare dans le paysage politique du Moyen Orient, voir du monde, l’OMPI est une force politique musulmane dirigée par des femmes. Elle fait partie de la coalition du Conseil national de la Résistance iranienne dont 56% des membres sont des femmes et sa présidente élue pour la période de transition est une femme, Maryam Radjavi.

J’aimerai rappeler ici les propos de l’anthropologue française Françoise Héritier, dans son introduction à l’ouvrage de Maryam Radjavi « Les femmes contre l’intégrisme ». L’intellectuelle féministe expliquait en mars 2013 que pour la dirigeante iranienne «il convient, pour vaincre cette culture intégriste dévastatrice, non seulement que les femmes se rendent compte qu’elles sont ‘’à la pointe du combat’’ mais encore qu’elles en assument volontairement le leadership ». Ceci n’a pas été qu’un souhait mais une expérience dans la pratique. Elle constate : « Désormais les femmes sont plus nombreuses que les hommes au Conseil (central), organe de direction de la Résistance iranienne. (…) Autant dire qu’il y a là une expérience humaine étonnante que nous ne pouvons que contempler, admirer et soutenir, voire dont nous devons nous inspirer … »

On comprend mieux pourquoi les Pasdaran et les mollahs s’acharnent sur la personnalité emblématique de Maryam Radjavi. Dans son Plan en dix points pour l’Iran libre de demain, la défense de la liberté pour chaque iranienne de vivre et de se vêtir à sa guise et en toute, est défendue noir sur blanc. Ce plan s’engage à l’égalité complète des femmes et des hommes dans les droits politiques, sociaux, culturels et économiques, ainsi qu’à la participation égale des femmes à la direction politique, l’abolition de toute discrimination, le droit des femmes de choisir librement leur tenue vestimentaire, leur mariage, leur divorce, leurs études et leur profession. Il insiste sur l’interdiction de toute exploitation des femmes sous n’importe quel prétexte.

Certains novices concernant l’Iran reprochent à Mme Radjavi de porter elle-même le voile. Rappelons que quand Khomeiny a imposé le voile obligatoire en Iran, ce sont les militantes des Moudjahidine du peuple, portant elles-mêmes le voile par conviction, qui sont descendues dans la rue pour défendre la liberté de leurs sœurs qui ne voulaient pas le porter. La devise de ces militantes est constante : « je porte le voile mais je suis prête à mourir pour que celles qui ne veulent pas la porter soient libre de leurs choix ». Le courage exemplaire des Iraniennes est le fruit de dizaines d’année de résistance à la persécution d’un régime foncièrement misogynes ; des dizaines de milliers de femmes ont été exécutées pour avoir défendu l’idéal d’une société libre, promu par les Moudjahidine du peuple. Maryam Radjavi a ainsi résumé ce qu’il faut rejeter : « Non au voile obligatoire, non à la religion obligatoire, non au gouvernement obligatoire ». (Recueil de discours, CNRI, juillet 2017). Parce que selon elle tout ce qui est obligatoire, quel qu’en soit le prétexte, est contraire aux enseignements de l’islam. Vous ne trouverez la moindre convergence entre cette pensée et l’idéologie des islamistes. Je défi quiconque de me présenter un mouvement islamiste dirigé par des femmes leaders!

Comment le monde peut-il aider le peuple iranien ?

Pour renverser ce régime qui continuera à persécuter son peuple jusqu’au bout et qui n’est comparable avec aucune autre dictature, il faudrait soutenir la stratégie que suit le peuple iranien, c-à-d le renversement du régime. Malheureusement certains veulent voir dans la révolution iranienne un mouvement qui ne revendique que quelques simples droits. Ils font fausse route et n’ont pas réalisé que nous sommes face à un changement de paradigme, une époque est définitivement révolue. C’est une révolution qui va marquer le millénium.

Je dis aux gouvernements et aux associations que si vous voulez une fois pour toute vous débarrasser du fléau de l’intégrisme islamiste, il faut respecter et encourager le combat du peuple iranien pour renverser le régime des mollahs au lieu de chercher à l’influencer. Des slogans réducteurs, des mots d’ordres qui sont des doléances auprès des mollahs pour accorder des droits au peuple, ou prêchent le dialogue avec les mollahs, ne servent que le régime pour disperser les gens et étouffer le mouvement.

Ce qui importe c’est de reconnaitre officiellement le droit du peuple iranien à renverser le régime. Il est primordial que les Etats reconnaissent le droit légitime du peuple iranien à l’autodéfense. Aucun pays n’a encore franchi ce pas. Il faudrait aussi priver le régime de toute légitimité internationale en l’expulsant de toutes les instances et fermer ses représentations diplomatiques. Les déclarations et les gesticulations qui ne fâchent pas le régime, les efforts pour fabriquer de fausses figurines ou faire sortir de son cercueil la dictature de l’ancienne monarchie, ne feront que desservir le peuple iranien.

Que projette la coalition du Conseil national de la Résistance iranienne pour l’avenir de l’Iran ?

Le CNRI propose d’abord un Front de solidarité national. Il a lancé un appel en ce sens dès 2002 pour l’union des forces et personnalités démocrates, sur la base de trois principes clés : le renversement du régime dans toutes ses composantes, l’instauration d’une république fondée sur la démocratie, la séparation de la religion et de l’Etat. Ce front existe déjà sur le terrain. Son objectif premier est le renversement du régime pour établir la souveraineté du peuple. Un gouvernement provisoire pour une période de transition de six mois aura pour tâche de préparer le suffrage universel pour la formation de l’assemblée législatif et constituante. C’est elle qui bâtira ensuite la république démocratique à venir. En ce qui concerne le CNRI, il a déjà présenté sa vision pour l’Iran libre dans le plan en dix points de Maryam Radjavi. En particulier le respect de la liberté d’expression, liberté des partis, liberté de rassemblements, liberté de la presse et du cyberespace, la dissolution des pasdarans et de tous les organes et patrouilles de répression, la garantie des libertés et des droits individuels et sociaux selon la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la dissolution des appareils de censure et d’inquisition, l’interdiction de la torture et l’abolition de la peine de mort, la séparation de la religion et de l’Etat, la liberté de culte et de religion, une justice indépendante selon les normes internationales, l’abolition de la charia des mollahs et des tribunaux du régime islamiste, l’autonomie des minorités ethniques iraniennes et l’abolition de leur double oppression (selon le Plan du CNRI pour l’autonomie du Kurdistan iranien) ; et enfin un Iran non nucléaire, sans armes de destruction massive. Un Iran qui s’engage dans la Paix, la coexistence pacifique et la coopération régionale et internationale.

Le slogan « A bas l’oppresseur qu’il soit Chah ou guide suprême » repris partout en Iran, détermine clairement que le peuple iranien s’oppose à toute forme de despotisme et aspire à une véritable république, où personne ne soit privilégiée pour son rang, sa religion, sa famille, son appartenance ethnique…Ceci est l’essence même de la démocratie.

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