vendredi, décembre 9, 2022
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Ségolène Royal estime avoir vu juste sur l’Iran

Par Isabelle Mandraud

Le Monde – Un prologue de quarante minutes, sur le clivage gauche-droite,"la France réconciliée" contre "la France des divisions et des oppositions exacerbées", répété la veille devant la direction du PS, a précédé l’ouverture du chapitre politique internationale – domaine "régalien" par excellence du chef de l’Etat que Ségolène Royal comptait bien aborder avant le premier tour de l’élection. Devant plus de 4 000 personnes rassemblées, mercredi 11 avril, dans les arènes de Metz, un complexe sportif, la candidate socialiste a déplacé le curseur du clivage sur ce terrain.

L’Europe,"mais pas n’importe quelle Europe", plus sociale et moins soumise "au seul dogme de la concurrence", a servi d’introduction. Puis, très vite, Mme Royal est passée à "la sécurité du monde" et à la menace nucléaire. "L’Iran, a-t-elle lancé, doit savoir – et si je suis élue, croyez bien que je le lui rappellerai – qu’elle ne pourra retrouver au sein de la communauté des nations la place à laquelle l’ancienneté de sa civilisation et de sa culture lui donne droit que si elle rompt avec le style de provocation permanente qui est devenu depuis quelque temps le maître mot de ses dirigeants."

ACCENTS… GAULLISTES

Dans ce domaine, tout particulièrement, Mme Royal entend bien tirer avantage de la position "ferme" qu’elle avait prise dès la primaire socialiste sur les risques de transfert du nucléaire civil au nucléaire militaire que fait peser le régime de Téhéran, qualifié d’"oligarchie étroite". "A l’époque, j’étais bien isolée, on s’est même moqué de mes propos, la suite, aujourd’hui, me donne raison, triomphe-t-elle. L’incompétence internationale se transforme en compétence internationale." Autant de points de crédibilité jugés précieux "dans la dernière ligne droite" de la campagne, alors qu’en matière diplomatique, la candidate considère avoir été l’objet de condescendance de la part de ses adversaires, notamment lors de ses déplacements à l’étranger, souvent critiqués.

La candidate a poursuivi : "Il n’y aura plus, si je suis élue, de bonne et de mauvaise dictature car je ne crois pas qu’il soit de l’intérêt de la France de se taire." Pas non plus de complaisance envers les "grands pays" comme la Russie, à propos de la guerre de Tchétchénie "avec laquelle nous sommes en désaccord" ou sur "la situation faite à la presse libre et aux journalistes".

Puis, éludant d’autres thèmes d’actualité, comme le Proche-Orient, Mme Royal a préféré se concentrer sur "l’attitude à adopter" à l’égard des Etats-Unis, pays "ami" mais à l’égard duquel "la France gardera son autonomie de jugement et d’action". "Nos destins aujourd’hui ne sont pas disjoints face à l’ennemi commun que constitue le terrorisme international (…), mais alliance ne signifie pas aveuglement, appartenir à la même famille démocratique implique, comme dans toute famille, critiquer, gronder, et même, parfois, se fâcher", a souligné Mme Royal. "C’est vrai pour la guerre en Irak, cette tragique erreur", a-t-elle ajouté, sans se démarquer, sur ce point, de la politique de l’actuel gouvernement.

Mais sur la forme, tout est fait pour rappeler le voyage controversé de Nicolas Sarkozy, quand il était ministre de l’intérieur, au président des Etats-Unis. "Je ne serai pas celle qui ira serrer la main de George Bush comme si de rien n’était, sans un mot pour nos désaccords tactiques et stratégiques", a insisté Mme Royal sous les applaudissements. "Avec moi, la France agira avec indépendance et tiendra son cap", a-t-elle conclu avec des accents… gaullistes.

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