vendredi, février 3, 2023
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Salut à toutes ces victimes de la dictature en Iran qui imposent un silence respectueux (P. Bercis)

CNRI – « Depuis 25 ans que je combats aux cotés des Moudjahidine du peuple, des horreurs j’en ai vu beaucoup : des films où on arrachait les yeux des condamnés, où on voyait les plaies sur les personnes torturées. Je pensais que ça s’atténuerait avec le temps. Mais hélas non, ça continue. Jusqu’à quand ? », s’est interrogé Pierre Bercis, président des Nouveaux Droits de l’Homme qui intervenait lors d’une conférence sur la peine de mort en Iran, à la Maison de la Chimie à Paris le 5 octobre, à l’initiative du Comité français contre les exécutions en Iran.

Il était entouré de juristes et de défenseurs des droits de l’homme, comme le Bâtonnier Gilles Paruelle, Mgr Jacques Gaillot, le député maire de Montreuil Jacques Brard, Me Daniel Jacoby ancien président de la FIDH, Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH, le Dr Saleh Radjavi, représentant en France du CNRI, Mme Anissa Boumediene,  écrivain et islamologue, et Me Reza  Rohani, président de la commission des Minorités au CNRI.

Voici un extrait de son intervention :

Comme tout le monde ici je suis très ému par ce film. C’est une chose de savoir qu’il y a des exécutions, l’application de la peine de mort en Iran et c’est une autre chose de voir la réalité.

Depuis 25 ans que je combats aux cotés des Moudjahidine du peuple, des horreurs j’en ai vu beaucoup : des films où on arrachait les yeux des condamnés, où on voyait les plaies sur les personnes torturées. Je pensais que ça s’atténuerait avec le temps. Mais hélas non, ça continue. Jusqu’à quand ? Nul ne le sait, mais c’est une raison de plus pour renforcer notre combat et pour communiquer au maximum. Malheureusement les médias, les médias français en particulier, hésitent toujours à montrer des images de l’horreur. Donc ça reste dans la tête. Oui il y a des exécutions, sommaires, oui il y a des condamnations à mort, oui il y a des lapidations, mais le grand public ne se rend pas compte de ce qu’est la réalité.

Mais c’est à nous de trouver les voies et moyens pour, sans trop choquer, faire passer le message. Ça me rappelle il y a 25-30 ans quand Gisèle Halimi menait le combat contre le viol en France, je me disais : mais pourquoi en parler car ça donne des idées aux fous. Et Gisèle Halimi a continué ce combat. Oui, c’était la révélation de l’horreur, mais il faut en passer par là. Donc je pense que nous trouverons tous en semble des voies et des moyens pour révéler au grand public ce qui choquent, même à des heures de grande écoute.

En premier lieu je voudrais saluer la création du comité français contre les exécutions en Iran. C’est une nécessité. C’est vrai que Nouveaux Droits de l’Homme a demandé à ses amis iraniens depuis longtemps de se prononcer pour l’abolition de la peine de mort et de le rendre public, de le populariser. Nous avons été entendus.

Tout d’abord, je voudrais que nous saluions ces victimes que nous avons vues, en particulier ce jeune qui a eu le courage de sourire au moment de sa pendaison. Nous avons vu les images dans Paris Match et c’était courageux de sa part. Pas beaucoup ont l’audace de le faire, parce que c’est l’heure ultime.

Donc salut à toutes ces victimes de la dictature qui imposent un silence respectueux pour tous à leur mémoire. J’avais une pensée affreuse en regardant ce film. Je me disais mais il faudrait que tous les résistants iraniens lancent l’idée de relever le nom et l’adresse de ce bourreau. Qu’on leur fasse savoir publiquement que les jours où la démocratie – je ne dirai pas reviendra parce qu’il n’y a jamais eu la démocratie en Iran – mais que le jour où il y aura la démocratie en Iran, ils devront rendre des comptes. Qu’ils ne croient pas qu’ils seront protégés par leur cagoule et leurs uniformes. Je sais bien que c’est un peu l’appel « œil pour oeil et dent pour dent » et quand on est contre la peine de mort, c’est difficile. Mais tout en étant contre la peine de mort, il faut que ces bourreaux sachent qu’ils auront des comptes à rendre. Et il faut trouver là aussi des voies et des moyens pour informer, tout en se prononçant publiquement, résolument contre la peine de mort, et faire savoir qu’il y aura une justice et que la justice passera. Donc, salut aux victimes, salut aux Moudjahidine du peuple qui se sont prononcés contre la peine de mort. (…)

Il faut véritablement mettre l’accent sur ce fléau. Actuellement, vous le savez aussi bien que moi, on met l’accent sur l’armement nucléaire de l’Iran avec les risques que nous courons. Je crois qu’il serait opportun de mettre les deux choses dans la balance au niveau du pays. Evidement on sait que les USA se placent en tête de gondole pour lutter contre l’armement nucléaire de l’Iran et appliquant eux même la peine de mort, ils aurait du mal à mettre dans le plateau de la balance avec l’armement nucléaire de l’Iran, les exécutions capitales. Mais il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre et de réussir pour persévérer. Je crois que ce qui devrait ressortir du travail accompli, c’est la médiatisation.

Que faire d’un film comme celui qui a été passé ? Le diffuser largement et diffuser des photos et espérer qu’il y aura quand même des médias français qui oseront vont faire bouger les lignes. On ne peut pas en rester là et ça ne va pas être un combat uniquement intellectuel, éthique. Ça passe par la vérité sordide. Alors réfléchissons ensemble comment faire passer le message et rendre « populaire » la monstruosité de la peine de mort en Iran? Après tout on sait bien le faire pour la Chine, pourquoi pas pour l’Iran ?

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