samedi, février 4, 2023
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L’Iran : une situation insupportable qui empire de jour en jour

CNRI – « Quel pays peut encore aujourd’hui accepter des amputations, retirer des yeux, couper des doigts ? C’est insupportable. Est-ce qu’une seule fois, il y a eu un reportage à la télévision vous faisant part de toutes ces exactions ? Jamais. On ne peut que s’interroger », a déploré le bâtonnier Gilles Paruelle qui animait une conférence sur la peine de mort en Iran, à la Maison de la Chimie à Paris le 5 octobre, à l’initiative du Comité français contre les exécutions en Iran.

 

Il était entouré de juristes et de défenseurs des droits de l’homme, comme Pierre Bercis, président des Nouveaux droits de l’homme, Mgr Jacques Gaillot, le député maire de Montreuil Jacques Brard, Me Daniel Jacoby ancien président de la FIDH, Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH, le Dr Saleh Radjavi, représentant en France du CNRI, Mme Anissa Boumediene,  écrivain et islamologue, et Me Reza  Rohani, président de la commission des Minorités au CNRI.

Voici un extrait de son intervention :

L’Iran a le triste privilège d’être le pays au monde où il y a le plus d’exécutions effectuées eu égard au nombre de sa population. C’est le 2e pays en terme d’exécutions, mais eu égard à sa population c’est le premier pays au monde.

C’est une situation qui est insupportable et qui empire de jour en jour. Vous verrez tout à l’heure un film pour que vous puissiez vous rendre compte de visu de la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui en Iran et qui est tout à fait dramatique.

Il est anormal, incroyable, que les médias ne communiquent pas sur cette situation. C’est une situation qui n’existe nulle part ailleurs. Un pays où il y a déjà des enlèvements, des arrestations, des lapidations, des amputations, enfin tout ce que les régimes autoritaires connaissent. Mais au-delà de ces exactions, il y a l’application rigoureuse, efficace de la peine de mort. C’est une situation qui n’est pas acceptable. Nous sommes revenus à des temps lointains et j’aime à dire que ce sont des procédés moyenâgeux qui sont employés par le régime aujourd’hui pour faire en sorte de maintenir son autorité sur le pays.

Quel pays peut encore aujourd’hui accepter des amputations, retirer des yeux, couper des doigts ? C’est insupportable. Est-ce qu’une seule fois, il y a eu un reportage à la télévision vous faisant part de toutes ces exactions ? Jamais. On ne peut que s’interroger. Je pense que ce qu’il faut faire, c’est de communiquer. Faire en sorte que l’on sache ce qui se passe dans ce pays et que c’est inacceptable. La peine de mort en Iran est prévue pour un certain nombre de crimes, elle est prévue pour l’homicide, le vol à main armée, le viol, le blasphème, l’apostasie, la conspiration contre le gouvernement, l’adultère, la prostitution, l’homosexualité et les délits liés à la drogue. C’est un panel effrayant.

Lorsqu’on regarde les chiffres, on se rend compte que dans les 6 derniers mois, il y a eu 235 exécutions capitales, principalement par pendaison, reconnues par le gouvernement. C’est à peu près le double des années précédentes. Dans les trois derniers mois, lorsque l’on prend les rapports d’Amnesty International, j’ai pu relever tout à l’heure qu’il y a eu en trois mois 101 condamnations. Et aujourd’hui le régime ne se cache pas, annonce à la radio, à la télévision qu’il va y avoir des pendaisons qui sont publiques.

Nous avons vu dernièrement cet été qu’il y avait eu 21 pendaisons le même jour dans une ville. C’est une situation qui est insupportable. C’est le cœur qui parle, ce n’est pas simplement le juriste, c’est vraiment l’homme par lui-même qui ne peut-être que révolté par tant de barbarie. J’emploie des mots qui sont généralement modérés, mais là il n’y a pas d’autre termes à employer à l’encontre de telles exactions. Les dernières étant trois pendaisons publiques le 27 septembre dernier. Personne n’est épargné. L’Iran a pourtant signé la convention internationale des droits de l’enfant. Les mineurs sont quand même exécutés. C’est une situation qui ne peut pas être acceptée.

 

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