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Le courageux Ali Younesi dénonce l’instrumentalisation de son nom par les vestiges du Shah

Les courageux Ali Younesi dénonce l'instrumentalisation de son nom par les vestiges du Shah
Ali Younesi

La dernière déclaration d’Ali Younesi, étudiant brillant et prisonnier politique incarcéré à la prison de Ghezel Hesar, dépasse la simple réponse à l’instrumentalisation de son nom et de son image par les vestiges du régime du Shah. Il s’agit d’une prise de position politique et morale sans équivoque contre deux formes de dictature : la théocratie des mollahs et la monarchie déchue du Shah.

Younesi n’est pas un prisonnier inconnu. Ancien étudiant en génie informatique à l’Université de technologie Sharif, il compte parmi les jeunes talents universitaires les plus prometteurs d’Iran. En 2018, il a remporté la médaille d’or aux Olympiades internationales d’astronomie et d’astrophysique en Chine, après avoir décroché une médaille d’argent et une médaille d’or aux Olympiades nationales d’astronomie iraniennes. Pourtant, le régime a traité cet étudiant brillant non comme un atout pour la nation, mais comme un ennemi. Il a été arrêté en avril 2020 après avoir été ramené chez lui avec des blessures visibles, tandis que sa famille subissait également des pressions et des interrogatoires. Le pouvoir judiciaire l’a ensuite accusé, ainsi qu’Amir Hossein Moradi, un autre étudiant brillant de l’école Sharif, de liens avec l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK).

Le 26 mai 2026, depuis la prison de Ghezel Hesar, Younesi a tracé une ligne qu’il a insisté sur le fait qu’elle ne devait jamais être franchie : la ligne entre la dictature et la liberté.

Cette déclaration doit être lue à la lumière de sa lettre du 12 mai, dans laquelle il rejetait la prétendue amnistie du régime iranien. Après des années d’emprisonnement, de torture, d’accusations fabriquées de toutes pièces et de pressions exercées sur les prisonniers politiques et leurs familles, le régime cherche désormais à se présenter comme une source de « pardon ». Mais la réponse de Younesi a mis à nu la supercherie morale qui sous-tend ce geste. La liberté, a-t-il clairement affirmé, n’est pas une faveur accordée par le bourreau ; c’est un droit volé qu’il faut reconquérir.

Dans sa lettre du 12 mai, Younesi Il écrivit qu’il n’avait jamais demandé d’amnistie et qu’il ne le ferait jamais. Accepter une telle offre de la part de l’appareil même qui lui avait volé sa liberté reviendrait à adhérer au récit mensonger du régime : que le prisonnier est coupable et que l’oppresseur a le droit de gracier. Younesi renversa cette logique. La véritable question, affirmait-il, n’est pas de savoir si le régime doit gracier les prisonniers politiques, mais si les victimes, les familles endeuillées et le peuple iranien peuvent un jour pardonner au régime ses crimes.

Des étudiants iraniens publient des lettres de défi depuis les cachots du régime.

Le cœur moral de cette lettre était son hommage à six de ses compagnons de cellule condamnés à la potence : Vahid Baniamerian, Pouya Ghobadi, Babak Alipour, Mohammad Taghavi, Akbar Daneshvarkar et Abolhassan Montazar. Younesi les décrivait comme des prisonniers fiers et courageux qui n’avaient pas marchandé leur vie. En leur mémoire, il refusait de marchander les mois qu’il lui restait à purger.

Il ne s’agissait pas d’un simple geste personnel. C’était un acte politique. Pour Younesi, la continuité est essentielle. Il inscrit son emprisonnement dans une longue chaîne de sacrifices, de résistance et de lutte pour la liberté en Iran.

Sa déclaration du 26 mai apporte une dimension cruciale supplémentaire. Ces derniers jours, certains partisans et promoteurs du slogan « Mort aux trois corrompus » ont tenté de s’approprier le nom et les propos de Younesi. Avec une ironie mordante, il rétorque qu’après avoir reçu la « grâce du Guide suprême », il semble désormais avoir également bénéficié d’une « grâce royale ». En une phrase, il rejette à la fois la tentative du régime de faire passer l’« amnistie » pour une légitimité et la tentative monarchiste d’instrumentaliser sa résistance dans le cadre d’un projet de retour en arrière.

Younesi s’affirme clairement comme un partisan de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Il trace ensuite une ligne historique fondamentale pour comprendre sa position. Si le sang des six prisonniers récemment exécutés ne laisse aucune place à la réconciliation avec les mollahs, écrit-il, alors le sang de Mohammad Hanifnejad et de ses compagnons – les fondateurs de l’OMPI, exécutés par les… Le régime du Shah en 1972 ne laisse aucune place à l’unité avec le Shah et la SAVAK.

Iranian students release defiant letters from the regime's dungeons

C’est là le cœur du message de Younesi : la lutte pour la liberté de l’Iran ne saurait se fonder sur l’oubli d’une dictature pour en combattre une autre. Les crimes du régime actuel n’effacent pas ceux de la monarchie. Les potences d’aujourd’hui n’effacent pas celles d’hier.

La déclaration de Younesi rejette donc le faux dilemme que certains cherchent à imposer à la société iranienne : soit les mollahs, soit le Shah. Sa réponse est : ni l’un ni l’autre. Sa position Elle s’enracine dans un troisième principe : la souveraineté du peuple iranien, la liberté démocratique et une république affranchie du pouvoir clérical et de la monarchie héréditaire.

C’est pourquoi le slogan qu’il a choisi revêt une telle importance politique : « Mort à l’oppresseur, qu’il soit le Shah ou le Guide suprême ! » Il ne s’agit pas d’un simple slogan de protestation. C’est une limite démocratique. Ce slogan affirme que le problème de l’Iran ne réside pas seulement dans l’identité du dirigeant, mais dans la structure même de l’oppression. Qu’il soit coiffé d’un turban ou couronné d’un titre royal, la dictature reste une dictature.

La portée de la déclaration de Younesi est renforcée par le lieu où elle a été prononcée. Ghezel Hesar n’est pas une prison ordinaire. C’est un lieu associé aux exécutions, à la peur et à la répression systématique. Le régime utilise ces prisons pour isoler, réduire au silence et briser les prisonniers politiques. Pourtant, les paroles de Younesi montrent que la prison est aussi devenue une tribune de résistance, où les victimes désignées du régime continuent de s’adresser à la société avec lucidité et courage.

Son message révèle également les deux tentatives parallèles de contrôler le sens de la résistance politique en Iran. Le régime en place cherche à transformer la résistance en repentance, utilisant l’« amnistie » comme outil d’humiliation et de propagande. Parallèlement, les forces monarchistes cherchent à instrumentaliser le sacrifice des prisonniers politiques pour accéder au pouvoir. La réponse de Younesi à ces deux manœuvres est ferme : non.

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Ce « non » n’est pas un simple rejet. C’est une prise de position politique positive. Younesi déclare qu’il se tient aux côtés du peuple et pour le peuple, et que cette position restera la même jusqu’à l’instauration de la liberté, de la démocratie et d’une république démocratique.

La déclaration d’Ali Younesi est une défense de la mémoire historique, de la clarté politique et des principes démocratiques. Elle rend hommage aux prisonniers exécutés aujourd’hui, rappelle le souvenir des défenseurs de la liberté exécutés sous le Shah et insiste sur le fait que l’avenir de l’Iran ne doit pas se construire sur le recyclage d’anciennes formes d’oppression.

Depuis les murs de la prison de Ghezel Hesar, Younesi a rappelé aux Iraniens que le combat n’oppose pas des prétendants au pouvoir, mais la dictature à la liberté. Il a affirmé sa position : aux côtés du peuple, pour le peuple et du côté d’une république démocratique.

Et c’est cette limite sanglante qu’il refuse de franchir, face aux mollahs comme aux vestiges de la monarchie.

Texte intégral de la lettre d’Ali Younesi :

Prison de Ghezel Hesar – 26 mai 2026

Ces derniers jours, ma déclaration et moi-même avons reçu le soutien de certains des créateurs et utilisateurs du slogan « Mort aux trois figures corrompues… »

Il semblerait qu’après avoir bénéficié de la grâce du Guide suprême, j’aie également obtenu une grâce royale !

En tant que simple sympathisant de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), j’ai pour modèles mes six fiers compagnons de cellule, condamnés à la potence.

Si le sang de ces six et des autres défenseurs de la liberté ne laisse aucune place au pardon entre nous et le Cheikh, alors le sang d’Hanif et de ses compagnons – dont ces six hommes portaient l’étendard – ne laisse pas non plus de place à l’unité entre nous et le Shah et sa SAVAK.

Le Shah, par le meurtre de défenseurs de la liberté, a ouvert la voie à l’accession au pouvoir de ce régime. Et aujourd’hui, les vestiges du Shah, à travers le slogan « Mort aux trois corrompus… », incitent en réalité les mollahs à leur rendre la pareille en les aidant à accéder au pouvoir par des exécutions, afin qu’ils puissent surfer sur la vague de violence du soulèvement de janvier et, en implorant le pouvoir des gouvernements étrangers, se rasseoir sur le trône.

Mais jamais.

Il existe une frontière entre nous et eux – une frontière ensanglantée ; la frontière entre la dictature et la liberté.

Ces frontières ne doivent jamais être estompées.

Et je me tiens de ce côté de la frontière, aux côtés du peuple et pour le peuple, sous le slogan :

« Mort à l’oppresseur, qu’il soit le Shah ou le Guide suprême !»

Et je ne cesserai de me tenir jusqu’à ce que la liberté, la démocratie et une république démocratique soient instaurées.

Ali Younesi
Prison de Qezel Hesar
26 mai 2026