Reuters, 25 janvier – Les ministres des Affaires Étrangères des cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies ainsi que l’Allemagne se réuniront lundi pour se mettre d’accord sur leurs divergences concernant les activités nucléaires de l’Iran avant un meeting critique de l’organe de surveillance nucléaire de l’ONU, ont déclaré les diplomates.D’après eux, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, la Russie, les États-Unis et l’Allemagne s’efforceront à Londres de trouver un consensus avant la réunion extraordinaire du conseil de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) composé de 35 nations qui doit avoir lieu à Vienne le 2 février au sujet de l’Iran.
Les États-Unis et les alliés de l’Union Européenne veulent que l’AIEA renvoie l’Iran devant le Conseil de Sécurité pour d’éventuelles sanctions. La Russie et la Chine préconisent la prudence, préférant une sorte d’exposé de leurs inquiétudes auprès de l’AIEA et non un renvoi dans l’immédiat.
« Il y a toujours des désaccords, effectivement, mais les choses fluctuent continuellement et nous ne sommes pas si opposés que ça. Nous devons nous mettre d’accord sur une approche commune », a déclaré un haut diplomate, qui a demandé à ne pas être identifié en raison de la nature délicate de ces consultations continues.
Les dirigeants politiques des six puissances, qui travaillent sous l’autorité des ministres des affaires étrangères, ne sont pas parvenus le 16 janvier à Londres à aligner leurs positions sur l’Iran, bien que les diplomates de l’UE ait affirmé que les différences disparaissaient et que la Russie se disait « très proche » du point de vue occidental.
« Le problème devra être résolu au niveau des ministères des affaires étrangères. Les puissances de l’UE ont soumis leur projet de résolution au conseil mais celui-ci est en suspens jusqu’à la prochaine réunion, puisque la Russie a demandé des modifications substantielles », a expliqué un diplomate de l’UE.
« Pour Moscou, l’élément clé qu’ils désirent voir dans une résolution est simplement de demander à « informer » le Conseil de Sécurité à propos de l’Iran, qui permettrait au Conseil de Sécurité de débattre du sujet mais rien de plus pour le moment. »
Il a affirmé que la Chine avait dit à l’UE qu’elle avait sa propre proposition en tête à soumettre à l’AIEA mais qu’elle n’avait encore rien posé par écrit.
MEFIANCE
L’Occident soupçonne qu’un programme d’armes nucléaires clandestin soit en cours en Iran, qui a dissimulé ses travaux de recherche atomique dont l’enrichissement d’uranium à l’AIEA pendant presque 20 ans, jusqu’à ce qu’ils soient révélés au grand jour par des Iraniens exilés en 2002.
L’Iran prétend que son programme nucléaire est destiné exclusivement à la génération d’électricité pour son économie en croissance et que le développement de bombes atomiques serait contraire à l’Islam.
Les enquêteurs de l’AIEA dirigés par le sous-directeur général de l’agence, Olli Heinonen, ont pris l’avion pour Téhéran mardi dans le but de convaincre l’Iran de coopérer totalement avec les exigences de l’agence sur ses activités nucléaires passées, ont affirmé des diplomates proches de l’AIEA.
Selon eux, Heinonen ferait pression pour avoir accès au site militaire de Lavisan qui a été rasé avant que les inspecteurs puissent y accéder et chercher des preuves de radiation. Il désire également des informations sur le marché noir nucléaire iranien et sur un plan expliquant, selon les diplomates, comment construire le coeur d’une bombe nucléaire.
Les inquiétudes de l’Occident s’intensifient en raison des appels de Téhéran à ce qu’Israël soit rayé de la carte, de leur stratagème présumé de retardement et de dérobade vis-à-vis des inspecteurs de l’AIEA depuis 2003 et l’annonce de la reprise des recherches sur le combustible nucléaire le 9 janvier, violant ainsi un accord avec l’UE.
Cette décision de redémarrer la recherche sur le combustible a consterné les Occidentaux et provoqué la campagne actuelle de l’UE et des USA pour une intervention du Conseil de Sécurité.
Mais le haut diplomate a déclaré que tandis que l’Iran avait commencé à déménager ses équipements et à vider les lieux à son usine pilote d’enrichissement d’uranium de Natanz, on ne sait pas si c’est là-bas que le pays a commencé à faire fonctionner ses machines.
Certain diplomates pensent que l’Iran patiente peut-être pour ce genre de travaux dans l’attente du résultat de la réunion d’urgence de l’AIEA le 2 février.
Le directeur de l’AIEA, Mohamed ElBaradei, pense que transférer le dossier de l’Iran de l’agence au Conseil de Sécurité la semaine prochaine serait prématuré et il a rejeté les demandes formulées par l’UE et les USA d’accélérer la rédaction d’un rapport de grande envergure sur l’Iran pour le conseil du 2 février.
Des diplomates proches de l’AIEA ont déclaré qu’ElBaradei devait se conformer à la procédure de l’AIEA selon laquelle il a donné à l’Iran jusqu’à la prochaine réunion ordinaire du conseil le 6 mars pour répondre aux questions concernant les violations présumées des règles de non-prolifération nucléaire.

