
Le 4 août 2026, le président du régime iranien, Massoud Pezeshkian, a démenti les rumeurs de sa démission dans une bande-annonce diffusée à la télévision, déclarant : « Je ne démissionnerai pas et je resterai ferme. Ces gens veulent semer la discorde, en faisant croire que le Guide suprême dit une chose et qu’ils en disent une autre.»
Suite aux déclarations virales du religieux Mohammad Bagher Kharrazi, secrétaire général du « Hezbollah iranien » et beau-frère de Massoud Khamenei (frère de Mojtaba Khamenei), qui affirmait que Pezeshkian avait présenté sa démission à 28 reprises, Kharrazi prétendait que Mojtaba Khamenei avait menacé de l’accepter. Le bureau de Mojtaba a publié un démenti officiel, qualifiant cette allégation de « fondamentalement fausse et contraire à la réalité ».
Cette crise politique a entraîné la censure de la télévision d’État et des perturbations administratives. Le 4 août, la chaîne d’État Rouydad 24 a dénoncé le « comportement étrange » de la chaîne après que son journal de 20h30 ait relégué le démenti du bureau du Guide suprême au rang de simple information de routine, 16 minutes après le début de l’antenne, privilégiant les reportages sur les marches d’Arbaïn.
Parallèlement, le bureau des relations publiques de la présidence a reporté l’allocution télévisée de quatre soirs de Pezeshkian, initialement prévue mardi, à mercredi, invoquant officiellement les cérémonies de deuil d’Arbaïn.
Le conflit a déclenché de vives polémiques au sein des médias d’État concernant les négociations avec les États-Unis. Le 4 août, le quotidien conservateur Kayhan a dénoncé les prétendus réformistes comme un « réseau d’occidentalistes » exigeant « une capitulation sans condition, le désarmement des forces armées et la soumission à l’ennemi perfide ». En réponse, le journal Jomhouri Eslami s’en est pris aux « bellicistes » radicaux vivant dans un « confort absolu… dans des planques » et qui prétendaient vouloir forcer Pezeshkian à démissionner, exhortant le président à faire preuve de fermeté pour « neutraliser ces opportunistes bellicistes ».
Escalade atomique et réaction des factions
Le 5 août 2026, Mohammad Bagher Kharrazi a exacerbé la crise publique en déclarant lors d’un discours : « Le seul moyen de sauver le pays… est de construire une bombe atomique et de la faire exploser ; il ne nous reste pas d’autre solution.» Rejetant les affirmations du commandant des Gardiens de la révolution, Hajizadeh, concernant la supériorité des armes conventionnelles, Kharrazi a critiqué Pezeshkian et le Conseil stratégique — anciennement dirigé par son défunt oncle — pour leur opposition aux armes nucléaires. Kharrazi affirmait que la détonation d’un échantillon nucléaire éliminerait les menaces que représentent l’OTAN et « l’OTAN arabe » et contraindrait les États-Unis à quitter la région.
Ces propos ont suscité de vives réactions politiques. Hamid Rasaei, figure de la ligne dure, a exhorté Pezeshkian à démissionner pour mettre ces affirmations à l’épreuve. Mojtaba Zarei, membre de la commission de sécurité du Majlis, a rétorqué que sur 90 millions d’Iraniens, un seul témoin avait corroboré les calomnies de Kharrazi contre Mojtaba Khamenei. Ali-Asghar Shafieian, conseiller présidentiel et fondateur d’Ensaf News, a raillé la couverture médiatique de l’incident par Raja News et a mis en garde contre les rumeurs, soulignant sur X que Kharrazi n’avait « aucun lien » avec le Guide suprême et avait précédemment accusé à tort le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, d’être impliqué dans une tentative d’assassinat contre Ali Khamenei.
Derrière ces faits se cache un objectif commun : les deux factions rivales sont pleinement engagées à préserver le régime clérical face à un soulèvement national organisé, mené ou influencé par la résistance iranienne. Leur querelle est purement tactique : un camp craint qu’une guerre et un siège économique ne déclenchent une explosion intérieure immédiate, tandis que l’autre soutient que l’arrêt des hostilités extérieures érode le moral des forces de sécurité loyales, exposant ainsi le régime à une société explosive.

