samedi, février 4, 2023
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Londres propose de nouvelles sanctions contre l’Iran

Par Carol Giacomo

Reuters – La Grande-Bretagne propose que les Nations unies imposent de nouvelles sanctions à l’Iran, consistant à fermer les aéroports et les ports à ses avions et à ses bateaux et à bloquer les avoirs de deux autres de ses banques, selon un projet de résolution dont Reuters a pu prendre connaissance vendredi.

Ces sanctions visent à accentuer la pression sur l’Iran en raison de son refus d’arrêter l’enrichissement d’uranium, ainsi que le réclame le Conseil de sécurité.

L’Iran dit que l’enrichissement de l’uranium vise à produire de l’électricité mais les pays occidentaux le soupçonnent de vouloir se doter de l’arme nucléaire, ce dont Téhéran se défend.

Des responsables américains et européens ont souligné que les sanctions en discussion ne visaient pas à affecter le marché du pétrole, dont l’Iran est un important producteur et exportateur.

Selon le projet de résolution en date du 14 juin, la Grande-Bretagne a aussi proposé d’interdire les nouveaux contrats d’armement avec l’Iran, les voyages à l’étranger de responsables iraniens de la sécurité et la poursuite de la construction par la Russie de la centrale nucléaire iranienne de Bushehr.

La Grande-Bretagne, les Etats-Unis et d’autres grandes puissances ont entamé des discussions préliminaires sur une troisième résolution renforçant les sanctions contre l’Iran, mais aucune discussion officielle ne s’engagera avant la conclusion des pourparlers de samedi entre l’Iran et le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana.

Les propositions initiales reflètent presque toujours des positions dures qui sont souvent remaniées au cours des négociations au Conseil de sécurité.

Le texte britannique interdit notamment à "tous les aéronefs et à tous les bateaux possédés ou contrôlés par des compagnies aériennes ou de navigation iraniennes de décoller du territoire des pays membres, y atterrir, le survoler, s’arrêter ou transiter dans les eaux territoriales" de ces pays.

"POINT DE NON-RETOUR"

Bien que cette proposition risque d’affecter les marchés pétroliers dans la mesure où l’Iran transporte la majeure partie de son pétrole sur ses propres pétroliers, un haut responsable américain a déclaré sous le sceau de l’anonymat que telle n’était pas l’intention des Etats-Unis.

Dans la disposition en cours de discussion, il est plutôt question de demander, d’autoriser ou d’encourager les pays à inspecter les bateaux et les avions iraniens en transit sur leur territoire, a-t-il expliqué.

Le document britannique propose aussi de bloquer les avoirs d’institutions financières telles que la Banque Melli – la banque nationale iranienne – et la Banque Saderat dont Washington a déjà interdit l’accès au système financier américain, tout comme pour la Banque Sepah.

En mars, une résolution du Conseil de sécurité a bloqué les avoirs de la Banque Sepah, accusée par Washington d’avoir soutenu un programme d’armes de destruction massive qui, selon les Etats-Unis, a été mis en oeuvre en Iran, bien que ce dernier s’en défende.

Des responsables américains et européens ont refusé d’évoquer le projet britannique mais Sean McCormack, porte-parole du département d’Etat, a déclaré que "l’absence de coopération de l’Iran avec le système international" contraignait à discuter de nouvelles sanctions.

Au lieu d’arrêter ses activités d’enrichissement de l’uranium, ainsi que le réclame le Conseil de sécurité, l’Iran a accéléré son programme et affirme qu’il a passé le point de non-retour.

"Lorsque le monde a vu que la nation (iranienne) poursuivait cet objectif dans l’unité, le monde a cédé", a affirmé le ministre iranien de l’Intérieur, Mostafa Pourmohammadi, cité par l’agence Isna. "Nous avons passé le stade dangereux".

Début juin, l’Iran avait installé 2.000 centrifugeuses et il franchira probablement le seuil de 3.000 d’ici fin juillet, estime-t-on dans les milieux diplomatiques.

Trois mille centrifugeuses pourraient produire en un an les quantités nécessaires à la fabrication d’une bombe atomique si elles fonctionnent sans interruption et à toute vitesse. L’Iran n’a pas encore manifesté une telle capacité et il lui reste probablement encore quelques années avant de pouvoir produire une bombe, estiment des observateurs.

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