lundi, janvier 30, 2023
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L’Iran a commencé l’enrichissement d’uranium selon des diplomates

L'Iran a commencé l'enrichissement d'uranium selon des diplomates AFP, Vienne, 13 février – L’Iran a commencé pour de bon les travaux d’enrichissement de l’uranium à Natanz (centre), ce qui lui donnera le savoir-faire pour fabriquer du combustible nucléaire civil ou militaire, a-t-on appris de sources diplomatiques lundi.

Le gouvernement iranien a, de son côté, affiché lundi sa détermination à ne pas reculer sur son programme nucléaire, en annonçant la reprise d’activités liées à l’enrichissement industriel d’uranium à Natanz avant la prochaine réunion de l’AIEA le 6 mars.

"L’Iran a introduit du gaz dans des centrifugeuses", a dit un diplomate à l’AFP.

Des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devaient également se rendre ce mardi à Natanz, où l’Iran menace de lever des scellés et de retirer des caméras de l’AIEA, selon ces sources à Vienne.

Téhéran avait annoncé, le 10 janvier, la reprise des recherches sur l’enrichissement à son centre pilote de Natanz, malgré les injonctions de l’AIEA et de la communauté internationale.
 
L’uranium enrichi par des milliers de centrifugeuses peut, à des degrés divers, servir à produire de l’énergie électrique civile ou à fabriquer l’arme nucléaire.

C’est notamment pour cette raison que le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, où les grandes puissances étaient pour une fois unies, a décidé le 4 février de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu du dossier iranien. L’exécutif de l’AIEA se retrouve le 6 mars pour recommander éventuellement des mesures des Nations unies.

Téhéran a aussi annoncé lundi le report des négociations, prévues le 16 février avec Moscou, sur un plan russe d’enrichissement d’uranium iranien en Russie. Un haut diplomate russe a aussitôt affirmé que son pays restait prêt à accueillir une délégation iranienne jeudi.

Selon un diplomate à Vienne, les Iraniens n’ont pas commencé à mettre en marche la "cascade" de 164 centrifugeuses dont ils disposent à Natanz, mais ils ont entamé les opérations il y a "deux à trois jours".
D’après une autre source, il ne s’agit pour le moment que de "travaux préliminaires".

Cependant, le début réel de l’enrichissement (à savoir l’introduction d’hexafluorure d’uranium (UF6) gazeux, obtenu par conversion de minerai d’uranium (yellowcake), dans les centrifugeuses) devrait passer pour une nouvelle "provocation" du point de vue occidental, selon des analystes.
L’UF6 est converti depuis le mois d’août dernier à l’usine d’Ispahan.

L’Iran veut installer plus de 50.000 centrifugeuses à Natanz, ce qui lui permettrait à terme, s’il le voulait, de disposer d’assez d’uranium hautement enrichi pour produire une bombe atomique toutes les deux à trois semaines.

Téhéran proclame cependant que ses programmes sont seulement pacifiques. Les Etats-Unis, notamment, pensent le contraire, et des rapports de l’AIEA s’interrogent sur la portée éventuellement militaire de certaines activités mal éclaircies.

A la suite de la décision du Conseil des gouverneurs, la République islamique a décidé de reprendre des activités liées à l’enrichissement industriel à Natanz et de suspendre l’application volontaire du protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP), protocole permettant des inspections poussées et rapides.

Mais l’Iran reste toujours dans le TNP et l’AIEA maintient la surveillance d’installations, en vertu des accords sur les garanties concernant la non-prolifération.
 
Samedi, le président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad a toutefois implicitement menacé d’une sortie du TNP, ce qui soustrairait alors l’Iran à tout contrôle de l’AIEA.

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