samedi, décembre 3, 2022

La nouvelle carte du monde

C'est aujourd'hui à propos du danger nucléaire iranien que l'on compte ses alliés,Le Figaro, 14 janvier –  l’éditorial par Pierre Rousselin  – L’Irak a cessé de définir la carte du monde. C’est aujourd’hui à propos du danger nucléaire iranien que l’on compte ses alliés, et que vont se redessiner les camps antagonistes, qui, d’un enjeu à l’autre, divisent la communauté internationale.

 

La dernière provocation de Téhéran, en vue d’une reprise de ses activités d’enrichissement de l’uranium, a mis fin aux négociations engagées en 2003 par la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Désormais, le Conseil de sécurité de l’ONU sera saisi. Avant l’imposition de sanctions, chaque pays devra se déterminer. Tel est le voeu des Européens, soutenus depuis un an par les Américains.

Angela Merkel était hier à Washington pour remettre sur un bon pied les relations entre l’Allemagne et les États-Unis, pratiquement détruites par la crise irakienne. Sur beaucoup de sujets, la nouvelle chancelière est proche de Washington, mais il est significatif que leur première rencontre à la Maison-Blanche intervienne le jour où s’impose la question iranienne. Elle peut, sur ce point, se faire l’interprète d’une Europe rassemblée, très différente de celle qui s’était déchirée à propos de l’Irak.

Ces retrouvailles transatlantiques sont spectaculaires. Elles ne sont pas le produit du hasard, mais résultent d’un travail effectué de part et d’autre depuis des mois. Les États-Unis ont fini par laisser les Européens négocier pour mieux isoler Téhéran et rassembler un plus large consensus autour des principes de non-prolifération. Que ce partage du travail entre alliés n’ait pas été couronné de succès ne doit pas le condamner. Le contre-exemple désastreux de l’Irak est là pour en témoigner.

Reste à convaincre un maximum de pays que l’on ne peut laisser la république islamique se doter de la bombe. Au conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), il doit être possible de trouver une majorité de pays favorable à la saisine du Conseil de sécurité.

Le 24 septembre à l’AIEA, pour une résolution qui envisageait déjà le recours à l’ONU, l’Inde et le Japon ont voté avec les Occidentaux. La Russie et la Chine se sont abstenues. Le Venezuela a été seul à voter contre. Ainsi s’esquisse la nouvelle carte du monde.

Parmi les cinq grands du Conseil de sécurité, et malgré une démarche concertée, la Russie et la Chine hésitent. Moscou dénonce l’attitude de Téhéran mais ne veut surtout pas perdre un gros client. Pékin tient à ses fournitures en pétrole iranien. Les «non-alignés» sont divisés : l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Indonésie penchent du côté occidental ; d’autres formeront, derrière l’Iran, le nouveau front du refus : Venezuela, Cuba, Syrie… Quant aux autres pays arabes, ils tremblent devant l’extrémisme chiite de Téhéran.

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