mercredi, février 8, 2023
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La solution pour l’Iran : Ni la guerre, ni la complaisance mais un soutien à la résistance ‘ Abedini

Hossein AbediniCNRI – Hossein Abdini, membre de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne a donné une interview au service des forces armées de la BBC, la radio des troupes britannique, qui diffuse notamment en Irak. LEs questions portaient sur le changement en Iran.

British Armed Forces Broadcasting Service – La première étape vers un renvoi devant le conseil de sécurité serait de demander à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique d’organiser une réunion d’urgence. Hossein Abedini est le porte-parole du Conseil national de la Résistance iranienne. M. Abedini, selon vous, quelle est l’importance de cette décision de reprendre la recherche nucléaire ?

 

 

Hossein Abedini : Je pense que cette décision est très grave et le retrait et la levée des scellés de l’AIEA au site sensible de Natanz est un défi direct à la volonté de la communauté internationale ; les mollahs sont en train de faire un pied de nez au monde.

 

Ainsi, face à leur intransigeance et leur coup de poker nucléaire, la communauté internationale n’a d’autre choix que de faire comparaître le régime iranien devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Et si elle ne le fait pas immédiatement et sans hésitation, les dirigeants radicaux extrémistes à Téhéran verront cela comme un signe de faiblesse. Très récemment, le président des mollahs Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que sa politique intransigeante consistait à forcer les Européens à abandonner leurs exigences et à accepter d’entamer une nouvelle série de négociations malgré la violation flagrante des accords antérieurs par le régime ; par conséquent, céder aux exigences du régime iranien et continuer la politique de complaisance n’est pas une option.

 

Présentateur : Que voudriez-vous que la communauté internationale fasse ?

 

Hossein Abedini : Et bien, nous savons qu’Ali Khamenei, le guide suprême du régime iranien, est celui qui prend les décisions quelque soit le sujet et répète et réaffirme ce que son président, Ahmadinejad, dit. Khamenei poursuit ses politiques dans trois domaines clés : tout d’abord, continuer la répression du peuple iranien dans le pays, deuxièmement, intervenir de plus en plus en Irak et troisièmement mettre à exécution la politique d’armes nucléaires. Nous pensons donc que le régime doit être immédiatement renvoyé devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour que des sanctions approriées et obligatoires soient adoptées. Mais un renvoi devant le Conseil de Sécurité ne sera pas suffisant en lui-même. Les gouvernements occidentaux doivent une fois pour toutes abandonner leur politique de complaisance et ils doivent soutenir les aspirations démocratiques des millions d’Iraniens qui veulent voir la fin de la loi de cette dictature religieuse brutale en Iran.

 

Présentateur : M. Abedini, que voudriez-vous que la communauté internationale fasse ? Voudriez-vous que des sanctions soient imposées comme vous venez de le mentionner ?
Hossein Abedini : Exactement. Nous pensons que la première étape est l’imposition de sanctions internationales car il ne reste aucune autre option. Et si ce n’est pas fait dans les mois qui viennent ou dans l’année, nous devrons faire face à un scénario des plus terrifiants : le régime le plus dangereux du monde armé des bombes les plus dangereuses du monde.

 

Présentateur : Mais on a dit dans le passé que des sanctions nuiraient à la population et non au programme nucléaire qui se poursuit secrètement depuis des années.

 

Hossein Abedini : Et bien je pense que les Iraniens ont montré de manière évidente que la large majorité d’entre eux était en faveur de la chute de cette dictature religieuse. Ainsi, ils seraient prêts à soutenir n’importe quelles sanctions contre les mollahs parce que ces derniers utilisent les revenus du pétrole pour réprimer le peuple iranien, pour leurs activités terroristes dans le monde et ils dépensent en plus des milliards de dollars pour leur programme nucléaire. C’est pourquoi lorsque nous parlons de sanctions, nous voulons un système les empêchant de mener des activités effroyables et atroces en Iran, ainsi que des activités terroristes en dehors de l’Iran.

 

Présentateur : Quelle est la position du Conseil National de la Résistance Iranienne sur une action militaire directe ? Est-ce quelque chose que vous préconisez ?

 

Hossein Abedini : Le Conseil National de la Résistance Iranienne et sa présidente élue Mme Maryam Radjavi ont exprimé clairement que la complaisance n’était pas une solution, mais que nous n’étions pas non plus en faveur d’une action militaire. Nous pensons que l’Iran a un mouvement d’opposition très puissant et Mme Radjavi a proposé une troisième voie, voulant que la véritable solution pour l’Iran soit de se ranger aux côtés des millions d’Iraniens et soutenir les aspirations démocratiques de ce peuple, plutôt que de faire des concessions aux mollahs. Nous pensons de plus que si cette politique de complaisance cesse et si le peuple iranien et son mouvement de résistance bénéficient de soutien, les Iraniens seront capables par eux-mêmes de se débarrasser du régime des mollahs.

 

Présentateur : Il n’est cependant pas facile, je pense, en Iran d’obtenir un vote de confiance contre le gouvernement et de forcer une élection. Si cela avait été une chose facile, je crois que cette option aurait déjà été envisagée.

Hossein Abedini : Les Iraniens n’ont aucun espoir de changement venant de cette théocratie. Ali Khamenei a renforcé le pouvoir des gardiens de la révolution, la force d’élite de sa dictature…

 

Présentateur : Revenons maintenant à la question précédente si vous le voulez bien. J’ai demandé si le Conseil National de la Résistance Iranienne serait en faveur d’une action militaire directe et vous avez répondu que non, nous voulons une solution démocratique. Puis vous avez répondu à la question suivante en disant que c’était possible. Comment pouvez-vous l’expliquer ?

 

Hossein Abedini : Je dois souligner que depuis novembre, il y a eu 550 mouvements de protestation et de manifestations contre le régime et l’année dernière, il y a eu environ 2000 mouvements de protestation, grèves et manifestations. La situation en Iran est très instable et il y a un très fort mouvement d’opposition. Nous pensons que le signal important pour le peuple iranien indiquant la fin de la politique de complaisance de l’Occident et de l’intérêt dans ses liens commerciaux avec les mollahs, serait de retirer le principal mouvement d’opposition iranien, l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, de la liste du terrorisme.

 

Présentateur : Pour sûr, il a eu du succès parce que le régime a choisi de tolérer ce type de dissidence.

 

Hossein Abedini : Et bien ce n’est pas du tout le cas. Il y a eu des mesures de répression très violentes et des milliers de personnes ont été exécutées. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmadinejad, le régime a lui-même annoncé que 130 personnes avaient été pendues publiquement et exécutées, 40 adolescents ont été condamnés à mort et attendent leur exécution et déjà sept enfants de moins de 18 ans ont été exécutés par le régime des mollahs. Tout ceci a pour but de créer une atmosphère de terreur et indique que le régime est en train de réprimer la population en Iran. Nous pensons alors qu’il est grand temps pour l’Occident d’adopter une politique très ferme vis-à-vis de cette dictature religieuse. Le chef du Centre Politique, un conseiller d’Ahmadinejad, répondant au nom d’Alireza Zaker, a déclaré récemment qu’Ahmadinejad menait une politique étrangère de choc et de terreur. Nous avons déjà entendu ses remarques ignobles, son plaidoyer pour qu’Israël soit rayé de la carte et son refus de reconnaître l’Holocauste. De plus, la réaffirmation de tout ceci par Khamenei montre vraiment qu’il est grand temps que le régime iranien soit renvoyé devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

 

Présentateur : M. Abedini, juste une dernière question. Je suis désolé de vous attirer encore vers ce sujet, mais je voudrais vraiment que l’on parle de la solution d’avenir. Il semblerait que le gouvernement soit largement en mesure d’étouffer tout type de rébellion, donc votre organisation serait-elle à la recherche d’une aide extérieure quelle qu’elle soit, militaire ou autre ?

 

Hossein Abedini : Nous pensons que le régime iranien, n’agit pas à partir d’une position de force mais d’une position de faiblesse. Ils sont extrêmement vulnérables. La majorité des gens sont contre eux bien qu’ils aient réprimé la rébellion et l’opposition à l’intérieur de l’Iran. Mais nous pensons que le mouvement d’opposition est très fort. Et dès que cette politique de complaisance, et les concessions à sens unique, les discussions et les négociations avec le régime prendront fin, que le peuple sera soutenu et ses aspirations reconnues, les Iraniens auront véritablement le pouvoir de se débarrasser des intégristes qui dirigent leur pays. Nous pensons alors que ce que la communauté internationale peut faire pour aider le peuple iranien, c’est de stopper toutes discussions avec cette dictature religieuse et soutenir le peuple dans son mouvement pour renverser le régime.

 

Présentateur : Et nous revenons ainsi à la question des sanctions. Hossein Abedini, merci beaucoup de nous avoir consacré un peu de votre temps Monsieur, merci.