CNRI – Ces dernières semaines, sur le plan international, plusieurs événements judiciaires ont fait lobjet dattention de la presse et de divers gouvernements. Cela concernait limplication du régime iranien dans des attentats terroristes majeurs. Nous avons interrogé à cet égard Mohammad Mohadessine, président de la commission des Affaires étrangères du CNRI. Nous vous proposons quelques extraits de cette interview :
Question : M. Mohadessine, que pensez-vous des déclarations récentes de la justice argentine sur le fait que de hautes autorités du régime iranien soient impliquées dans lattentat à la bombe contre le centre culturel juif de Buenos Aires en 1994 ?
M. Mohadessine : Il se trouve que la Résistance iranienne avait annoncé cette année-là que lattentat de 1994 contre le centre Amia de Buenos Aires, avait été perpétré par le régime iranien et la force Qods du corps des gardiens de la révolution. Javais moi-même donné une conférence de presse à lépoque, avec force détails, dans laquelle je demandais aux autorités argentines darrêter lambassadeur du régime iranien dans leur pays, un terroriste nommé Hadi Soleimanpour, qui avait commis cet attentat. Nous avions aussi avancé les noms de Rafsandjani, le président de lépoque, Ali Fallahian alors ministre des renseignements, et dautres autorités du régime comme étant les cerveaux et les auteurs de cet attentat. Malheureusement, personne à lépoque ny avait prêté attention. La résistance iranienne avait par la suite révélé dautres détails de ce crime.
Aujourdhui, le procureur général argentin accuse Hachemi Rafsandjani lancien président de ce régime, et sept autres responsables, notamment Velayati, le ministre des affaires étrangères de lépoque et aujourdhui haut conseiller de Khameneï le guide suprême, Ali Fallahian, le ministre des renseignements dalors, Mohsen Rezai, alors commandant en chef des gardiens de la révolution, alors Ahmad Vahidi, commandant de la force Qods, et dautres individus davoir planifié et exécuté cet attentat de 1994 contre le centre culturel juif de Buenos Aires et il a demandé leur arrestation.
Mais il ne sagit pas dun événement isolé. Tout comme le procès du Mykonos en Allemagne en 1997 la montré dans son verdict, sur lassassinat de quatre dirigeants kurdes iraniens en 1992. Le tribunal avait annoncé que Khameneï le guide suprême du régime, Rafsandjani, son président, et Velayati, son ministre des affaires étrangères, qui est aujourdhui le haut conseiller du guide suprême, ainsi que Fallahian ancien ministre des renseignement aujourdhui responsable des questions de sécurité au bureau du guide suprême, étaientt impliqués dans ces meurtres.
Question : Ce procès argentin sest déroulé en même temps quun autre procès en Italie contre un des assassins de Mohammad Hossein Naghdi, le représentant du Conseil national de la Résistance iranienne à Rome, en 1993. Dans ce procès, quelle relation a été établie entre ce crime et le régime iranien ?
M. Mohadessine : La dernière séance de ce procès a eu lieu à Rome le 25 octobre et qui continuera le 24 novembre. Ce qui est important dans ce dossier cest quil existe énormément de preuves et de témoins prouvant, comme la reconnu le tribunal, que les auteurs du meurtre de M. Naghdi sont de hautes autorités du régime iranien.
M. Naghdi était un des trois diplomates éminents iraniens qui au début des années 80 avaient rejoint la Résistance. Mohammad Hossein Naghdi, chargé daffaires de lIran en Italie, le Pr. Kazem Radjavi, lambassadeur dIran à Genève et aux Nations Unies, et Parviz Khazaï, ambassadeur iranien à Oslo en Norvège. Tous les trois avaient décidé de rejoindre les rangs de la résistance. Les deux premiers, Naghdi et le Pr. Kazem Radjavi, en 1990 et 1993 ont été assassinés par des terroristes envoyés par Téhéran.
Le procureur italien lors de la séance du 25 octobre a annoncé quil avait suffisamment de preuves pour dire quil sagissait dun crime politique commis par le régime iranien contre son opposition. Un des auteurs du crime qui sappelle Amir Mansour Bozorguian a été identifié par la police et la justice italiennes. Il est jugé par contumace et une peine de prison à vie a été requise contre lui.
Beaucoup de preuves indiquent que lordre de ce crime a été donné par Khameneï en personne. Cest le système terroriste du régime qui a exécuté la basse besogne. Cest exactement le même système qui a commis les crimes du Mykonos.
Un autre point intéressant cest que Amir Mansour Bozorguian qui est impliqué dans ce crime, a aussi participé à lattentat de Vienne où a été assassiné Abdol-Rahman Ghassemlou, le dirigeant du parti démocrate du Kurdistan dIran, en 1989. Il y avait dans cette opération deux équipes. Lune sous le commandement de Bozorguian et une autre sous le commandement dAhmadinejad aujourdhui président des mollahs.
Quand on lexamine de près, on saperçoit que toute la structure de ce régime trempe dans le terrorisme.

