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À Téhéran, les funérailles d’Ali Khamenei se poursuivent malgré les conflits et l’effondrement économique.

À Téhéran, les funérailles d'Ali Khamenei se poursuivent malgré les conflits et l'effondrement économique.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lors des funérailles d’Ali Khamenei le 7 juillet 2026, aurait été attaqué par un groupe de partisans du régime qui lui auraient lancé des pierres et proféré des insultes.

Quatre mois après la mort du Guide suprême Ali Khamenei, la stratégie désespérée du régime clérical pour stabiliser sa dictature en déliquescence s’est retournée contre lui. Dans une tentative désespérée d’apaiser une multitude de crises nationales et internationales inextricablement liées, la dictature cléricale a orchestré une simulation de funérailles massive, retardée d’une semaine – une manœuvre politico-sécuritaire calculée pour installer de force le fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, comme successeur héréditaire. Pourtant, au lieu de projeter l’illusion d’un contrôle absolu, cette mise en scène savamment orchestrée a révélé au grand jour une violente « guerre intestine » qui menace de déchirer le régime de l’intérieur.

Les profondes fissures systémiques ont éclaté en violences publiques lors des cérémonies à Téhéran, où les plus hauts responsables du régime ont été agressés physiquement par des factions radicales mobilisées par l’État. Le président du régime, Massoud Pezeshkian, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ont été la cible de jets de pierres lancés par des foules scandant « Mort au compromis », « Déshonorant » et « Mort au traître qui vend son pays ». Le journal d’État Mardom Salari a ouvertement confirmé le chaos dans son édition du 7 juillet 2026, titrant : « Attaque des radicaux contre Araghchi lors des funérailles », révélant ainsi la fureur fondamentaliste qui s’oppose à tout dialogue diplomatique avec Washington.

Cette paralysie politique est encore aggravée par une violente rébellion théologique émanant de la base religieuse même du régime. Le 7 juillet 2026, Abdollah Javadi Amoli a adressé une réprimande cinglante en omettant intentionnellement la phrase traditionnelle : « Ô Allah, nous ne connaissons de Lui que du bien », lors des prières funéraires – un refus explicite de valider l’héritage sanglant de Khamenei.

Parallèlement, le parlementaire intransigeant Hamid Rasaee a pris position le 6 juillet 2026, fustigeant l’organisation de l’événement comme « absolument désastreuse » et avertissant l’équipe de transition que « les responsables doivent agir de telle sorte que l’Imam (le Guide) ne se ravise pas et ne déclare pas : « En principe, j’avais un autre avis » ». En instrumentalisant explicitement la position intransigeante de Mojtaba Khamenei sur le mémorandum d’entente nucléaire en cours, Rasaï a indiqué que le nouveau Guide suprême avait une vision fondamentalement différente des engagements internationaux. Il a averti la faction rivale que toute manœuvre diplomatique serait extrêmement limitée, précisant que toute « autorisation » officielle de négocier n’était qu’une concession à contrecœur, et non un soutien.

Blocage pétrolier et inflation

Tandis que l’élite politique se déchire au sujet de la succession, un blocus macroéconomique catastrophique asphyxie les finances de l’État. Suite aux récentes attaques iraniennes contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, Washington a riposté en annulant définitivement la dérogation temporaire de 60 jours qui lui était accordée. Selon les données de Bloomberg, cette application soudaine des sanctions a immobilisé plus de 63 millions de barils de pétrole brut iranien sur des pétroliers dans le golfe Persique et les eaux asiatiques, sans acheteurs potentiels. Téhéran est ainsi contraint de négocier désespérément, à des prix fortement réduits, avec des raffineries chinoises indépendantes afin de préserver sa liquidité.

Sur le plan intérieur, le choc économique qui dure depuis quatre mois a poussé la population iranienne à bout. Le prix des denrées alimentaires de base, comme la volaille, a explosé pour atteindre le montant astronomique de 500 000 tomans, une situation que Rasaï lui-même impute à une « mauvaise gestion » et à de « mauvaises décisions ». La colère gronde au sein de la population. Cette catastrophe financière a déclenché des révoltes ouvrières prolongées dans le secteur énergétique, pourtant vital. Plus particulièrement, la grève des journaliers de la raffinerie Bidboland Phase 2 à Behbahan a atteint son quarantième jour consécutif en juillet 2026. Au lieu de faire des concessions, les autorités judiciaires ont menacé les grévistes de mandats d’arrêt, tandis que la direction de la raffinerie leur lançait avec arrogance : « Faites ce que vous voulez, vous n’y pouvez rien. »

Face à des défaillances systémiques en cascade, le pouvoir judiciaire du régime a intensifié avec frénésie son appareil de terreur intérieur, prononçant de lourdes peines de prison et des exils forcés contre des militants à Oroumieh, Qorveh et Mashhad. Pourtant, cette répression féroce ne parvient pas à contenir la colère populaire.

Quatre mois après la chute de Khamenei, le système clérical est dépourvu d’un arbitre central capable de pallier ces vulnérabilités existentielles. Ce vide structurel se localise rapidement. Les griefs économiques et la contestation politique se transforment en un courant sous-jacent explosif à l’échelle nationale, rapprochant le pays d’une inévitable explosion sociale.