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Iran : Un groupe de défense des droits humains inquiet pour le sort d’un détenu politique

Iran : Un groupe de défense des droits humains inquiet pour le sort d’un détenu politiqueCNRI – Dans un communiqué public, Amnesty International a exprimé son inquiétude pour le sort d’un Iranien azéri arrêté dans les manifestations d’Ardabil, au nord-ouest de l’Iran. Voici le texte du communiqué :

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AI Index: MDE 13/063/2006
8 juin 2006
UA 163/06 Détention secrète/Danger de torture/Problèmes médicaux 
IRAN Abbas Lisani (ou Leysanli) (m), 38 ans, activiste

Abbas Lisani, célèbre activiste des droits des Turcs azéris iraniens, a été arrêté le 3 juin et est détenu dans un lieu tenu secret, où il risque la torture. Il pourrait avoir besoin de soins médicaux pour les blessures dont il souffre depuis la manifestation qui a précédé son arrestation.

 

Il a été arrêté à son domicile dans la ville d’Ardabil, dans le nord-ouest de l’Iran. Sa femme déclare que plus de 30 officiers de sécurité en civil ont fait sauter le verrou de leur porte et sont entrés dans la maison sans produire aucun mandat, comme la loi le prévoit. Elle affirme qu’ils ont frappé Abbas Lisani devant elle et leur deux jeunes fils, et l’ont insultée lorsqu’elle leur a demandé de ne pas le frapper. Avançant qu’ils avaient des ordres les autorisant à lui tirer dessus, ils l’ont menotté et emmené. Ils ont également emporté deux téléphones portables, des CD, des livres et un ordinateur.

Des incidents ont eu lieu, parfois violents, dans la communauté turque azérie depuis le 12 mai, lorsque le quotidien d’Etat Iran a publié un dessin qu’un grand nombre d’entre eux ont considéré comme étant offensant. Les membres de la communauté (qui se font parfois appeler Azerbaïdjanais iraniens) vivent principalement dans le nord-ouest du pays. Dans les villes de la région, des manifestations ont eu lieu, parfois violentes, où des centaines de personnes auraient  été arrêtées (cf. UA 151/06, MDE 13/055/2006).

Certains des détenus auraient été torturés. La publication du journal a été suspendue le 23 mai et le rédacteur en chef et le dessinateur ont été arrêtés, mais malgré tout, une manifestation a éclaté à Ardabil le 27 mai. Abbas Lisani aurait été blessé pendant cette manifestation, mais serait parvenu à s’échapper et à se cacher pendant une semaine environ. Il a été arrêté après être retourné chez lui. Avant son arrestation, il avait dit à sa famille et à ses amis qu’il entamerait une grève de la faim s’il était emprisonné.

Des sources azéries affirment que des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines ont été blessées par les forces de sécurité. Le 29 mai, un responsable de la police a reconnu que quatre personnes étaient mortes et 43 avaient été blessées dans la ville de Naqada. Amnesty International déclare que des actes criminels ont été commis durant au moins certaines de ces manifestations et que les gouvernements ont le droit et le devoir de poursuivre en justice les responsables de ces offenses criminelles.

Cependant, les autorités iraniennes sont également obligées d’agir en accord avec la loi internationale relative aux droits humains et avec les standards des droits humains, en particulier ceux faisant référence à l’encadrement policier des manifestations, l’interdiction de la torture et les procès équitables.

Abbas Lisani a été arrêté plusieurs fois depuis 1997 en raison de son activité politique. Il a subi des tortures psychologiques et physiques graves en détention et a été harcelé après sa libération. Il a affirmé en mai à Amnesty International que la torture la plus sévère qu’il ait subie a eu lieu en juin 2004, lorsqu’il a participé à un sit-in organisé par des Turcs azéris à la mosquée  Sarcheshme d’Ardabil. Après que les forces de sécurité aient pris le contrôle de la mosquée, ils l’ont frappé violemment et l’ont étranglé jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. Il a passé un mois en détention, dont 20 jours en isolement cellulaire. Il souffrait de plusieurs blessures dont des côtes et le nez cassés, pour lesquelles il a été privé de soins médicaux. Il a entamé une grève de la faim à deux reprises afin d’obtenir des soins médicaux, mais sans succès. Après deux jours de détention, il a été envoyé devant la Division 7 du Tribunal révolutionnaire d’Ardabil, où le juge a refusé de lui accorder un traitement médical et lui a dit que les services de renseignement « aurait dû faire pire ». A sa libération, il a reçu une amende de 800.000 Rials (soit environ 87.000$US) et une condamnation avec sursis de 15 coups de fouet. Il souffre toujours de problèmes de santé causés par la torture.

 

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