mercredi, février 1, 2023
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L’Iran démarre la seconde série d’enrichissement

L’Iran démarre la seconde série d’enrichissementL’AIEA a annoncé que le traitement d’uranium avait débuté le jour où les six nations ont proposé à Téhéran des avantages économiques afin qu’il abandonne ses activités nucléaires.

D’Alissa J. Rubin, Times

The Los Angeles Times, VIENNE – L’Iran a commencé cette semaine à enrichir une deuxième fournée d’uranium dans son usine de recherches le jour même où les puissances mondiales ont proposé une série de mesures incitatives à l’Iran à condition qu’il suspende ses activités nucléaires, a annoncé jeudi l’Agence internationale de l’Energie atomique dans un communiqué.

La date de la reprise des travaux nucléaires, qui selon les diplomates occidentaux a été choisie délibérément pour des raison politiques, semble indiquer que l’Iran continuerait à enrichir de l’uranium malgré les injonctions de la communauté internationale.

« Concernant le moment choisi, et connaissant les Iraniens, rien n’est laissé au hasard », a affirmé un diplomate européen qui a désiré rester anonyme.

Dans une offre proposée mardi à Téhéran par le chef de la politique étrangère de l’Union Européenne, Javier Solana, l’Iran obtiendrait plusieurs avantages, dont des mesures commerciales et économiques et une aide à la construction de réacteurs à eau légère pour générer de l’électricité, en échange de l’abandon de ses travaux d’enrichissement.

L’AIEA déclaré que l’Iran avait réintroduit du gaz d’uranium dans ses centrifugeuses et commencé à transformer une nouvelle fournée d’uranium brut en UF6.

Aucun délai n’a été fixé pour la réponse à l’offre, mais les diplomates occidentaux disent qu’ils attendent une réponse de l’Iran dans les semaines et non les mois à venir. Les hauts responsables iraniens vont probablement avoir à travailler dur pour imposer leur position. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad va rencontrer la semaine prochaine le président chinois Hu Jintao, dont le gouvernement est l’un des six à avoir présenté cette offre à l’Iran.

Les diplomates et experts s’accordent sur le fait que la tâche la plus difficile sera de satisfaire les parties sur la question de l’enrichissement. L’Iran a affirmé qu’il n’abandonnerait pas son droit, en tant que signataire du Traité de Non-prolifération nucléaire, à la technologie atomique pacifique.

« L’enrichissement d’uranium pourrait être la question qui fâche… la façon dont nous allons la gérer est fondamentale », a affirmé un haut diplomate à Vienne. « Nous devons trouver une formule dans laquelle ni les Iraniens ni les Américains ne perdraient la face. »

Le Premier ministre britannique Tony Blair a déclaré jeudi que l’Iran causerait « de nombreuses difficultés » s’il refusait de suspendre l’enrichissement d’uranium.

« Ils doivent savoir que nous sommes tous à la recherche d’une solution diplomatique, que et notre réussite dépend en quelque sorte d’eux », a dit Blair.

Dans un revirement majeur de politique, les Etats-Unis ont accepté la semaine dernière de se joindre à la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne pour des négociations directes avec l’Iran si ce dernier suspendait ses activités nucléaires. Les USA n’ont aucune relation diplomatique avec l’Iran depuis 1979, et l’administration Bush insiste sur le fait qu’elle ne négociera pas tant qu’une seule centrifugeuse fonctionnera en Iran.

Pour l’Iran, qui a annoncé début avril avoir réussi à enrichir quelques grammes d’uranium, suspendre cette opération serait une humiliation et une sorte de retour en arrière. L’enrichissement d’uranium est un processus dans lequel de grandes quantités de gaz d’uranium sont introduites dans des centrifugeuses qui le purifient pour en faire de la matière fissile pouvant être utilisée à des fins civiles ou si elle est hautement enrichie, pour fabriquer une bombe. Les pays occidentaux pensent que l’Iran veut développer la bombe ; mais les Iraniens prétendent que leur programme est purement pacifique.

Le communiqué de l’AIEA, l’agence nucléaire des Nations Unies, ne comprend « rien de stupéfiant », selon un haut responsable de l’ONU. Cependant, le rapport, qui a été envoyé aux 35 nations composant le conseil des gouverneurs de l’AIEA avant le meeting de la semaine prochaine, souligne une longue liste de questions auxquelles l’Iran n’a pas répondu à propos de son programme nucléaire, qui est resté secret pendant 18 ans jusqu’à ce qu’il soit divulgué par un groupe d’opposition iranien.

Toutefois, le rapport contredit des informations données plus tôt qui suggéraient que l’Iran avait stoppé ses activités d’enrichissement. Selon le rapport, après que de l’uranium ait été enrichi dans des centrifugeuses début avril, ce qui a permis aux Iraniens de produire quelques grammes d’uranium peu enrichi, ils ont stoppé d’alimenter les centrifugeuses en gaz, toutes sauf deux.

L’Iran a continué de faire fonctionner sa cascade de 164 centrifugeuses, mais sans le gaz, à son usine pilote de Natanz dans le désert. Cette opération constitue, avec ou sans gaz, un exercice technologique fondamental. Celui-ci est crucial pour que les ingénieurs s’assurent que les centrifugeuses vont tourner de manière stable et convenable avant d’entreprendre l’enrichissement à grande échelle, selon les experts nucléaires. L’Iran a un projet d’enrichissement à échelle industrielle à l’usine de Natanz avec 50.000 à 60.000 centrifugeuses.

Selon un haut responsable de l’ONU, l’Iran continue de construire deux autres cascades de centrifugeuses à son usine pilote et a commencé les travaux primaires.

Le rapport de l’AIEA soulève également certaines questions sérieuses quant à la contamination d’équipements entreposés dans une université technique. Ceux-ci présentaient des traces de particules d’uranium hautement enrichi et auraient été utilisés dans le site militaire de Lavisan-Shian, qui a été rasé avant que les inspecteurs nucléaires ne puissent l’examiner. Les inspecteurs désirent y retourner pour pratiquer des tests plus approfondis et obtenir des réponses sur la façon dont le matériel a été utilisé.

Les particules d’uranium ont été enrichies à plus de 20%, soit techniquement à un haut niveau d’enrichissement. Le seuil d’enrichissement pour la fabrication d’une bombe est de 80%.

« Il ne doit pas s’agir de ce type de contamination », a déclaré un haut responsable de l’ONU. Cependant,a-t-il dit, il existe beaucoup d’autres explications et, pour le moment, ils ignorent la réponse.

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