mardi, décembre 6, 2022
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Iran : Un appel à sauver la vie des prisonniers politiques

Iran : Un appel à sauver la vie des prisonniers politiquesCNRI – Dans une lettre du 22 février à Louise Arbour, Haut commissaire aux Nations Unies pour les Droits humains, Mohammad Mohadessine, président de la Commission des affaires étrangères du CNRI, a demandé son intervention pour sauver la vie des prisonniers politiques en Iran.

M. Mohadessine a écrit: « Six mois après l’arrivée au pouvoir d’un ancien commandant du corps des gardiens de la révolution, Mahmoud Ahmadinejad, à la présidence du régime iranien, la situation des droits humains en Iran en général et le sort des prisonniers politiques en particulier se sont détériorés.

Récemment, l’atroce pendaison d’un des prisonniers politiques les plus connus en Iran a été confirmée par des sources officielles, provoquant la colère et la condamnation de l’opinion publique ainsi que des organisations internationales de défense des droits humains ».

Hodjat Zamani, 31 ans, ancien professeur et membre de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, principale composante du Conseil national de la Résistance iranienne, a été incarcéré pendant plus de quatre ans et demi et a été victime des tortures physiques et psychologiques les plus graves. Il a finalement été pendu le 7 février à la prison de Gohardacht (Raja’i chahr) à Karadj (à l’ouest de Téhéran). Les autorités ont refusé jusqu’à présent de livrer le corps de Zamani à sa famille.

Après l’arrestation de Zamani en 2000, les forces de sécurité avaient lancé un raid au domicile de ses parents et arrêté son père âgé ainsi que ses frères aîné et cadet. Après avoir agressé son père à plusieurs reprises, les agents de sécurité l’ont jeté hors d’un véhicule en marche. En 2001, deux de ses frères ont été assassinés par le régime clérical et son père est mort peu après en raison du traumatisme émotionnel causé par la mort de deux fils et la détention du troisième.

« Selon un rapport daté du 1er février de la prison de Gohardacht, Mohammad Jarou’i, chef du quartier 6 de la prison, a averti les prisonniers que si le dossier nucléaire du régime était renvoyé devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, tous les prisonniers politiques affiliés à l’OMPI seraient pendus », a déclaré le responsable du CNRI avant d’ajouter : « L’exécution de M. Zamani, après quatre années de détention sous la torture, est la première mesure de représailles de cette nature ».

Mohadessine a rappelé que pendant l’été 1988, dans des circonstances similaires, après que le régime de Téhéran ait accepté à contrecoeur la résolution du Conseil de Sécurité pour un cessez-le-feu dans la guerre Iran-Irak, près de 30.000 prisonniers politiques ont été massacrés sur ordre direct de Khomeiny.

« Dans de telles circonstances, écrit Mohadessine, j’aimerais exprimer mes inquiétudes les plus profondes sur le sort des autres prisonniers politiques en Iran, en particulier concernant le grave danger que leur vie encoure. »

Des informations sures venant d’Iran indiquent que suite à la pendaison de Zamani et la colère qu’elle a déclenchée chez les prisonniers politiques, les menaces contre certains détenus dans les prisons de Gohardacht (surtout ceux du quartier 9 dirigé par le ministère des Renseignements) et de Zandjan ont monté d’un cran. Selon nos informations, les détenus menacés de mort sont entre autres Valiollah Feiz-Mohammadi, Saïd Massouri, Gholamhossein Kalbi, Amir Parvizi, Alireza Karami Kheir-Abadi, Khaled Hardani, Chahram Farhang-Pour et Mansour Pour-Farhang. De plus, un autre prisonnier, Amir Saran, qui avait été interrogé et torturé par un responsable de la prison nommé Hossein-Zadeh, a disparu.

Ces informations indiquent également que dans le but de préparer le terrain pour l’exécution de prisonniers politiques à la prison de Gohardacht, le régime a envoyé certains de ses agents déguisés en prisonniers politiques dans les sections où ils se trouvent afin de les menacer de mort en scandant « mort aux prisonniers politiques », « mort aux contre-révolutionnaires » et « les prisonniers Moudjahidine doivent être exécutés ». 

Selon des informations en provenance de la prison de Gohardacht, un responsable, membre des services de renseignements en service dans cette prison, a dit aux prisonniers politiques que s’ils étaient poignardés, l’administration ne serait pas responsable. Actuellement, toutes les visites et les contacts avec le monde extérieur sont interrompus.

Le président de la Commission des affaires étrangères en appelle à Mme Arbour et écrit : « Je vous demande de toute urgence d’utiliser vos bons offices ainsi que tous les autres moyens à la disposition du haut commissariat des Nations Unies pour les Droits humains pour
– intervenir et sauver la vie de ces prisonniers,
– envoyer un représentant pour inspecter les prisons, contacter les prisonniers politiques et leurs familles et exiger les garanties nécessaires pour la sauvegarde de leur vie et
– intervenir pour assurer que ce problème soit traité lors de la soixante-deuxième session de la Commission des droits humains des Nations Unies et que des mesures appropriées soient adoptées pour le contrôle de la situation des droits humains en Iran ».

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