
Le 2 février, le bureau de représentation du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) à Washington a rendu publique ses dernières révélations sur les activités terroristes de l’unité navale de la Force Qods des Gardiens de la révolution. Le CNRI a fourni des détails sur sa mission, ses bases et la meilleure façon de l’affronter.
Selon les informations reçues du réseau intérieur de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), la Force Qods a recruté des mercenaires pour des unités terroristes nouvellement créées, armées et entraînées pour attaquer des navires et des cibles maritimes dans la région. La Force Qods forme des mercenaires yéménites, irakiens, syriens, libanais et africains dans des cours navals spécialisés en Iran et les envoie dans leur pays d’origine pour former des unités navales.
Pour la première fois, le bureau de représentation du CNRI au États-Unis a présenté les détails sur la formation des unités navales terroristes de la Force Qods, y compris le cycle de recrutement et d’entraînement aux opérations terroristes par des milices inféodées, ainsi que le cycle d’envoi d’armes et d’autres soutiens logistiques à ces dernières.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran) a récemment formé l’unité navale de la Force Qods dans le contexte de l’expansion de ses activités terroristes par des forces mandataires en Irak, au Yémen, en Syrie, en Palestine, au Liban et dans plusieurs pays africains. Cette unité dispense une formation spécialisée (commando) et forme des unités opérationnelles pour mener une guerre navale déstabilisatrice pour la région.
Depuis début 2021, et plus encore depuis août 2021, date de l’entrée en fonction d’Ebrahim Raïssi comme nouveau président des mollahs, Téhéran a intensifié ses opérations terroristes maritimes en utilisant ses mercenaires étrangers, notamment les Houthites du Yémen.
Après l’élimination de Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods en janvier 2020, un coup dur pour la capacité de la force Qods à empiéter directement sur les pays de la région, la capacité d’intrusion des pasdaran en Irak, au Liban et en Syrie a diminué. Pour compenser ce coup dur, les pasdaran se sont tournés vers l’intervention au Yémen, notamment en intensifiant les activités terroristes navales et en menaçant la navigation internationale sur ses côtes.
Les opérations de terrorisme naval en mer Rouge et dans le détroit de Bab al-Mandab sont supervisées par le centre de commandement de la Force Qods, mais exécutées par des unités navales établies avec les rebelles houthites.

Le directeur adjoint du bureau de représentation du CNRI aux Etats-Unis, Alireza Jafarzadeh, a révélé les détails sur les camps d’entraînement et les quartiers généraux de l’unité navale de l’IRGC-QF :
● Académie Khamenei des sciences et technologies navales, située à Ziba Kenar, sur la côte caspienne, dans la province de Gilan.
● La garnison Imam Ali, située au 20e kilomètre de l’autoroute Téhéran-Karaj, boulevard Ardestani.
● La brigade commando de l’IRGC Navy, appelée Aba Abdullah, stationnée sur l’île de Farur.
● Les centres de la marine des pasdaran situés dans différentes parties de l’île de Qeshm sont considérés comme l’un des complexes d’entraînement de la Force Qods.
● Le quartier général du commandement de la 112e brigade navale Zolfaqar des pasdaran est situé près du village de Messen sur l’île de Qeshm.
● Le quartier général du commandement indépendant de la marine des pasdaran, appelé garnison Imamat, ainsi que le quartier général du commandement de la 2e région navale, situés à Bandar-e-Jask.
Le briefing comprenait également des informations sur la manière dont les troupes formées de l’unité navale de la Force Qods sont organisées en bataillons de commandos navals, qui sont spécifiquement déployés en mer d’Arabie, à Bab al-Mandab et en mer Rouge pour perturber la navigation maritime des navires commerciaux, attaquer les ports, détourner des navires et poser des mines, entre autres.
La Force Qods a mis en place un réseau de contrebande pour fournir des armes et des équipements à ses mandataires pour des attaques navales, en utilisant diverses routes et méthodes, du Yémen vers la Somalie.
La Force Qods a équipé les rebelles Houthites de hors-bords, de missiles, de mines et d’autres armes. Elle emploie des tactiques qui font appel aux vedettes rapides et à la guerre asymétrique – semblables à celles utilisées par la marine des pasdaran dans le golfe Persique – pour étendre les conflits à la mer d’Oman, à Bab al-Mandab et à la mer Rouge.
Les concessions par les pays occidentaux et l’absence de responsabilité pour ses opérations terroristes et ses exactions à l’intérieur, ont enhardi Téhéran, qui a intensifié son comportement défiant et cherche à créer le chaos dans la région, a souligné la représentante américaine du CNRI, Soona Samsami.
Depuis décembre 2017, huit soulèvements majeurs ont eu lieu en Iran, ainsi que des protestations successives de divers secteurs de la société iranienne réclamant des changements fondamentaux. Le dernier plan de jeu de Téhéran, qui consiste à créer des unités navales terroristes pour semer l’instabilité régionale, vise se donner une apparence de puissance et à couvrir sa fragilité sur le plan intérieur. Le régime espère que cette image lui donnera un poids sur le plan international et national.

Mme Samsami a ajouté que, indépendamment de ce que le régime des mollahs pourrait faire avec son programme d’armes nucléaires et ses négociations avec le P5+1, Téhéran doit être tenu responsable de ses guerres par procuration dans la région, de son terrorisme, de son développement de missiles balistiques, de ses violations flagrantes des Droits de l’Homme et de la répression de ses propres citoyens.
La détérioration de l’économie iranienne a privé le Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran) et les groupes inféodés de Téhéran du soutien vital dont ils ont besoin, et le régime réclame désespérément un allègement des sanctions pour financer ses forces en Iran et ailleurs. Avec les derniers revers militaires dans la région de Marib au Yémen, la domination du régime dans l’ensemble du Moyen-Orient est gravement compromise. Les bouleversements à l’échelle nationale ont fragilisé le moral des troupes du Corps des pasdaran et le monde doit surveiller de près ce qui se passe dans les rues de Téhéran, Beyrouth et Bagdad pour opter pour la fermeté et une politique avisée.

