CNRI – « Comment pouvons-nous laisser 3400 personnes, citoyens, hommes et femmes livrés à des tortures psychologiques, les haut-parleurs jour et nuit. Et puis ne pas permettre que des personnes qui sont en danger de mort, qui sont gravement malades et que l’on refuserait de soigner. Il y a-t-il quelque chose de plus grave que d’attenter à la vie d’hommes et de femmes en situation de maladie ? », s’est insurgé Jean-Pierre Béquet, maire d’Auvers-sur-Oise.
Il intervenait dans une conférence de presse le 24 novembre 2010 à la mairie du 1er arrondissement de Paris, au cours de laquelle Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a reçu une déclaration de soutien de 5000 maires de France appelant à lever le blocus d’Achraf, cité abritant 3400 membres de l’OMPI en Irak et assiégée à la demande des mollahs de Téhéran.
Voici des extraits de son intervention :
Une fois de plus nous nous retrouvons dans le premier arrondissement d’ailleurs, car je me souviens lorsqu’il y a deux ans le premier appel des maires a été lancé, nos nous étions retrouvés aussi, non pas dans l’hôtel de ville, mais dans un lieu privé dans le 1er arrondissement de Paris, décidément haut lieu symbolique de soutien à la résistance, presqu’autant que la ville d’Auvers-sur-Oise.
J’observe qu’il y a deux ans, nous étions 2172 maires à avoir signé cet appel, et que depuis nous sommes devenus 5000. Et je ne doute pas qu’avec ces journées du Congrès des maires de France, nous allons encore être beaucoup plus que 5000.
Je voudrais limiter mon propos à la situation dramatique des combattants d’Achraf, de nos amis d’Achraf, puisque nous avons quand même beaucoup d’échanges avec ces combattants, avec ces citoyens, avec ces résistants. Il faut à la fois remarque la ferveur, la détermination, mais aussi un calme malgré les obstacles qui sont levés devant eux, qui est absolument impressionnant pour nous.
Depuis dix mois la situation s’est beaucoup aggravée. Ce qui est fait contre eux aujourd’hui, physiquement, psychologiquement, moralement est absolument désastreux. Penser qu’en 2010, dans un pays du monde aujourd’hui, on puisse avoir ce type de méthode contre des individus sans armes, pacifiques, organisés dans une ville qu’ils ont construite de toute pièces à partir du désert avec des équipements culturels, sportifs, humanitaires, sociaux, bref une vraie ville, un peu exemplaire, parfois on se dit même une ville presque idéale, dans un coin de désert.
Je pense qu’il est important aujourd’hui qu’au-delà des maires que nous sommes, nous fassions une sorte d’appel à la conscience universelle. Je crois que c’est à l’ONU bien sûr, c’est au gouvernement, mais c’est aussi aux forces non gouvernementales, aux associations, à la ligue des droits de l’homme, aux forces qui défendent les droits de l’homme dans le monde de s’exprimer avec force. Comment pouvons-nous laisser 3400 personnes, citoyens, hommes et femmes livrés à des tortures psychologiques, les haut-parleurs jour et nuit. Et puis ne pas permettre que des personnes qui sont en danger de mort, qui sont gravement malades et que l’on voit ici – d’ailleurs félicitations au maire du 1er arrondissement d’avoir mis cela à l’opinion, c’est important, ce geste symbolique, de mettre leur portrait, d’expliquer ce qui se passe pour ces personnes victimes de cancer et que l’on refuserait de soigner. Il y a-t-il quelque chose de plus grave que d’attenter à la vie d’hommes et de femmes en situation de maladie ?
C’est pour cela que nous sommes nombreux conscients de cela, bien au-delà des clivages politiques, cela dépasse très largement en France et dans tous les pays du monde les clivages politiques. Je pense que c’est un devoir de survie de citoyen aujourd’hui et que c’est sur ce plan là que nous devons nous situer les uns et les autres, que nous devons situer notre action. Nous sommes là pour assurer la survie de citoyens mis en danger par des actes de barbarie organisés et donc nous devons à la fois les dénoncer, prendre tous les moyens pour alerter l’opinion. Je pense d’abord à l’ONU, bien sûr le gouvernement américain dans le cadre de la 4e convention de Genève qui doit aussi veiller à la protection de ces citoyens, ça doit être mis en œuvre maintenant. Et en appeler à tous les gouvernements du monde. La présidente faisait appel au G-20, à la présidence française. Oui, je crois qu’il faut utiliser tous les leviers possibles au niveau mondial pour faire en sorte que nous fassions reculer la barbarie, que nous fassions défendre ces citoyens qui le mérite. Donc moi je suis venu renouveler mon engagement, ma détermination, ma volonté aussi de convaincre, collègues, amis de toutes sensibilités politiques et au-delà les citoyen t la conscience universelle. C’est pour cela que j’ai voulu vous renouveler mon engagement, ma conviction et ma détermination.

