AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceDroite et gauche pour un changement en Iran

Droite et gauche pour un changement en Iran

ImageFace à la radicalisation du régime, deux parlementaires, l’un franc-comtois (PS) l’autre alsacien (UMP), appellent à « une attitude concertée devant un danger commun ».

L’Est républicain, Vesoul, 14 mars 2006  – UMP-PS pour une même cause : un député de la majorité présidentielle, Marc Reymann (Bas-Rhin), et un sénateur de gauche (Jean-Pierre Michel, Haute-Saône) réunis dans un appel au changement en Iran. Une convergence de points de vue défiant donc tout clivage politique.

Tandis que s’intensifie la crise autour du programme nucléaire iranien et que la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont vainement tenté de négocier l’arrêt des activités sensibles (conformément au Traité de non-prolifération dont Téhéran est signataire), que se multiplient les déclarations fracassantes du nouveau président Mahmoud Ahmadinejad, qui a notamment appelé à « rayer Israël de la carte », certains parlementaires font entendre leurs voix. Ce fut récemment Bernard Debré, ancien ministre de la Coopération et député de Paris (UMP), qui signait une lettre ouverte dans le Figaro. C’est aujourd’hui Marc Reymann et Jean-Pierre Michel qui s’insurgent (1) et s’inquiètent face aux propos « de plus en plus extrémistes » tenus par Téhéran.

Si le Conseil de sécurité des Nations unies, saisi la semaine dernière, doit présenter un texte dans les jours qui viennent appelant l’Iran, soupçonné de vouloir se doter de la bombe, à respecter les résolutions de l’Agence internationale de l’énergie atomique, les parlementaires, eux, vont plus loin.

La tradition de la France

"Face à cette situation (NDLR : l’existence d’un programme nucléaire militaire clandestin), le monde devrait changer de politique et adopter une attitude concertée devant un danger commun ». Tout comme leur collègue Bernard Debré, le député alsacien et le sénateur franc-comtois préconisent des sanctions contre Téhéran. « Beaucoup de spécialistes et d’iranologues nous disaient que l’Iran allait entamer une phase de réforme et de libéralisation. Nous avons encouragé la marche de ce pays de grande civilisation vers la modération ». Mais avec l’élection à la présidence de l’ancien maire ultra de Téhéran cet été, « nous remarquons avec déception que la nature extrémiste et totalitaire de cette théocratie a été largement sous-estimée ".

A travers cet appel, ces élus du peuple entendent «rester fidèles à notre histoire et à la tradition de la France». Une tradition de résistance associée au combat des Moudjahidin du peuple d’Iran, le principal mouvement d’opposition au régime des mollahs classé sur la liste noire des organisations terroristes.

Sébastien MICHAUX (1) Revue parlementaire nème886 du mois de mars 2006.