CNRI Lors dune conférence internationale de juristes à Bruxelles le 25 octobre dernier en présence de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, et de nombreux ténors du barreau et dexperts de premier plan, le Dr. Saleh Radjavi, représentant en France du Conseil national de la résistance iranienne, a fait lintervention suivante :
Pour moi en tant que membre de la résistance iranienne, cest un grand honneur de pouvoir prendre la parole devant une assemblée de qualité composée déminents avocats et de juristes de renom international qui ont su et qui ont pu allier avec une grande efficacité, la compétence, le savoir avec lhumanisme et le démocratisme. Cest dailleurs je pense la raison pour laquelle vous vous trouvez ici pour défendre la cause des combattants de la liberté dAchraf.
Ces fleurons de la société iranienne, ces amoureux de la liberté, qui il y a vingt ans, alors quils avaient pour la plupart des diplômes des universités les plus prestigieuses du monde et quils étaient promis à une vie agréable, ont tout abandonné pour aller sinstaller à la Cité dAchraf qui était à lépoque un terrain aride, aux confins du désert, à mi chemin entre Bagdad et la frontière iranienne. Et pourquoi Achraf ? Parce quils voulaient être à proximité de leur pays pour avoir des rapports organiques avec les résistants à lintérieur, c’est-à-dire avec la mère patrie.
Ils y sont allés non seulement pour défendre les libertés fondamentales en Iran, non seulement pour accélérer le changement démocratique dans le cadre dune démocratie pluraliste et laïque dans ce pays, mais aussi pour dresser un mur devant lexpansionnisme du régime des mollahs et lexportation de lintégrisme islamique.
En réalité le régime des mollahs utilise un islam défiguré, dénaturé, démagogique et liberticide, instrumentalisé aussi pour avancer ses pions et rester au pouvoir. Or, étant donné quil est rejeté par la quasi-totalité de la société iranienne, il essaie avec cette arme, avec cet islam déformé, détendre ses tentacules comme un cancer dans les pays voisins et les pays islamiques, des pays où malheureusement la pauvreté fait rage et la jeunesse en quête didentité constitue une proie facile pour lintégrisme et le terrorisme islamique, on la vu récemment en Irak et ailleurs.
Donc le combat des Moudjahidine du peuple, dès le jour où ils sont arrivés à Achraf, était un combat qui sannonçait dur. Il fallait avoir un courage extraordinaire, une détermination sans faille pour le mener à bien. Alors certes, ils ont transformé le désert en une ville florissante et verdoyante qui correspond dailleurs à toutes les normes de lurbanisme et de lécologie. Mais durant ces vingt années, les Moudjahidine dAchraf étaient en état dalerte permanente devant les attaques des gardiens de la révolution et les actions terroriste perpétrées par ce régime. On a vu les attaques de mercenaires de ce régime, on a vu les explosions de voitures piégées, les bombardements aériens et on a vu également tirs de missiles les plus nombreux auxquels lIran nait jamais procéder se déverser sur Achraf, 72 en une nuit. Donc il fallait avoir une volonté de fer pour résister devant autant de difficultés, et ils lont fait
Par la suite, la guerre dIrak a éclaté. Elle était annoncée déjà en octobre ou en novembre 2002. En janvier 2003, tout le monde savait que la guerre allait avoir lieu. A ce moment là, les gens dAchraf pouvaient très bien abandonner le pays. Ils ne lont pas fait, ils sont restés. Cétait un choix délibéré, parce que ils ne voulaient pas laisser le terrain aux mollahs. Ils ne voulaient pas abandonner le combat qui est aujourdhui non seulement le combat du peuple iranien, mais le combat du monde entier, le combat entre deux cultures, entre larbitraire et le fanatisme dun coté, et de lautre les valeurs humaines et démocratiques.
Et dailleurs par la suite, lorsque la guerre a commencé, le régime des mollahs a dit par lintermédiaire des Anglais aux Américains quil allait collaborer avec eux, quil nentrerait pas dans les affaires intérieures de lIrak et quen échange, ils devaient bombarder la base dAchraf. Ce qui a été fait. Donc il gagnait la destruction totale de cette ville. Dailleurs nous avons vu que cette ville a ressurgi de ses cendres. Ce que vous avez vu naître, cétait la ville nouvelle.
Quelques jours après les bombardements, lorsque le général Odierno, le commandant de la force multinationale est venue à Achraf, il a déclaré à lAFP : je suis allé à Achraf avec pleins de préjugés. Mais là-bas, au terme de plusieurs heures de discussion, de dialogue et dinvestigation, jai été agréablement surpris de me trouver en face des gens animés par une motivation profonde et démocratique, et jai été admiratif devant cette détermination et jai vu quils partageaient les mêmes valeurs humaines et démocratiques.
Nous sommes là en face de contradictions internationales absolument ahurissantes : dun coté ceux qui sont sur place se rendent compte de cette réalité et de lautre coté les gouvernements européens et occidentaux maintiennent lorganisation des Moudjahidine du peuple sur la liste des organisations terroristes
Malgré tout cela les combattants dAchraf ont continué leur combat. Vous savez quils ont été extrêmement limités dans leur base dAchraf qui ne fait que quelques kilomètres de superficie. Néanmoins, ils ont pu alerter lopinion publique irakienne et lui faire connaître la nature du régime des mollahs. Ils ont dénoncé lingérence du régime de Téhéran preuves à lappui en Irak et dans le terrorisme qui y sévit et qui a transformé ce pays en enfer.
Néanmoins la cité dAchraf est restée une cité non seulement florissante, mais aussi épanouie et heureuse où on assiste régulièrement à des concerts et des événements artitisques.
Cest dailleurs une cité dans la quelle les femmes sont en première ligne. Notre présidente Maryam avait dit, dans la mesure où les femmes sont les premières victimes de lintégrisme islamique, il faut quelles soient en première ligne de combat. Dailleurs létat-major des Moudjahidine à Achraf est constitué de femmes.
Ils ont résisté devant les Américains, ils ont résisté devant toutes ces difficultés et par ailleurs, comme lexpliquait notre présidente, ils ont pu faire adhérer à leur cause 5,2 millions dIrakiens parmi lesquels 12.000 avocats et juristes, cest-à-dire la quasi-totalité des avocats et juristes irakiens et toute lintelligentsia de lIrak. Tous les hommes de bonne volonté, toutes les personnalités démocrates irakiennes.
Les parlementaires irakiens qui étaient venus il y a quelques jours à Paris et qui sont allés au Parlement européen disaient quil ne fallait pas sous-estimer ce nombre parce que tous ces gens avaient pris des risques énormes. Le fait de figurer sur cette liste des 5,2 millions, cest une condamnation à mort par le régime des mollahs et plusieurs dizaines de ces personnes ont été exécutées par les mercenaires du régime des mollahs.
Il y a donc une sorte de solidarité que les Moudjahidine dAchraf ont pu créer en Irak. Une solidarité démocratique qui a sa valeur. Aujourdhui la Cité dAchraf est un symbole non seulement de la libération de lIran, mais aussi de la défense des valeurs humaines, républicaines et démocratiques qui nous concernent tous.
Je pense que vous avez dit lessentiel. Je suis persuadé que la défense dAchraf est le devoir de tout homme digne de ce nom, de tout homme attaché à ces valeurs humaines et démocratiques, qui a un minimum de conscience et de vision davenir, et qui ne veut pas que ses enfants soient en proie à la guerre de religion que le régime des mollahs est en train de lancer.
Vous avez vu les événements du Liban, vous avez vu laide considérable que le régime des mollahs apporte aux mouvements extrémiste au Moyen-Orient pour déstabiliser cette région. Donc aujourdhui lIrak est la scène de plusieurs guerres, où le destin de plusieurs pays se détermine. Dune part la guerre entre le despotisme qui règne en Iran et le peuple iranien, dautre part la guerre du peuple iranien pour accéder à la démocratie et en troisième lieu la guerre entre les mollahs et les Américains.
Donc la présence des Moudjahidine à Achraf est une barrière indispensable pour assurer lavenir de cette région dans le sens de la démocratie. Mettre les Moudjahidine hors de lIrak, cela veut dire abandonner le terrain et, comme le disent les Irakiens eux-mêmes, offrir lIrak sur un plateau dargent au régime des mollahs. Je pense que ce serait une erreur extrêmement grave de la communauté internationale de se prêter à un tel jeu, dautant plus que les instruments juridiques permettent déviter ce désastre humanitaire. Je pense quil nest pas question que les Moudjahidine soient renvoyés en Iran, mais de plus ils ne seront envoyés nulle part. Ils sont là depuis vingt ans et selon la constitution irakienne à partir du moment où on est en Irak depuis plus de cinq ans, on bénéficie de facto du statut de réfugié politique. Il est évident que la défense dAchraf aujourdhui, cest notre devoir à tous. Je suis persuadé que vous mettrez tous les moyens en uvre pour empêcher que les gens dAchraf soient déplacés de cette cité merveilleuse et symbolique.
Je vous remercie.

