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La grève des camionneurs au 7e jour révèle la crise économique en Iran

La grève des camionneurs au 7e jour révèle la crise économique en Iran
Ispahan, centre, Iran — Les chauffeurs routiers, 7e jour de grève – 28 mai 2025

Une nouvelle vague de défiance a déferlé sur l’Iran le 28 mai 2025, alors que des citoyens de divers secteurs exprimaient leur colère contre les politiques économiques paralysantes et la corruption généralisée du régime clérical. En première ligne de ce tollé national, des dizaines de milliers de chauffeurs routiers ont courageusement entamé leur septième jour consécutif de grève nationale, paralysant les principaux axes de transport et soulignant l’aggravation de la crise qui frappe le pays.

Leur action soutenue, conjuguée aux protestations des agriculteurs, des ouvriers du bâtiment, des pêcheurs et des boulangers, dresse le portrait saisissant d’une population poussée au bord du gouffre par une mauvaise gestion systémique et l’indifférence des autorités.

Grève inflexible des camionneurs (7e jour)
La résilience des chauffeurs routiers iraniens est restée intacte le 28 mai. À Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran, et à Malayer, dans l’ouest, les chauffeurs ont célébré leur septième jour de protestation, se rassemblant et exigeant des commissions équitables et des réductions significatives des coûts exorbitants des pièces détachées, des pneus et du carburant.

L’impact a été visible à Ispahan, dans le centre de l’Iran, où les autoroutes proches de l’Exposition internationale étaient désertes, et sur la route reliant Sarpol-e Zahab à Kermanshah, également dépourvue de camions. À Ilam, dans l’ouest de l’Iran, les chauffeurs ont garé leurs véhicules pour protester contre la situation économique désastreuse et les politiques gouvernementales destructrices.

À Bandar Anzali, dans le nord de l’Iran, les routiers ont dénoncé des injustices systémiques, notamment une assurance obligatoire mais inefficace, des subventions aux carburants largement insuffisantes et la flambée des prix des pneus.

La grève s’est étendue à des pôles industriels cruciaux : les chauffeurs routiers de la raffinerie d’Abadan, dans le sud-ouest de l’Iran, ont rejoint l’action nationale pour protester contre la détérioration de la situation économique.

Face à une solidarité croissante, les chauffeurs de pick-up de Neyshabur, dans le nord-est de l’Iran, ont également rejoint la grève, ce qui aurait affecté le transport de marchandises dans 135 villes. Ces chauffeurs, responsables de plus de 90 % du transport de marchandises, sont confrontés à une réalité où les coûts d’exploitation, exacerbés par une inflation galopante et des prix artificiellement élevés du carburant sur le marché libre, dépassent largement leurs revenus, faisant de leur survie un combat quotidien.

D’autres secteurs se joignent à la lutte
La position courageuse des routiers a été reprise dans tout l’Iran par d’autres segments de la société écrasés par les échecs économiques du régime. À Nikshahr, dans le sud-est de l’Iran, les ouvriers du chantier de construction de l’autoroute Chahbahar-Iranshahr se sont mis en grève pour protester contre le non-paiement de deux mois de salaire.

Le secteur agricole, vital pour la sécurité alimentaire du pays, a également connu d’importants troubles. Des milliers de producteurs de blé d’Ahvaz, dans la province du Khuzestan, ont protesté contre le manquement flagrant du gouvernement à payer leur blé livré dans le délai promis de 48 heures, un retard qui s’est maintenant prolongé à un insupportable 48 jours.

Dans le sud de l’Iran, les plaisanciers et les pêcheurs de Bushehr ont manifesté contre les restrictions imposées par le gouvernement à leurs droits historiques de pêche et de commerce. L’un d’eux a déploré : « Nous avons vécu de la mer, maintenant ils veulent nous voler notre pain. »

Pendant ce temps, à Qom, dans le centre de l’Iran, les boulangers ont poursuivi la vague de manifestations commencée la semaine dernière, protestant contre la flambée des coûts d’exploitation, notamment les hausses soudaines des assurances, la hausse des prix de la farine et la stagnation des prix du pain, contrôlés par le gouvernement, qui menacent leurs moyens de subsistance.

Brutalité et intimidation ratées du régime
Face à un mécontentement populaire croissant, le régime iranien a, comme on pouvait s’y attendre, recouru à ses tactiques bien rodées de répression et d’intimidation. Illustrant cette brutalité, le 27 mai, Shahab Darabi, chauffeur routier et blogueur d’Eslamabad-e Gharb, a été violemment arrêté par les forces de sécurité pour avoir simplement exprimé son soutien à la grève nationale des chauffeurs routiers.

Cet acte de répression s’inscrit dans la stratégie globale du régime, comme l’a souligné le CNRI en réponse au sixième jour de grève, où menaces des parquets et des agences de sécurité, intimidations et poursuites judiciaires montées de toutes pièces, ainsi que promesses creuses, ont été déployées dans une tentative avortée de briser la détermination des chauffeurs. La crainte du régime envers les syndicats et la contestation populaire est palpable dans ces réponses musclées.

Les politiques du régime alimentent le soulèvement
Les manifestations qui ont balayé l’Iran le 28 mai ne sont pas des incidents isolés, mais les conséquences directes de la gestion économique catastrophique du régime clérical et de sa corruption profondément ancrée. Des salaires impayés des ouvriers du bâtiment à Nikshahr aux retards de paiement des producteurs de blé d’Ahvaz, en passant par les coûts opérationnels exorbitants des camionneurs à l’échelle nationale et les menaces existentielles pesant sur les pêcheurs de Bushehr et les boulangers de Qom, un point commun se dégage : un système qui enrichit l’élite tout en la mettant dans la misère.

La politique du régime, caractérisée par le pillage des richesses nationales et la priorité donnée aux ambitions idéologiques sur le bien-être public, a creusé un gouffre économique dont les Iraniens ordinaires ne peuvent s’échapper que par la protestation. La diversité des secteurs qui manifestent en une seule journée souligne la nature systémique de cet échec.

Une nation résolue exige le changement
Les manifestations soutenues et croissantes du 28 mai, menées par les chauffeurs routiers en grève comme avant-garde inflexible, envoient un message sans équivoque : le peuple iranien n’est plus disposé à supporter le poids de la dévastation économique et de l’oppression systémique du régime.

L’incapacité persistante du gouvernement à répondre aux revendications légitimes, conjuguée à sa répression brutale de la dissidence, ne fait que galvaniser davantage la résistance. Ces actions ne sont pas de simples appels à l’aide économique, mais se manifestent de plus en plus comme une profonde exigence de changement politique fondamental. La détermination observée dans les rues d’Iran témoigne d’une population qui s’efforce de récupérer sa souveraineté usurpée des mains d’une dictature cléricale corrompue et incompétente, se rapprochant ainsi d’un avenir où sa dignité et ses droits seront restaurés.