vendredi, janvier 27, 2023
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Iran : Il faut mener ce combat pour que la parole de la résistance soit entendue (Mgr Gaillot)

CNRI – « Moi je crois que la cible, c’est cette appellation terroriste et puis cette politique de complaisance. Il faut mener ce combat là pour que la parole de la résistance soit entendue, que les médias s’intéressent à elle et je crois surtout que pour le régime des mollahs, ça sera quelque chose de terrible si la Résistance iranienne enfin est considérée de plein droit par les autorités », a justement affirmé Mgr Jacques Gaillot qui intervenait lors d’une conférence sur la peine de mort en Iran, à la Maison de la Chimie à Paris le 5 octobre, à l’initiative du Comité français contre les exécutions en Iran.

Il était entouré de juristes et de défenseurs des droits de l’homme, comme le Bâtonnier Gilles Paruelle, le député maire de Montreuil Jean-Pierre Brard, le Dr Saleh Radjavi représentant du CNRI en France, Me Daniel Jacoby ancien président de la FIDH, Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH, Pierre Bercis, président des Nouveaux Droits de l’Homme, Mme Anissa Boumediene,  écrivain et islamologue, et Me Reza  Rohani, président de la commission des Minorités au CNRI.

Voici un extrait de son intervention :

Nous sommes ici un public convaincu des droits humains, tout ce qui se dit ici on l’approuve, nous ne parlons pas pour ceux qui ne sont pas là. C’est ça le problème. Ce film est pour nous, mais qui va le voir? Je pense toujours à ceux qui ne sont pas là et qui ne sont pas au courant de ce qui se passe en Iran. Nous sommes un petit groupe d’informés. Moi aussi j’ai été sensible comme vous à ces deux derniers visages du film d’hommes jeunes, sereins, souriants, alors qu’il y avait d’autres visages à cotés qui étaient inquiets. Ce sont des visages qui sont habités par la paix et qui sont conscients de leur combat juste, digne. Ils savent pourquoi ils vont mourir. Au fond, leur vie on ne leur prend pas. Il y a longtemps qu’ils ont donné leur vie. Leur vie on ne leur prend pas, c’est eux qui la donnent et ils savent que leur sacrifice n’est pas inutile. Donc c’est une leçon qu’ils nous donnent sur la manière de conduire notre vie, les choix qu’on fait, les luttes qu’on mène et ils savent que ce chemin là ne conduit pas à la mort.

Il y a quelque chose qui m’intéresse en pensant à ceux du dehors et qui ne sont pas informés. Je pense que la cible principale, c’est de faire que cette appellation terroriste soit enlevée à la résistance iranienne, parce que c’est comme un boulet que l’OMPI traîne partout et tant qu’elle sera enchaînée par ce boulet, elle ne sera pas écoutée. Sa parole sera affaiblie. Les médias ne s’intéresseront pas à elle. C’est ça qui pèse beaucoup sur la résistance. Et je crois que cette étiquette de terroriste permet  au régime des mollahs de justifier de l’exécution de ces adversaires. On donne de l’eau au moulin au régime des mollahs. Il faut que le combat se mène là.

Et je crois aussi que il y a les intérêts économiques. Je pensais en vous écoutant à ce que disait Clemenceau. Un jour Clemenceau a dit : aujourd’hui une goutte de pétrole vaut une goutte de sang. Oui et la présidente Maryam Radjavi disait l’autre jour à Strasbourg, en parlant des États de l’Europe : à cause des intérêts économiques, pourquoi mettez-vous un genou à terre devant les mollahs. Oui, cette politique de complaisance, il faut absolument dénoncer cette politique de complaisance où on fait les yeux doux au régime des mollahs. Tout ça à cause d’intérêts économiques. C’est notre rôle de le dire, d’intervenir auprès de gens importants, de responsables politiques, parce que c’est comme ça qu’on pourra défendre vraiment les droits humains, tant qu’on défendra les droits humains.

Je crois que ce n’est pas cela qui fera avancer les affaires. Nous sommes convaincus qu’il faut être contre la peine de mort, mais ce n’est pas le fait d’être convaincu qui fera avancer la chose. Moi je crois que la cible, c’est cette appellation terroriste et puis cette politique de complaisance. Il faut mener ce combat là pour que la parole de la résistance soit entendue, que les médias s’intéressent à elle et je crois surtout que pour le régime des mollahs, ça sera quelque chose de terrible si la Résistance iranienne enfin est considérée de plein droit par les autorités. Alors je sais bien qu’on ne peut pas changer la direction du vent, mais on peut au moins ouvrir une fenêtre.

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