jeudi, décembre 1, 2022
AccueilActualitésActualités: NucléaireIran: Il et temps que l’occident fasse preuve de fermeté

Iran: Il et temps que l’occident fasse preuve de fermeté

Iran: Il et temps que l’occident fasse preuve de fermeté (Lord Fraser)     Des sanctions globales, pas la guerre, freineront les extrémistes et enverront un message de soutien au peuple iranien, écrit Lord Fraser*

The Scotsman – En août 2002, après 18 ans de tromperies sur son programme nucléaire clandestin, les mollahs ont été dénoncés par leurs principaux opposants. Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), dirigé par Maryam Radjavi, a révélé deux sites nucléaires secrets des mollahs pour enrichir de l’uranium et produire du plutonium dans les villes de Natanz et Arak.

Le coup de départ a été tiré dans la course entre les mollahs pour acquérir des armes nucléaires et l’occident pour tenter de les empêcher. Comment ces mollahs retors ont-ils réussi à laisser l’occident dans les starting blocks, alors qu’ils sont pratiquement touché la ligne d’arrivée ?

Téhéran avait un plan de jeu rusé. Une fois son programme nucléaire révélé, le régime iranien s’est lancé dans la dernière ligne droite vers les armes atomiques. Avec une population agitée, dont 94 % sont opposés aux mollahs, et pris en tenailles par les troupes de la coalition à ses frontières occidentales et orientales, les dirigeants de Téhéran voient dans les armes atomiques le seul moyen de maintenir leur pouvoir dans le pays et d’étendre leur intégrisme islamique hors des frontières iraniennes.

Pour achever leurs projets nucléaires, cependant,  les mollahs savaient que le temps serait essentiel. Ils se sont donc embarqués dans une double politique étrangère. D’une part, les mollahs, négocient avec l’occident en agitant la carotte de contrats commerciaux de milliards de dollars, et d’un autre, ils tapent sur l’occident avec le bâton du terrorisme, de la manière la plus efficace en Irak.

La réaction de l’occident a été au mieux faible – une politique de « complaisance » avec Téhéran, poursuivie avec ténacité par l’Union européenne. Ses partisans espéraient qu’en donnant au régime iranien des concessions et en lui offrant un éventail d’avantages, ils renforceraient les soi-disant modérés.

C’est ainsi que l’Union européenne a offert à l’Iran un accord de commerce et de coopération, et qu’elle a promis de soutenir la candidature de ce pays à l’Organisation mondiale du commerce.

L’UE a aussi accédé à la demande de Téhéran de proscrire l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), la plus grande organisation membre du CNRI.

Cet engagement, parfois qualifié de "complaisance", était bien sûr voué à l’échec, parce qu’il reposait sur deux idées fausses fondamentales : tout d’abord celle que le régime iranien est capable de modération et qu’il le veut. Ensuite, que le régime en Iran peut être convaincu d’abandonner son programme nucléaire. Cette approche erronée a plongé le monde dans la crise que nous vivons.

Plutôt que de renforcer les soi-disant réformateurs et le processus de réforme en Iran, ce sont les radicaux qui ont  pris le contrôle de tout. Le président de l’Iran parle désormais de détruire Israël et d’une “guerre finale” entre le monde musulman et “l’arrogance mondiale”.

Les mollahs retors ont conclu toute une variété d’accords avec l’Union européenne sur leur programme nucléaire, tout en sachant qu’ils n’auraient aucune intention d’en respecter les termes, seulement pour gagner du temps.

Mais même lorsque l’Iran viole ouvertement les accords signés avec l’UE en août 2005, il a fallu huit mois à pour trouver le courage d’envoyer le dossier iranien au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Et même là, le Conseil a publié une déclaration  présidentielle le 29 mars 2006, donnant à l’Iran un nouveau délai de 30 jours pour se soumettre. 

Quelle a été la réponse de l’Iran ? Il a identifié 29 sites aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne qu’il a menacé d’être la cible des kamikazes si l’Iran était provoqué, et a testé son premier missile furtif capable de transporter des ogives multiples et un missile sous-marin capable de détruire des sous-marins et des navires de guerre.

Le 11 avril, le président Mahmoud Ahmadinejad s’est targué de ce que l’Iran avait rejoint le club nucléaire en ayant complété son cycle du combustible avec l’enrichissement de l’uranium. Qui plus est, la date limite d’avril étant passée, l’Agence internationale de l’énergie atomique a rapporté que l’Iran avait ignoré les demandes du Conseil de Sécurité  de l’ONU et avait à la place accéléré son programme nucléaire.

J’ai été dès le départ enthousiasmé par le dialogue et la complaisance avec Téhéran, mais je me suis repenti depuis. La complaisance a misérablement échoué et nous a amené au bord d’une guerre potentiellement dévastatrice. 

Cependant, la guerre n’est pas une réponse, pas plus que la poursuite du statu quo. A la place, la solution aux menaces des mollahs pour la paix et la stabilité dans le monde repose fermement dans les mains du peuple iranien et de sa principale opposition.

L’époque des négociations avec Téhéran est révolue. L’Occident doit immédiatement adopter une politique vigoureuse vis-à-vis des mollahs en mettant en place des sanctions générales, notamment un embargo en pétrole, en armes et en technologie, le gel de ses avoirs à l’étranger et des restrictions de voyages aux autorités iraniennes.

Ce serait la première étape pour envoyer le bon message aux Iraniens qui souffrent depuis si longtemps, que nous sommes de leur côté et pas de celui de leurs oppresseurs. Le second pas serait de retirer la marque injuste de terroriste de l’OMPI, supprimant par là même le plus grand obstacle à un changement démocratique en Iran.

* Lord Fraser of Carmyllie, Conseiller de la Couronne, a été conseiller juridique de la Couronne et procureur général d’Ecosse

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe