vendredi, février 3, 2023
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Iran : Huit hommes clés de la répression sanctionnés par les Etats-Unis

Les huit hommes-clés du régime sanctionnés par les USA pour violations des droits de l'hommeCNRI – La nouvelle série de sanctions américaines touchant huit hauts responsables du régime iranien pour violations des droits de l’homme, attaque pour la première fois la dictature religieuse non pas pour avoir porté atteinte à des intérêts ou des ressortissants étrangers, mais bien pour les crimes qu’elle commet depuis 30 ans contre la population iranienne. Et les huit individus visés sont huit hommes clés du premier cercle de Khamenei, le guide suprême des mollahs, et d’Ahmadinejad, son président. Loin d’être des nouveaux au sein du sérail, ils sont des piliers du système, à savoir l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme, et surtout de la répression interne. La Résistance iranienne ne cesse de demander la mise en place d'un tribunal international pour juger ces responsables coupables de crimes contre l'humanité.

Il s’agit de Mohammad Ali-Jafari, commandant en chef du corps des gardiens de la révolution, Sadegh Mahsouli, ex-ministre de l’Intérieur et actuel ministre des Affaires sociales, Gholam-Hossein Mohseni Eje’i, procureur général du pays et ancien ministre du Renseignement, Saïd Mortezavi, ancien procureur général et de la révolution de Téhéran, Heidar Moslehi, ministre du Renseignement, Mostafa Mohammad-Najar, ministre de l’Intérieur et vice-commandant en chef des forces armées au sein des forces de sécurité, Ahmad-Reza Radan, vice-commandant en chef des forces de sécurité, et Hossein Ta’eb, n°2 du renseignement du corps des pasdaran et ancien commandant de la milice du Bassidj.

On peut s’en rendre compte à la lecture de ces quelques biographies :

Mostafa Mohammad-Najjar, ministre de l’Intérieur et vice-commandant en chef des forces armées au sein des forces de sécurité: officier supérieur des pasdaran, dirigeait le corps expéditionnaire des gardiens de la révolution au Liban quand le 23 octobre 1983 un kamikaze a fait sauter la garnison des Marines. Najjar a rejoint les gardiens de la révolution peu après leur formation en 1979, quelques jours après l’arrivée au pouvoir de Khomeiny. Il a fait presque immédiatement partie de la campagne sanglante de répression du soulèvement kurde en 1979.  Dès son retour à Téhéran, il devient officier d’état-major au QG de commandement central des gardiens de la révolution. Ses états de service au début de la guerre Iran-Irak en 1980 lui valent une promotion rapide qui reposait davantage sur la loyauté idéologique que sur le savoir militaire. Les pasdaran ont mis sur pied une direction du Moyen-Orient dont Najjar, qui parle couramment arabe, prend la tête. La zone d’opération de la direction du Moyen-Orient comportait le Liban, Israël, les territoires palestiniens, la Jordanie et les Etats du Golfe Persique. Il y reste jusqu’en 1985. Durant toutes ces années, les gardiens de la révolution ont développé leur présence et leur influence au Liban, à la fois directement et à travers leurs agents, et ont établi des liens actifs avec des groupes palestiniens et arabes radicaux de la région. Ses forces ont également développés leur présence clandestine chez les voisins méridionaux de l’Iran, comme le Bahreïn, le Koweït et l’Arabie Saoudite. En 1985Najjar devient le patron de l’organisation des industries militaires des gardiens de la révolution et développe ensuite les « super-mortiers » de 320 mm qui auraient dû être utilisés par la force terroriste Qods dans des opérations terroristes en Europe et au Moyen-Orient.  Ahmadinejad est un proche allié de ce haut commandant qui a joué un rôle crucial dans sa victoire à l’élection présidentielle. Il en fait d’abord son ministre de la défense, puis celui de l’Intérieur.

Mohammad Ali Jafari (alias Aziz Jafari), commandant en chef du corps des gardiens de la révolution : vétéran du corps des pasdaran, l’armée idéologique du régime, figure dès le début de la guerre Iran-Irak au nombre des commandants opérationnels. Après le cessez-le-feu en 1988 et 1991, il a suivi des cours à l’université Imam Hussein. Parallèlement, il est devenu commandant des opérations des forces terrestres des pasdaran. Jafari fait partie du cercle rapproché de Khamenei et compte parmi les 42 commandants qui le 9 juillet 1999 qui avaient écrit à Khatami, à l’époque président des mollahs, pour protester contre l’absence de répression des étudiants qui s’étaient révoltés et menacer de s’en charger. De 1995 à 2005 il est commandant des forces terrestres des pasdaran, titre qu’il a conservé quand il a pris le commandement de la garnison Sarollah le 8 octobre 2008 chargée de la répression de la capitale. Le 20 août 2005, sur ordre de Khamenei, Jafari prend du commandement central de pasdaran. Le 1 septembre 2007, il est nommé par Khamenei à la tête du corps des pasdaran et passe de général de brigade à celui de division. C’est un proche de Khamenei qui au centre de commandement a défini la menace intérieure comme la plus grave dirigée contre le système. En 2009, il met cette ligne en application avec le nouveau mandat d’Ahmadinejad et la répression du soulèvement.

Gholam-Hossein Mohseni Eje'i, procureur général du pays et ancien ministre du Renseignement, possède un bilan sulfureux d'atrocités commis durant les 26 dernières années, y compris pour son rôle dans la condamnation à mort de milliers de prisonniers politiques lors de procès minutes dans un tribunal révolutionnaire qu’il présidait comme juge religieux. Il a représenté le Bureau du procureur de la révolution au ministère des Renseignements et a joué un rôle actif dans les années 1980 dans l'arrestation et l'exécution massive des opposants.  En 1998, il a été nommé procureur du tribunal spécial du clergé, où il a participé à la condamnation, l'emprisonnement et l'exécution de centaines de membres dissidents du clergé. Mohseni Eje'i a aussi été directement impliqué dans "les meurtres en série" où il lançait des fatwas de meurtre. Il a été le ministre du Renseignement durant le premier mandat d’Ahmadinejad.

Seyed Sadegh Mahsouli, ex-ministre de l’Intérieur et actuel ministre des Affaires sociales: a passé la plupart de sa carrière dans l’appareil de sécurité et militaire de la théocratie. Il a été pendant quelques temps chef d’état-major de Mohsen Rezaï, quand ce dernier était le commandant en chef du corps des gardiens de la révolution.  Dans un régime où la plupart des hauts responsables sont liés par des liens familiaux, Mahsouli est le beau-frère d’Ali Akbar Velayati l’ancien ministre des affaires étrangères et désormais conseiller en chef de politique étrangère d’Ali Khamenei ; le guide suprême des mollahs.  Dans les années 80, Mahsouli commandait le cinquième district des gardiens de la révolution, qui couvrait une région très dense de l’Iran située au nord-ouest avec les provinces stratégiques de l’Azerbaijan de l’est et de l’ouest. Sous son commandement, les pasdaran ont mis fin aux manifestations anti-gouvernementales dans ces deux provinces, qui ont une longue histoire d’activisme politique. Mahsouli a été pendant quelque temps le commandant de la sixième division spéciale des pasdarans, une force d’élite dont les unités étaient envoyées dans des zones à problèmes pour s’occuper des manifestations hostiles au pouvoir. Il a aussi servi comme vice-ministre de la défense pour la planification militaire. Il connait Ahmadinejad depuis l’université, où ils étaient ensemble membres de la milice. Il a été ministre de l’intérieur d’Ahmadinejad et sert actuellement de paradoxal ministre des Affaires sociales, dans un pays où 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté et où la prostitution et la drogue sont des fléaux nationaux.

 

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