jeudi, juillet 25, 2024
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Le journal du Dimanche révèle le rôle du régime iranien dans la diplomatie des otages et le ciblage de l’OMPI

La récente libération de l’otage français Louis Arnaud des prisons iraniennes a pris une tournure controversée, selon le Journal du Dimanche. L’hebdomadaire affirme que la libération d’Arnaud n’était pas un simple acte de bonne volonté de la part de Téhéran mais une décision calculée dans le cadre d’une stratégie politique plus large, soulignant le recours persistant du régime iranien à la diplomatie des otages.

Arnaud, un consultant de 35 ans, a été arrêté en Iran en septembre 2022, accusé d’avoir participé à des manifestations contre la mort de Mahsa Amini. Sa libération, annoncée par le président Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux mercredi dernier, a été chaleureusement accueillie partout en France. Cependant, le Journal du Dimanche suggère que cette libération était conditionnée à une concession importante du gouvernement français : l’inspection des installations appartenant à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK), un groupe qui constitue une menace importante pour le régime iranien.

Selon la publication, le 12 juin à 15 heures, une inspection coordonnée a eu lieu dans les locaux de l’association « Sima » à Saint-Ouen-l’Aumône, impliquant policiers, gendarmerie et agents spécialisés. L’opération a abouti à l’arrestation de trois bénévoles de l’association, qui ont ensuite été placés en détention administrative.

Le Journal du Dimanche souligne une coïncidence troublante. Quelques heures seulement après que les autorités françaises ont mené leurs recherches, Kazem Gharibabadi, adjoint au pouvoir judiciaire du régime, a félicité la police française pour son opération contre les « terroristes » de l’OMPI. Il a souligné que le régime iranien suivait de près l’opération en direct, ce qui montre l’intérêt direct de Téhéran dans le raid.

Pire encore, l’agence de presse Tasnim, étroitement affiliée à la Force Qods des Gardiens de la révolution, a faussement rapporté que le raid avait permis de découvrir plusieurs armes dans les locaux de l’OMPI. Cette affirmation a été rapidement démentie par une source policière française, qui a déclaré : « Aucune arme n’a été trouvée sur les lieux ». L’hebdomadaire souligne à quel point de telles inventions des médias d’État iraniens visent à discréditer l’OMPI et à servir les besoins de propagande du régime.

Le Journal du Dimanche s’interroge sur le timing des événements, suggérant un échange politique délibéré. En une journée, Arnaud a été libéré et les installations de l’OMPI ont été inspectées, alimentant par inadvertance la propagande iranienne. Interrogé sur cette potentielle contrepartie, le ministère français de l’Intérieur s’est refusé à tout commentaire.

Pour compliquer encore davantage le récit, l’OMPI a souligné un article du Monde publié trois jours seulement avant la libération d’Arnaud. L’article, intitulé « Nous sommes les enfants soldats des Moudjahidine du peuple d’Iran », a été perçu par l’OMPI comme une campagne délibérée de diffamation. Selon Alaeddin Touran, membre de l’OMPI, Le Monde a envoyé un questionnaire à l’organisation seulement 48 heures avant la publication de l’article.

Le Journal du Dimanche évoque « l’Association Nejat », un groupe de pression lié au régime iranien, qui a salué l’article du Monde sur les réseaux sociaux. La diffusion enthousiaste de l’article par ce groupe souligne les efforts en cours pour saper la crédibilité de l’OMPI en Occident.

Cet incident fait partie d’une stratégie de longue date du régime iranien, qui utilise la prise d’otages comme outil de négociation politique depuis les années 1980. L’hebdomadaire souligne comment le régime exploite ces tactiques pour obtenir des concessions politiques de la part des gouvernements occidentaux, un processus qui continue de jeter une ombre sur les relations diplomatiques.