AccueilActualitésActualités: Droits humainsLa Voix du Nord : Djavad Réjai, iranien exilé, veut une élection...

La Voix du Nord : Djavad Réjai, iranien exilé, veut une élection libre dans son pays

La Voix du Nord – Par Sophie Filippi-Paoli – Opposants en exil au régime des mollahs iraniens, les Moudjahidin du peuple viennent d’être innocentés après avoir été accusés de terrorisme en 2002. Soutien actif du mouvement, le patron nordiste Djavad Réjai se réjouit.

Totalement innocentés. Les dernières accusations portées à l’encontre des Moudjahidin du peuple, opposants au régime iranien basés à Auvers-sur-Oise, viennent de tomber. Accusés en 2002 d’être « une secte parmi les plus cruelles d’islamistes intégristes » par Nicolas Sarkozy avec à la clé 170 Iraniens interpellés, l’organisation est totalement blanchie. Les accusations criminelles se sont éteintes et les présumés délits financiers viennent de s’effondrer. Le juge Marc Trévidic a conclu à un non-lieu général.

Soutien actif du mouvement, en France depuis 1992, Djavad Réjai a créé une entreprise de sous-traitance en tôlerie à Hellemmes, près de Lille, et chapeaute les ventes de deux entreprises belges. Pour lui, ce non-lieu est une victoire de la justice, même si le mouvement a perdu beaucoup de temps et d’argent : « Cette accusation est tombée pendant que la France renouait des liens avec l’Iran. Il y a eu un grand barnum médiatique alors que notre combat est pour la liberté. On demande simplement une élection libre et une meilleure place des femmes dans la société. » Certes, le mouvement a été armé, avec une base en Irak, mais il ne l’est plus : « On veut renverser ce régime injuste, on ne veut pas prendre le pouvoir. »

 Yeux brillants, érudit, Djvad Réjai a quitté l’Iran après le massacre d’une partie de sa famille et neuf ans de prison : « J’ai été torturé, violé… » Par peur des représailles, il donne peu de détails sur le nombre de résistants dans la région et les aspects concrets de son soutien. On saura juste qu’il participe au rassemblement qui réunit des milliers de personnes à Villepinte chaque année et qu’il est en contact permanent avec le Conseil national de la résistance iranienne.

« Comme nous sommes reconnus, nous allons pouvoir user de tous les moyens démocratiques mis à notre disposition pour la liberté en Iran, pour qu’il n’y ait plus d’exécutions publiques. » Très actif sur les réseaux sociaux, Djavad Réjai, qui est aussi en contact avec des Iraniens, souligne : « On sent qu’il y a une révolte qui n’était pas là avant. »