Par David E. SANGER
The New York Times, 9 septembre – Un groupe d’opposants qui a déjà révélé l’existence de plusieurs sites nucléaires secrets en Iran a affirmé jeudi qu’il avait la preuve que le pays construisait une autre usine d’uranium secret d’enrichissement.
Le groupe, les Moudjahidine du peuple d’Iran, a montré des photographies par satellite d’une vaste opération de creusement de tunnel à proximité d’une garnison militaire au nord-ouest de Téhéran. Mais le groupe n’avait pas de photos de l’intérieur et aucune preuve pour étayer son affirmation selon laquelle le site est prévu pour contenir plusieurs milliers de centrifugeuses, machines utilisées pour enrichir du combustible nucléaire à des fins de production d’énergie ou des armes. L’administration Obama, qui a publiquement révélé des preuves il y a un an d’une installation nucléaire cachée près de la ville sainte de Qom, a réagi prudemment à l’annonce du groupe.
Ces derniers mois, des autorités ont déclaré qu’ils n’avaient aucune preuve sur une autre usine d’enrichissement, mais ont exprimé des doutes sur un certain nombre de tunnels profonds construits dans des collines ou des montagnes. Un officiel du gouvernement américain a déclaré que les documents venant des Moudjahidine du peuple, remis aux autorités américaines cette semaine, exigeait un examen attentif.
Une nouvelle usine d’enrichissement, si elle existait, pourrait exacerber les soupçons sur l’Iran qui tenterait de se soustraire aux inspections internationales pour trouver un autre moyen de produire du combustible servant à une bombe. Mais il y a d’autres explications possibles pour une installation souterraine, y compris un emplacement pour stocker des armes classiques.
Le groupe d’opposition en exil a une histoire longue et tendue avec le gouvernement des États-Unis, et il a appelé ouvertement à un changement de gouvernement en Iran. Mais il révélé avec précision l’existence du principal centre d’enrichissement nucléaire souterrain de Natanz, et celle de l’installation de Qom, qui est encore en construction. Les deux sont maintenant régulièrement visités par les inspecteurs nucléaires internationaux.
D’autres allégations du groupe, a noté un responsable américain jeudi « ne se sont pas avérées aussi précises ».
Alireza Jafarzadeh, un porte-parole du groupe, a présenté des photographies satellites du site suspect, près de Qazvine, à la presse à Washington. Son groupe a donné au site le nom de Behjatabad-Abyek, du nom des villes voisines. « Cela entre certainement dans le cadre du programme secret d’armement », a-t-il dit.
Avec Soona Samsami, qui a joué un rôle dans la révélation d’un site secret à Téhéran où les inspecteurs ont découvert par la suite l’Iran fabriquait secrètement des centrifugeuses, ils ont avancé que certaines des entreprises impliquées dans la construction des installations de Qom ont été impliquées dans ce projet. Cependant M. Jafarzadeh a déclaré qu’il ne pouvait pas identifier les sources de ses informations à l’intérieur du pays par crainte de compromettre leur sécurité.
L’Iran a déclaré envisager de construire dix sites d’enrichissement de nouvelles capacités de production, beaucoup plus que ce dont il aurait besoin pour son projet naissant de centrales nucléaires. Selon les règles de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran serait obligé de révéler les plans de construction bien à l’avance ; les Iraniens disent qu’ils ne veulent plus souscrire à cette disposition de la réglementation de l’Agence.
L’agence pourrait exiger d’avoir accès à la nouvelle installation, mais on ne sait pas si les Iraniens permettraient une telle inspection.

