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Comment cela se fait-il qu’Ahmadinejad est toujours le président de l’Iran?

Par Ali-Reza Jafarzadeh
11 mai 2012 – Mc Clatchy Newspapers – L’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA) a annoncé le 28 avril dernier qu’elle reprendrait les discussions avec l’Iran les 14-15 mai, les premières en deux mois depuis que la dernière rencontre sur les inquiétudes concernant les activités nucléaires de Téhéran s’est achevée sur un échec.

L’AIEA veut que l’Iran aborde les questions soulevées dans son rapport de novembre détaillant la recherche et les activités de développement iraniennes concernant la fabrication d’armes nucléaires.
Début avril, après une suspension d’une année, le groupe appelé P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies plus l’Allemagne) a entamé des négociations pendant une journée avec la délégation du régime iranien à Istanbul.

Les discussions sur le programme nucléaire de l’Iran ont encore une fois repris, ravivant l’espoir que cette crise internationale serait résolue par des manœuvres diplomatiques. Certains font toujours part d’optimisme quant au succès possible de ces pourparlers. La notion de succès pour l’Occident, bien sûr, correspond à un arrêt du programme d’enrichissement nucléaire de l’Iran. Téhéran, au contraire, cherche à ce que les sanctions imposées par l’Occident soient levées.

« Une des questions qui devraient être prise en considération et qui constitue la demande du peuple iranien, est le retrait des sanctions. », a déclaré Saïd Jalili, l’émissaire nucléaire du régime iranien, après les pourparlers. Téhéran espérait atteindre cet objectif sans rien concéder, certainement pas en ralentissant, et encore moins en arrêtant sa poursuite pour l’armement nucléaire.
Les dernières informations obtenues par la principale opposition iranienne, les Moudjahidine du Peuple (OMPI), qui a été la première à dévoiler le programme nucléaire du régime, révèlent que le régime a en réalité significativement augmenté les activités de l’entité en charge du développement d’armes nucléaires. La secrète Nouvelle Organisation de Recherche de la Défense (connue par son acronyme persan SPND) mène des recherches et des tests sur des têtes et des détonateurs nucléaires, entre autres choses.

Selon les dernières informations de l’OMPI, les activités d’enrichissement d’uranium sur le nouveau site de Fordow, caché profondément dans les montagnes près de Qom, sont étroitement surveillées par les experts travaillant au SPND, révélant les intentions pas si bienveillantes du régime qui étaient la raison d’être de la construction de Fordow.
Clairement, le principal objectif de Téhéran à Istanbul était de continuer à faire traîner le processus. Afin d’accomplir cela, tout ce qu’il avait à faire était d’accepter une seconde série de pourparlers sans procéder à aucun engagement concret. Téhéran a réussi – la prochaine série de pourparlers est fixée au 23 mai à Bagdad.

L’Histoire nous instruit en fait, et série après série, année après année de pourparlers stériles nous persuadent en fait de pessimisme concernant les réelles chances de succès pour la série actuelle des négociations. Depuis plus d’une décennie, depuis que les opposants iraniens ont dévoilé en premier le programme nucléaire du régime, les administrations américaines successives ont exprimé leur espoir, et des attentes ont été soulevées, quant à des pourparlers diplomatiques avec le régime iranien. À chaque fois, Téhéran a anéanti ces espoirs.

De nombreuses séries de mesures incitatives ont été offertes pour persuader Téhéran de mettre un terme à l’enrichissement d’uranium. Que cela soit sous l’administration du président « modéré » Mohammad Khatami à la fin des années 1990, ou sous celle de son successeur, l’ « intransigeant » Mahmoud Ahmadinejad, aucune n’a réussi.
Après l’échec de l’AIEA à obtenir des réponses de la part du régime en 2007, les États-Unis et leurs alliés européens ont encore une fois essayé de sauver les pourparlers en promettant des relations économiques complètement normalisées ; Téhéran a repoussé leur généreuse proposition.

Lorsque Barack Obama est entré en fonction en 2009, l’Iran enrichissait déjà l’uranium à un taux de 3,5%. Pourtant, le président Obama a ranimé les espoirs de négociations. Trois ans après, Téhéran enrichit l’uranium à 20% et possède assez d’uranium enrichi pour fabriquer quatre armes nucléaires, une fois avoir maitrisé la technique. En lieu d’une solution pacifique, le spectre de la guerre se fait plus grand à l’horizon.

Indubitablement, la leçon de l’Histoire nous apprend à prendre note de la tendance : le régime iranien a favorablement accueilli les négociations à chaque fois uniquement pour défléchir la pression et gagner du temps. Si l’Occident cherche à empêcher une bombe iranienne ou un bombardement de l’Iran, il doit prendre conscience que l’engagement n’est pas une option. Le temps est définitivement arrivé pour un changement fondamental de politique.

Dans un discours présentant le président américain Barack Obama lors du Mémorial de l’Holocauste, le lauréat du Prix Nobel de la Paix et survivant de l’Holocauste Elie Wiesel a déclaré : « Avons-nous appris quelque chose ? » Nous devrions nous joindre à lui pour demander : « Comment se fait-il que le premier négationniste de l’Holocauste Ahmadinejad est toujours président ? »
Le président Obama a une occasion historique à la fois d’éviter de terribles issues en changeant la donne et de tendre la main au peuple iranien et à son opposition organisée. La question nucléaire doit être confrontée dans le paysage plus étendu de la crise iranienne. Seul le changement de régime par le peuple iranien offre une solution valable et durable. Plus d’une centaine de membres du Congrès ainsi que des dizaines d’éminents anciens responsables pensent que la mise à l’index de l’opposition OMPI, un geste de bonne volonté envers Téhéran, aurait dû être supprimée depuis longtemps.

Le temps presse. Le Printemps arabe a révélé toute la puissance des peuples opprimés. Les États-Unis doivent se concentrer sur le peuple iranien et leur opposition organisée comme la clef pour construire un Iran libre, démocratique et non-nucléaire. Il s’agit du moyen le plus sûr pour sauver une solution pacifique et éviter d’entrer en guerre.

Concernant l’auteur
Ali-Reza Jafarzadeh est l’auteur de La Menace de l’Iran : le Président Ahmadinejad et la Prochaine Crise Nucléaire. Il a dévoilé les sites nucléaires à Natanz et Arak en 2002, ce qui a déclenché les inspections de l’AIEA des sites nucléaires iraniens.

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