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Éditorial : Au centre de l’obsession nucléaire de Téhéran

Éditorial : Au centre de l’obsession nucléaire de Téhéran
Une cascade de centrifugeuses sur le site nucléaire de Natanz, dans le centre de l’Iran

Alors que les négociations entre l’Iran et les États-Unis sur le programme nucléaire de Téhéran continuent de reprendre, de stagner ou de changer d’appellation sous diverses formes, une réalité demeure inchangée sous la surface diplomatique : le régime iranien ne peut et ne veut pas renoncer à ses ambitions nucléaires. Toute apparente flexibilité ou rhétorique sur les « droits nucléaires pacifiques » n’est qu’une façade calculée destinée à préserver ce qui est au fondement même de la stratégie de survie du régime clérical.

L’insistance sur l’enrichissement de l’uranium, souvent présentée comme un droit national, ne repose ni sur la politique énergétique ni sur la fierté technologique. Il s’agit d’une tromperie stratégique. Derrière le masque d’intentions pacifiques se cache un régime déterminé à maintenir sa capacité à fabriquer une bombe nucléaire. Pourquoi ? Car l’existence même du régime repose sur trois piliers fondamentaux : la répression interne, la guerre régionale menée par des milices interposées et la quête d’armes nucléaires comme assurance existentielle. Le programme nucléaire agit comme une assurance-vie.

Ce n’est pas une simple théorie. Le régime a ouvertement admis sa nécessité de mener la guerre au-delà de ses frontières pour prévenir des troubles sur son territoire. « Si nous ne combattons pas en Syrie, en Irak et à Gaza, nous devrons combattre à Téhéran », a lancé Khamenei dans un avertissement célèbre. Le dossier nucléaire, tout comme le programme de missiles et les milices régionales, est un instrument de projection de puissance, de répression de la dissidence et de dissuasion de la pression internationale.

L’emprise régionale du régime s’est déjà effritée. Avec la chute de Bachar el-Assad en Syrie et l’affaiblissement croissant des forces interposées de Téhéran, l’un des principaux piliers de l’influence régionale du régime s’est effondré. Perdre un autre pilier, son influence nucléaire, équivaudrait à avaler un cadeau empoisonné, une étape que le régime redoute, sachant qu’elle affaiblirait l’hégémonie de Khamenei et pourrait ainsi déclencher une nouvelle vague de soulèvements en Iran.

En effet, renoncer à l’enrichissement serait plus qu’une concession diplomatique. Pour le régime, ce serait une renonciation symbolique à l’un de ses derniers outils pour imposer son influence dans la région et prendre le monde en otage afin de faire taire ses activités malveillantes dans la région et au-delà. Ce serait un signe de faiblesse. Et dans un pays où des manifestations ont éclaté dans 280 villes, où les slogans « À bas le dictateur » résonnent depuis des années, le moindre signe de vulnérabilité pourrait attiser les flammes du soulèvement.

De plus, le régime serait confronté à une formidable réaction interne de la part de dizaines de millions d’Iraniens pauvres, dont les moyens de subsistance ont été sacrifiés au profit d’un programme nucléaire néfaste qui a drainé plus de deux mille milliards de dollars des caisses de l’État, soit deux fois le coût de la guerre dévastatrice Iran-Irak qui a duré huit ans.

Ce n’est pas un hasard si le régime lie si étroitement sa survie à sa capacité nucléaire. Face à des dissensions internes persistantes et à la désintégration de son pouvoir, le régime a besoin de l’illusion de sa force, qui repose sur ses capacités de guerre et la perception de ses prouesses nucléaires.

Il est donc clair que le régime clérical n’abandonnera jamais son programme nucléaire. Il ne s’agit pas d’une simple question de politique, mais du pilier de sa stratégie de survie. L’érosion de son influence régionale, la défaite de son réseau de mandataires et la menace croissante de soulèvements intérieurs n’ont fait qu’accroître la dépendance des religieux à la capacité nucléaire comme outil de dissuasion et de contrôle. Espérer que Téhéran puisse faire des compromis sous la pression ou négocier de bonne foi est une dangereuse illusion. Des décennies d’engagement ont montré que chaque concession ne fait qu’alimenter l’agression du régime et prolonger son emprise sur le pouvoir.

La véritable voie vers la non-prolifération en Iran ne passe pas par des concessions politiques ou économiques. La pression politique et les sanctions économiques sont importantes, mais en fin de compte, la véritable voie vers la non-prolifération passe par un changement de régime de l’intérieur, mené par le peuple iranien et sa Résistance organisée, capable de garantir un avenir exempt de chantage nucléaire, de déstabilisation régionale et de tyrannie intérieure. Toute autre solution ne ferait que préserver le statu quo : un régime armé de centrifugeuses et de missiles, gouvernant par la peur à l’intérieur et par l’agression à l’extérieur.