jeudi, décembre 1, 2022
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Pourquoi la propagande de Téhéran met l’accent sur l’OMPI au milieu de la révolution iranienne

Pourquoi la propagande de Téhéran met l'accent sur l’OMPI au milieu de la révolution iranienne

Depuis plus de 50 jours, des protestations incessantes ont ébranlé le régime des mollahs en Iran. Comme dans tous les soulèvements précédents, cette fois encore, les griefs publics se sont à nouveau transformées en appels à un changement de régime.

Le peuple s’est montré déterminé à continuer jusqu’à ce que ceux qui sont au sommet du régime soient renversés. À cette fin, ils ont défié une répression brutale et ininterrompue qui a fait des centaines de morts, des milliers de blessés et des dizaines de milliers d’arrestations ou de disparitions. Cette répression a été renforcée, sans grand effet, par une série de rassemblements organisés par l’État, des dizaines d’ultimatums du Corps des gardiens de la révolution islamique et des responsables judiciaires, et cinq allocutions publiques du guide suprême du régime, Ali Khamenei.

Khamenei est maintenant confronté à un dilemme existentiel. Son régime ne peut pas reculer d’un pouce face aux revendications du peuple sans accroître encore ses attentes et s’engager sur une voie qui mène à son propre effondrement. À plusieurs reprises, Khamenei a clairement indiqué que le changement de comportement de son régime conduisait à un changement de régime. D’un autre côté, il y a quelque chose qui l’a empêché jusqu’ici d’ordonner une répression totale de style « feu à volonté », comme dans les années 1980 ou le soulèvement de novembre 2019.

Peut-être est-ce parce que le Commandant en chef du régime se rend compte que ceci va radicaliser le mouvement et que son appareil sécuritaire corrompu et brisé ne survivra pas à la seule option qui reste pour le peuple : la lutte armée.

Comme il ont publiquement déclaré que la réponse du régime a toujours impliqué « l’identification des meneurs des émeutes », « des arrestations ciblées » et la dénonciation de ceux que le régime considère comme les cerveaux de l’insécurité. Le papier suivant vise à montrer pourquoi et comment l’appareil de propagande de Téhéran cible principalement l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI).

Aperçu

La campagne de désinformation du régime iranien contre le groupe d’opposition organisé n’a rien de nouveau. Si l’OMPI était aussi « méprisé » que Téhéran et certains experts politiques occidentaux le prétendent, alors l’ampleur de la récente campagne médiatique contre le OMPI n’aurait aucun sens. Mais dans le contexte de l’escalade du soulèvement actuel, cette campagne en dit autant sur l’opposition que sur le régime.

Raymond Tanter, un ancien membre du personnel de la sécurité nationale des États-Unis, a mené des recherches approfondies sur les médias d’État iraniens et a révélé dans son livre « Appeasing The Ayatollahs And Suppressing Democracy », qu’en affrontant différents groupes d’opposition iraniens, Téhéran cible l’OMPI bien plus que tous les autres groupes et individus d’opposition réunis.

Néanmoins, certains « experts de l’Iran » en Occident affirment qu' »en raison du bilan violent et de la nature malveillante de l’OMPI, le régime les utilise simplement comme un moyen de dissuasion », un croquemitaine si vous voulez, pour effrayer la dissidence nationale tout comme le soutien international. Mais une initiative plus nuancée, en plus de faire la lumière sur l’ampleur des activités de désinformation du régime, peut faire taire cet argument et aider l’observateur politique à voir au-delà de la fumée et des miroirs.

L’approche raisonnable couvre les reportages, les documentaires et les programmes télévisés provenant de sources médiatiques officielles en Iran. Les données ont été évaluées à partir du 16 septembre, jour où Mahsa Amini a été déclarée morte après avoir été interpellée par la police des mœurs, marquant le premier jour du soulèvement. Il ne couvre aucune des pratiques antérieures de l’appareil de propagande du régime.

Une grande quantité de ressources (argent/temps/personnel) allouées à ce sujet dans ses médias révèlent que le régime iranien est aux prises avec quelque chose de plus significatif qu’un ennemi imaginaire. La propagande se concentre sur une bataille difficile avec un ennemi qui gagne du terrain à mesure que le soulèvement se radicalise et élimine toutes les méthodes de tromperie du régime.

Évaluation:
L’analyse établi la conclusion suivante :

Elle indique que les religieux au pouvoir ont développé un système de tromperie fin et complexe pour contrecarrer l’OMPI. Face à une société multiculturelle, le régime iranien a utilisé des dizaines de récits différents et parfois contradictoires pour éloigner les gens de l’organisation.

Le mot Moudjahidine est à l’origine un terme coranique pour «ceux qui sacrifient leur vie pour l’amour de Dieu et des opprimés». Mais le régime des mollahs traite officiellement le OMPI d’« hypocrites » pour convaincre les couches les plus traditionnelles et religieuses que les membres ne font que simuler leur foi. En même temps, le régime prétend que les OMPI sont des extrémistes dogmatiques portant le hijab pour induire en erreur les communautés plus urbaines, laïques ou les non musulmanes. Le régime a également produit d’autres récits à caractère ethnique, comme des histoires sur le meurtre de Kurdes, d’Arabes ou même de prêtres chrétiens.

Même si ces mensonges ont été découverts et révélés par d’anciens responsables du régime dans le cadre d’une campagne contre l’OMPI menée par le ministère du Renseignement et de la Sécurité (MOIS ou VEVAK), cela n’a pas empêché les médias d’État de répéter encore et encore les mêmes mensonges.

Le vaste système de Renseignement du régime iranien dispose d’un département conséquent pour contrer l’OMPI, appelé la division Nefaq, qui est dirigée par le VEVAK. Nefaq ou Monafeq est l’expression coranique de l’hypocrisie, une diffamation que l’ancien chef suprême du régime, Khomeiny, a utilisée pour marginaliser l’organisation et empêcher sa popularité croissante en Iran.

Alors qu’Internet a rendu vaine la censure du régime, de plus en plus d’Iraniens en sont venus à découvrir les racines de leur misère, et la dissidence s’est accrue de jour en jour. Par conséquent, l’actuel guide suprême du régime, Ali Khamenei, a appelé à une nouvelle initiative, le Jihad de l’explication, comme moyen de faire face au flux d’informations qui a un impact saisissant sur la société iranienne. Brandissant les révélations de l’opposition comme de la propagande, Khamenei a déclaré que la guerre (de la désinformation) nécessite des munitions et des ressources.

Le régime iranien a officiellement reconnu avoir déployé des dizaines de milliers de faux comptes sur les réseaux sociaux pour se déguiser en groupes ou individus dissidents, tout en sapant la résistance organisée et en essayant de délégitimer ceux qui prônent véritablement un changement de régime.

Comme le VEVAK a compris que sa campagne de diffamation contre l’OMPI, aussi intelligente ou complexe soit-elle, révélerait l’importance de la popularité de l’organisation à l’intérieur du pays, il s’est assuré d’attacher la résistance aux puissances étrangères, à d’autres groupes dissidents ou même à Daech.

Les faits et récits présentés ci-dessous reflètent la manière dont le régime iranien entend mener cette guerre de désinformation contre ce qu’il considère comme sa principale menace.

« Nous devons mettre en garde contre cette sinistre idéologie du OMPI partout. Nous devons avertir notre jeunesse de ne pas tomber dans le piège de ces hypocrites. Nous devons garder à l’esprit ces mots du Guide suprême : Vous devez tous faire attention au fait qu’ils travaillent sur notre jeunesse… et méfiez-vous du recrutement par l’ennemi de notre jeune société. » (Site Internet Rahyafteha géré par l’État, 17 mai 2020)

Par la publication de centaines de textes depuis le 16 septembre, le régime iranien a accusé l’OMPI de diriger « les émeutes », de perturber la vie des gens ordinaires et de créer l’insécurité dans tout le pays. Compte tenu du fait que les médias et les réseaux officiels sont largement boycottés par le grand public et principalement lus et vus par les proches de l’élite dirigeante, le récit est conçu pour dissuader le public ciblé et se mobiliser pour plus de répression.

Pour lutter contre la démoralisation de sa base de partisans étroite et en déclin, les médias d’État publient occasionnellement des rapports sur les dirigeants du soulèvement et les affiliés à l’OMPI qui ont été détenus et mis derrière les barreaux.

Même si le régime comprend qu’il renforce l’image politique de l’OMPI, il déclare également officiellement que « de nombreux dirigeants des émeutes identifiés sont affiliés à l’OMPI ».

Les avertissements publics selon lesquels les parents doivent s’assurer que leur progéniture ne doit pas être dupe par le OMPI témoignent du fait que l’organisation attire de nouveaux membres et de nouveaux adeptes. Les médias d’État ont même republié une histoire sur un haut fonctionnaire qui a admis que son propre fils avait été influencé par l’OMPI, mais qui s’est ensuite repenti après avoir été arrêté par les forces de l’ordre.

Ces dernières années, le régime iranien a reproché au l’OMPI d’avoir influencé la jeunesse via Internet, en particulier les médias sociaux, démentant ainsi leurs mensonges antérieurs selon lesquels l’organisation était déconnectée de la société iranienne.

Alors que le soulèvement s’est propagé à travers le pays en septembre, l’administration d’Ebrahim Raïssi, bien qu’elle ait précédemment promis de mettre fin à la censure sur Internet, a officiellement fermé WhatsApp et Instagram. Face aux réactions négatives nationales, en particulier de la part des entreprises en ligne affiliées à l’État, qui perdaient des millions de dollars quotidiennement, les responsables gouvernementaux ont affirmé que les deux plates-formes avaient été utilisées par l’OMPI et Israël.

Les anciennes accusations n’ont pas empêché les stratèges du VEVAK de proposer une autre ligne d’attaque contradictoire. Pour démotiver la jeunesse iranienne, les responsables et les influenceurs des médias sociaux affiliés au régime ont continué à promouvoir l’idée que les membres du OMPI sont trop vieux et vivent en Albanie avec une pension.

Répandre la désinformation sur la nature et l’idéologie de l’OMPI est la tâche officielle de certaines des publications dirigées par le VEVAK, par exemple, le Mashreqnews et l’agence de presse Mehr, parmi d’autres.

Étant l’État parrain du terrorisme le plus sanctionné sur la scène mondiale, le régime iranien continue de dépeindre l’organisation même qui a exposé les renseignements les plus détaillés de son réseau terroriste dans le monde comme des terroristes. De cette façon, le régime veut dissuader les nouvelles recrues de la résistance organisée et signaler que la collaboration les conduirait à la potence.

Dans le même temps, Téhéran affirme que l’OMPI est sur le point de s’effondrer afin pour décourager les jeunes de rejoindre ses rangs ou pour minimiser son influence.

La désignation de terrorisme vise également à justifier des menaces militaires constantes contre le pays qui héberge l’OMPI. Le Corps des gardiens de la révolution du régime iranien a fait plusieurs déclarations menaçant d’attaquer l’Albanie et les membres du OMPI résidant à Achraf 3 avec des frappes militaires. Les médias iraniens officiels ont également menacé l’Europe dans son ensemble pour avoir accueilli l’OMPI.

IRGC Video Threatens Drone Strikes Against Israel, U.S. Bases in the Middle East, MEK Facilities

Une vidéo du CGRI menace de frappes avec drones contre Israël, les bases américaines au Moyen-Orient et les installations de l’OMPI.

Depuis le 16 septembre, Téhéran a publié des dizaines de rapports et de nouvelles affirmant que des célébrités iraniennes de premier plan sont affiliées à l’OMPI ou ont des parents qui sont avec l’OMPI. Sachant que les personnes en question ont un large public social, le VEVAK les oblige à prendre position contre l’OMPI, souvent en menaçant leur famille et leurs biens. Une fois que l’un des VIP se soumet à la tactique d’extorsion de l’État, l’information est amplifiée par les comptes de médias sociaux gérés par l’État.

Bien qu’il reconnaisse publiquement que l’OMPI n’a jamais changé de camp, défendant la même idéologie et la même stratégie depuis 43 ans, le régime iranien continue de lier l’organisation à des puissances étrangères qui représentent des intérêts économiques et géopolitiques contradictoires. Sans considérer quel parti dirige le pays en question, Téhéran a déclaré que l’OMPI a été financé par l’URSS, les États-Unis, le gouvernement irakien renversé, la France, l’Arabie saoudite et Israël, entre autres. Le récit a été intensivement exploité au cours des 7 dernières semaines pour affirmer que « l’OMPI et les agences d’espionnage étrangères organisent directement les émeutes ». Simultanément, le régime continue d’affirmer que l’organisation paie des responsables occidentaux pour faire campagne pour elle.

Depuis plus de quatre décennies, la Résistance iranienne fait campagne avec succès contre le régime iranien sur la scène internationale. Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) invite plusieurs centaines de dirigeants, parlementaires, ONG et militants renommés des droits de l’homme de tous les continents à ses conférences annuelles. Malgré l’éventail coloré de partisans internationaux dépassant qualitativement et quantitativement tout gouvernement au pouvoir, le régime continue de mentir sur les motivations des partisans du CNRI.

Au milieu d’une répression brutale contre les manifestants et confronté à la condamnation internationale pour son bilan flagrant en matière de droits de l’homme, Téhéran a tenté d’esquiver la responsabilité de l’audience nationale et fait valoir que l’OMPI mène une campagne de diabolisation contre l’État, qui ne fait qu’appliquer la charia.

L’OMPI et le Conseil national de la Résistance iranienne ont été les premiers à divulguer des informations faisant état de violations des droits humains dans les prisons et la société iraniennes. Ils ont réussi à isoler le régime iranien et ont poussé la communauté internationale à condamner les violations des droits humains du régime plus de 65 fois sur la scène internationale. Cela a poussé le régime à dénoncer encore plus la source de son isolement international.

Afin de tromper le monde extérieur et la société iranienne en leur faisant croire que le OMPI est honi par le peuple iranien, le régime organise des rassemblements, des conférences et des expositions depuis 43 ans pour diffamer l’organisation. Depuis le début du soulèvement, il n’y a littéralement pas eu de sermon de prière du vendredi où l’OMPI n’a pas été fustigé avec des appels « mort à l’OMPI ».

Slamming the MEK on state TV and Friday prayer sermons across Iran- Oct 28

Vidéo : Attaques contre l’OMPI à la télévision d’État et les sermons de prière du vendredi à travers l’Iran – 28 octobre

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