mardi, février 7, 2023

Une victoire de la justice

Le numéro 256 d’Iran Libération vient de paraître, avec entre autres un article sur une récente décision de justice.

CNRI – C’est avec des cris de joie et des applaudissements qu’une centaine d’Iraniens ont accueilli devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris la décision de relaxe de deux Iraniens soupçonnés d’avoir encouragé une compatriote à s’immoler en 2003.

Le numéro 256 d’Iran Libération vient de paraître, avec entre autres un article sur une récente décision de justice.

CNRI – C’est avec des cris de joie et des applaudissements qu’une centaine d’Iraniens ont accueilli devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris la décision de relaxe de deux Iraniens soupçonnés d’avoir encouragé une compatriote à s’immoler en 2003.

L’affaire défendue par Me Cohen-Sabban remonte au 18 juin 2003, au lendemain de la rafle violente de la police française contre le siège du CNRI. Quelques mois auparavant Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, revenait de Téhéran avec des promesses de contrats en échange de s’occuper des opposants iraniens en France pour le bon plaisir des mollahs.

Les arrestations injustifiées des membres de la Résistance  provoquent un profond malaise chez tous les Iraniens qui rejettent l’idée de devenir une monnaie d’échange dans les marchandages honteux des dirigeants français de l’époque avec les mollahs.

La DST chapeaute l’opération et détient les personnes arrêtées dans ses sous-sols près de la place des Martyrs juifs du Vélodrome d’hiver à Paris. Trois personnes s’immolent par le feu devant le siège de la DST. Une femme, Sedigheh Modjavery, décédera des suites de ses brûlures le 19 juin.

 Deux manifestants sont arrêtés pour “provocation au suicide”. Pourtant après l’enquête, le magistrat instructeur rend une ordonnance de non lieu. Le parquet général la confirme. Mais suite à l’appel de la section anti terroriste du parquet, la chambre d’instruction de la cour d’Appel de Paris renvoie les deux mis en examen devant le tribunal correctionnel de Paris (voir Iran Libération du 29 octobre).

Le tribunal a annoncé son jugement le 21 novembre 2007 dans lequel il conclut “que le parquet donne une interprétation extensive de la notion même de provocation (…) rien ne vient démontrer que la volonté de suicide de la victime n’était pas libre ou tout au moins aussi libre que celle des victimes survivantes qui ont toutes revendiqué cette liberté et écarté une quelconque influence ou incitation et encore moins une provocation au suicide de la part des deux prévenus ou de toute autre personnes d’ailleurs”.

Le tribunal précise que les témoins “assumant des responsabilités importantes au sein du CNRI ont souligné sans aucune équivoque à la barre du Tribunal que l’immolation n’était pas une pratique inhérente à l’OMPI, pas plus qu’au CNRI; que l’on ne trouvait trace de l’incitation à celle-ci dans les journaux ou les écrits du mouvement (…): qu’il n’y avait pas eu un seul cas d’immolation depuis 38 ans que l’OMPI existe, que des consignes ont été immédiatement données afin que des sympathisants renoncent à une telle action même pour manifester leur opposition au régime iranien.” Le jugement déclare que “selon ces témoins, il s’agissait donc d’initiatives personnelles étrangères à tout ordre collectif et concerté, pouvant s’expliquer par la peur d’expulsions vers l’Iran où des tortures auraient été exercées avant des exécutions à mort certaines.”

 Le jugement fait également mention d’un courrier adressé au tribunal par “la présidente de la République élue du Conseil national de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi qui “expose son opposition aux actes d’immolations qu’elle indique avoir ignoré jusqu’au 18 juin 2003 dans l’après midi.”

Rejetant la thèse de la DST, le tribunal considère que l’inquiétude exprimée par la présidente au moment des arrestations “démontre le souci qu’aurait eu Maryam Radjavi de prévenir des comportements suicidaires au travers d’immolations auxquelles manifestement elle est défavorable, que son silence aurait été plus probant que sa confidence destinée manifestement à permettre aux autorités françaises de prendre toutes les mesures opportunes et nécessaires de prévention d’un tel risque, que ses déclarations postérieures relayées par la presse condamnaient sans aucune équivoque les immolations.”

 Dans une déclaration à la presse, Mme Radjavi a qualifié cette relaxe de “ victoire de la justice, de l’humanité et de la résistance”.

La décision, a-t-elle dit, met officiellement et légalement un terme aux marques collées à l’OMPI et à la résistance qui font tant plaisir au fascisme religieux en Iran.

De cette façon, ce jugement démontre que les  protestations et les immolations de juin 2003 étaient spontanées et volontaires et que les accusations de secte contre la Résistance sont sans fondement. Une fois de plus, il est prouvé que les marques et les accusations lancées dans la guerre psychologique et la campagne de diabolisation, à la base du dossier du 17 juin, ne reposent sur rien et laissent ce dossier encore plus vide qu’il ne l’était. Il est donc temps de clore cette affaire du 17 juin 2003.