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Une figure de l’opposition iranienne : Le régime iranien veut faire expulser les résidents d’Achraf

 Mohammad Mohadessine appelle à l’aide le monde arabe et musulman

Par Nazar Jaf

Elaph.com (site d’information en arabe) 18 mars – Des sources proches du gouvernement irakien ont souligné que les autorités poursuivent la politique d’expulsion de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Mohammad Mohadessine, président de la commission des Affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), répond de Paris aux questions d’Elaph sur les relations entre les deux parties.

Elaph : Des informations venant d’Irak indiquent davantage de tensions entre les autorités irakiennes et la Cité d’Achraf. Chaque camp a ses propres raisons et revendications. Qu’en est-il de la réalité ?

Il n’y a pas de tensions de la part des résidents d’Achraf. Ils agissent de la même manière que les six dernières années et n’ont fait rien d’illégal. Les tensions, très brièvement, consistent en des pressions que le régime iranien impose au gouvernement irakien pour faire expulser les membres de l’OMPI d’Irak, les livrer au régime et déclencher une catastrophe humaine. Le régime iranien a toujours voulu éliminer ses opposants. Toutefois, actuellement son insistance devient plus virulente que par le passé pour plusieurs raisons : l’agitation sociale en Iran en particulier des étudiants qui sont inspirés par la Résistance, la défaite significative des agents du régime aux élections des conseils de province en Irak et le retrait de l’OMPI de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Dans de telles circonstances, le régime iranien cherche à réduire les crises qui l’assaillent en supprimant Achraf de la scène.

Ce qui se passe ici c’est la volonté du régime iranien de mettre en œuvre ses complots et ses pressions contre Achraf par l’intermédiaire de ses agents en Irak. Comme l’a dit M. Ayyad Jamalodine, dans une interview à la télévision Al-Baghdadieh, « il y a un test décisif pour l’identification des forces politiques irakiennes, à savoir que tout groupe qui tente d’expulser l’OMPI montre qu’il entretient des relations organiques avec l’Iran ».

Elaph : Pourquoi vos amis ne viennent-ils pas à votre aide ?

Nos amis forment la majorité de la population irakienne. À l’exception du régime iranien, il n’y a personne en Irak qui exige le départ de l’OMPI.
Quelle est la position des forces sunnites et kurdes à l’égard des pressions de l’Iran pour votre expulsion d’Irak ?

Je ne pense pas que les positions des autres groupes ethniques et religieux en Irak sur les pressions du régime iranien pour l’expulsion de l’OMPI d’Irak divergent les uns des autres. Ils condamnent tous les pressions des mollahs. Par exemple, M. Massoud Barzani, président de la région kurde, a déclaré au quotidien à Al-Qabas que : Nous sommes opposés à ce qu’ils soient livrés de force ou expulsés vers l’Iran. « S’ils décident d’y aller par eux-mêmes, c’est à eux de voir ». Il a également souligné que le gouvernement fédéral est responsable de trouver une solution à ce problème « n’impliquant pas de rapatriement ou de réinstallation forcés. Nous insistons sur cette solution. »

En outre, M. Ayyad Jamalodine, un éminent dignitaire religieux chi’ite, a également dit à la télévision Al-Arabyia que l’Irak est membre de l’Organisation des Nations Unies et qu’il est tenu par ses obligations et engagements internationaux, y compris la Quatrième Convention de Genève qui interdit le déplacement forcé des membres de l’OMPI résidant au camp d’Achraf, même à l’intérieur de l’Irak. La Quatrième Convention de Genève interdit leur réinstallation sur le territoire irakien, sans parler de leur expulsion du pays ou de les livrer au régime iranien.

Il a ajouté : «Il y a des rumeurs prétendant très sérieusement que de nombreux Irakiens ont le sentiment que l’OMPI a participé à la répression de la population irakienne, en particulier durant la glorieuse Intifada Cha’abania. J’ai personnellement examiné les documents de l’ancien ministère du Renseignement et des instances spéciales de sécurité, et je n’ai pas trouvé un seul document ou motifs évoquant la participation de cette organisation. Je n’ai pas connaissance de document, motif, ou élément de preuve parlant de la participation de l’OMPI à la répression de la population (…) Par conséquent, il n’existe même pas de motifs fabriqués sur leur participation. »

Aujourd’hui, nous avons été informés des déclarations et des positions publiques de personnalités patriotiques irakiennes au parlement et des partis politiques dénonçant les actions de Movaffagh al-Roba’i. Ils soutiennent et reconnaissent les droits des résidents d’Achraf.

Elaph : Mme Radjavi [présidente-élue de la Résistance iranienne] a écrit au président américain Barack Obama pour l’encourager à ramener la protection de la Cité d’Achraf sous les forces américaines. Prévoyez-vous une réponse de la partie américaine sur cette question ?

La responsabilité de protéger l’OMPI incombe aux États-Unis pour les raisons suivantes. Tout d’abord, en raison des obligations internationales de l’Amérique vis-à-vis des personnes protégées dans le cadre du droit international humanitaire, du droit international et du principe de non-refoulement. En second lieu, en raison du principe de responsabilité de protection (RtoP). En troisième lieu sur la base de l’accord signé par les deux parties dans le cadre de la remise des armes en échange de la protection.

Nous attendons des États-Unis qu’ils agissent conformément à leurs engagements. Sinon, ils devront supporter la responsabilité de toute catastrophe s’abatant sur les résidents d’Achraf. Ce que demande la Résistance iranienne c’est le retour à la situation de la protection d’Achraf à ce qu’elle était avant 2009 et que les forces américaines d’accepter la responsabilité de la protection du camp d’Achraf. Mais, les États-Unis doivent être conscients de leurs responsabilités, y compris les obligations découlant du principe de non-refoulement (interdiction de déplacements forcés de populations), le principe de la responsabilité de protection (RtoP), et les obligations découlant de l’accord mutuel entre les États-Unis et les résidents d’Achraf en 2004.

Elaph : Vous avez remporté des victoires politiques et juridiques en Europe. Pourquoi n’avez-vous pas tenté d’obtenir que les Européens convainquent le gouvernement irakien de mettre fin à cette situation chaotique ?

Votre proposition est juste. Nous demandons à l’UE, et d’abord, à nos frères des pays arabes, d’agir à cet égard et de se tenir aux côtés de leurs frères et sœurs d’Achraf. Ce sont ces frères et sœurs qui ont bloqué les tentatives des mollahs de transformer l’Irak en un tremplin de leur politique d’exportation de l’intégrisme et du terrorisme. Actuellement, le régime des mollahs cherche à éliminer Achraf et à s’en débarrasser pour pouvoir achever sa domination de l’Irak. Ce régime est l’ennemi commun du peuple iranien et des peuples arabes vivant au Maroc, en Égypte, en Palestine et au Liban, en Irak et dans les États du Golfe.

Mais, revenons à l’UE. Ils ont agi rapidement, comme le Comité internationae pour l’application de la justice, composé de 2000 parlementaires de toute l’Europe, qui a déclaré dans un communiqué que « l’expulsion de l’OMPI et la fermeture d’Achraf répond à la demande des mollahs et s’inscrit dans une stratégie à deux volets qui vise à éliminer l’opposition et à étendre et compléter l’infiltration des mollahs en Irak. »

Le Vice-président du Parlement européen et Président de la commission d’enquête internationale a écrit au président américain et à d’autres responsables américains, au Secrétaire général des Nations unies, et au Haut Commissariat aux droits de l’homme, ainsi qu’à d’autres organisations internationales et autorités concernée pour les mettre en garde sur les conséquences de l’ingérence du régime iranien en Irak et exiger l’adoption de mesures immédiates visant à garantir la protection d’Achraf. Il a également souligné les engagements et obligations découlant du droit international humanitaire, du droit international, du principe de non-refoulement, et du principe de la responsabilité de protection (RtoP).

Elaph : Quelles sont les options du CNRI pour affronter la situation si les tensions se poursuivent et atteignent un point culminant ? Avez-vous un plan spécifique à cet égard ?

Les résidents d’Achraf ne recherchent que le respect de leurs droits légaux, qui sont pleinement compatibles avec les normes humanitaires, islamiques et internationales partout dans le monde. Ces dernières années, les résidents d’Achraf ont informé à maintes reprises les responsables américains, les Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de leur volonté de rester en Irak, où ils vivent depuis 23 ans. Nous espérons que le noble peuple irakien, les pays arabes, et les organisations internationales œuvreront pour empêcher le régime des mollahs d’exécuter ses plans en Irak.

M. Vidal Quadras, Vice-président du Parlement européen et Président de la commission d’enquête internationale a déclaré dans un communiqué que l’expulsion de l’OMPI et la fermeture d’Achraf répondait à une demande des mollahs et d’inscrivait dans une stratégie en deux volets visant à éliminer l’opposition et à étendre et compléter l’infiltration des mollahs en Irak.

En vérité le régime iranien veut ôter Achraf de son chemin, pour faire de l’Irak une rampe de lancement visant le reste du monde arabe. C’est là que j’appelle mes frères arabes à se tenir aux côtés de l’OMPI et à former un front commun pour neutraliser les pressions et les complots du régime iranien.

Elaph : Certaines sources indépendantes et ceux qui connaissent la situation soulignent que le gouvernement irakien est très sérieux sur l’expulsion de l’OMPI, dans la mesure où certains ont déterminé la manière dont se jouera ce scénario. Pensez-vous qu’il y a eu un accord dont vous êtes la victime ?

Cet accord, comme Khamenei [le guide suprême du régime] l’a déclaré personnellement lors de sa rencontre avec le président irakien, est très clair. Il a dit sur un ton arrogant que « l’accord bilatéral concernant l’expulsion d’Irak [de l’OMPI] doit être mis en œuvre. … Nous attendons qu’il se fasse ». À cet effet, Khamenei a également envoyé Ali-Akbar Velayati, son principal conseiller, et le ministre des Affaires étrangères des mollahs en Irak. Après les déclarations de Khamenei, [l’ancien président des mollahs] Rafsandjani s’est rendu en Irak et a rencontré des autorités irakiennes, en vue de préparer le terrain à la mise en place de nouvelles mesures de répression contre les résidents d’Achraf.

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