mercredi, février 8, 2023
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Un responsable du régime de Téhéran est incapable d’expliquer sa position face à la crise nucléaire dans un débat télévisé

Un responsable du régime de Téhéran est incapable d’expliquer sa position face à la crise nucléaire dans un débat télévisé

Par Mahmoud Hakamian

L’annonce faite cette semaine par le régime de Téhéran qu’il ne respecterait plus certaines parties de l’accord nucléaire en réponse aux nouvelles sanctions américaines a donné lieu à des querelles entre les factions du régime iranien.

La chaîne de télévision du régime, Channel II, a interviewé le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. L’un des principaux sujets abordés a été l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA). L’interview s’est centrée sur la récente déclaration du Conseil suprême de sécurité nationale du régime des mollahs qui a été rendu publique mercredi par le président des mollahs, Hassan Rohani.

« En toute franchise, beaucoup de gens pensent que cela revient à ‘affranchir un esclave après sa mort’ », a déclaré le journaliste en commençant par une introduction sur les développements de ces dernières semaines. L’émission a commencé sur ces notes : « Ils ont déclaré qu’ils allaient amener les exportations de pétrole iranien à zéro. Ils ont dit qu’ils avaient cessé d’accorder des dérogations à huit pays qui étaient autorisés à importer du pétrole iranien. Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation qui, sur les plans politique, moral et international, a donné suffisamment d’avantages aux autres. Cette décision de la République islamique d’Iran ne défie pas le JCPOA. C’est un outil au sein du JCPOA pour défendre les intérêts du pays ».

Journaliste : Ne quitte-t-on pas le JCPOA ?

Araghchi : Cela ne signifie pas que nous allons quitter le JCPOA. Cela ne signifie même pas que cela contrevient au JCPOA. Lorsque nous réduisons nos engagements sur la base des articles 26 et 36 du JCPOA, nous avons le droit d’utiliser ces outils afin de protéger nos intérêts. Cela a été clairement énoncé.

Journaliste : Sur la base des sanctions imposées par les États-Unis sur la question nucléaire, l’achat d’uranium et d’eau lourde était déjà interdit, ce qui signifie que nous ne pouvions de toute façon pas vendre ces produits. Lorsque nous disons maintenant que nous allons cesser de vendre ces produits, que nous n’avons pas le droit de vendre, et que nous disons que nous allons les stocker à partir de maintenant, ne pensez-vous pas que cela n’aurait pas d’effet réel sur nos homologues ?

Araghchi : Oui, exactement.

Journaliste : Je veux dire, on ne peut pas les vendre à cause des sanctions, n’est-ce pas ?

Araghchi : Le point important n’est pas la capacité à vendre ces productions. Le plus important, c’est que nous allons le stocker. La préoccupation de l’Occident au sujet du programme nucléaire iranien était la quantité d’uranium enrichi en Iran.

Journaliste : Franchement, beaucoup pensent que nous « affranchissons un esclave mort ».

Araghchi : Non, non, non. En fait, j’essaie de clarifier ce point. C’est un malentendu. Ceux qui disent cela voient les choses d’un mauvais angle. L’élément important du JCPOA ou du programme nucléaire iranien est la quantité d’uranium enrichi ou d’eau lourde que nous avons en stock en Iran. C’est un élément clé. Selon le JCPOA, l’Iran peut conserver 130 tonnes d’eau lourde et vendre tout ce qui dépasse cette quantité. Nous pourrions conserver 300 kilogrammes d’uranium enrichi et nous devrions vendre l’excédent. Si nous ne pouvons pas vendre les quantités excédentaires, que se passe-t-il ? Selon le JCPOA, nous devons arrêter la production après avoir atteint ces seuils. Les Américains jouent à un jeu en disant que personne n’a le droit d’acheter, alors l’Iran est forcé d’arrêter la production. Ce que nous disons maintenant, c’est que non seulement nous n’arrêtons pas notre production, mais que nous ne sommes liés par aucune restriction et que nous ne nous limitons à aucune restriction.

Traduction tirée du site web du mouvement d’opposition iranienne, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI ou MEK).