vendredi, décembre 9, 2022
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Le mécanisme financier de l’INSTEX en Europe, utile ou non au régime Téhéran ?

Le mécanisme financier de l'INSTEX en Europe, utile ou non au régime Téhéran ?

Par Shahriar Kia

L’INSTEX, le mécanisme financier européen, est une énigme que les experts et analystes du régime de Téhéran n’ont pas été en mesure de résoudre. En fait, le 7 mai, la télévision officielle du régime des mollahs a consacré une émission entière à cette question.

La première chaîne de télévision officielle du régime a expliqué : « Après la sortie des États-Unis du JCPOA, les Européens étaient censés protéger les intérêts de Téhéran dans le cadre du JCPOA. Cependant, au bout d’un an, les Européens ne voulaient pas ou ne pouvaient pas couvrir ces intérêts. La promesse de l’Europe a été rétrogradée à un canal limité et étroit qui n’a pas été rendu opérationnel jusqu’à présent. Selon M. Zarif [ministre iranien des Affaires étrangères], l’Europe n’a respecté qu’un pourcent de ses obligations en termes réels. Rohani a aussi averti il y a quelques jours que la patience du Téhéran a des limites. »

Pour citer Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, la première chaîne rapporte que « nous sommes obligés de respecter pleinement toutes les obligations prévues par le JCPOA et cela doit impliquer pour Téhéran de respecter toutes ses obligations nucléaires ». Elle ajoute : « Ils ont forcé des sociétés étrangères à quitter l’Iran et en violant le JCPOA, ils ont fait tout ce qui était en leur pouvoir : des 12 conditions de Pompeo [Secrétaire d’Etat américain] à l’inscription des Gardiens de la Révolution (pasdaran) en tant qu’organisation terroriste étrangère, en passant par la promesse de réduire nos ventes de pétrole à zéro. Sans oublier qu’à côté d’une guerre économique, les Américains mènent aussi une guerre médiatique à part entière. »

La chaîne de télévision a également cité le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, qui a déclaré : « Nous avons clairement fait savoir à Téhéran que nous n’avons pas la capacité de couvrir les pertes des entreprises européennes qui sont touchées par des pertes dans leurs affaires avec Téhéran en raison de la menace des sanctions américaines. »

Le commentateur du programme ajoute : « … nous en sommes à un point où les États-Unis ont quitté le JCPOA et ont commencé à violer ses obligations. C’est le moment où la patience de Téhéran s’étiole. »

Citant un avertissement du vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, Channel One termine l’émission sur cette note : « Malheureusement, je dois dire que le JCPOA est très proche de son terme et c’est malheureux si cela se termine. Cependant, sa fin ne signifie pas la fin de l’Iran. »

L’interview du ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, avec le média russe Spoutnik a également été republiée dans les médias de Téhéran. « Tant que l’Europe restera attachée à l’accord nucléaire, Téhéran s’y conformera. La version iranienne de l’INSTEX est une société appelée SATMA. Nous avons informé l’Europe du lancement de cette société. Nous pourrions mettre en place un mécanisme similaire à celui de l’INSTEX avec d’autres pays intéressés, notamment la Russie et la Turquie. »

Plus tard, l’agence de presse Mehr a tourné en dérision la rhétorique de Zarif sur un INSTEX non européen, traitant cela comme une « blague amère ». Voici un extrait de l’article : « L’INSTEX européen est encore à l’étape des pourparlers et de l’enregistrement et est loin d’être mis en œuvre. Néanmoins, les responsables et Zarif parlent d’un INSTEX non européen. Cela signifie compliquer encore plus la situation économique. »

L’agence de presse officielle Tasnim, affiliée à la force Qods des pasdaran, cite un responsable économique : « Le principal problème est que tant qu’une banque ou une institution financière ne sera pas prête à coopérer avec l’INSTEX, elle ne pourra rien faire de significatif. » Voici un extrait de la déclaration : « Malheureusement, les sanctions ont fait en sorte qu’aucune banque n’est prête à faire des affaires avec l’Iran. » Le responsable ajoute : « Aujourd’hui, trois mois après la création de l’INSTEX, il apparaît que l’Iran et les hommes d’affaires iraniens n’ont « rien » et l’INSTEX n’a pas été en mesure d’ouvrir une passerelle commerciale entre l’Iran et l’Europe. »

La question de savoir si l’INSTEX finira par aider ou faire sombrer l’Iran semble être une position hautement politique et biaisée. Mais une chose est certaine : le mécanisme financier européen n’a pas fait grand-chose pour aider Téhéran.

 

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