AccueilActualitésActualités: NucléaireUn regard sur les projets d'armes nucléaires de l'Iran – 2e partie

Un regard sur les projets d’armes nucléaires de l’Iran – 2e partie

Période d’avancement clandestin du programme nucléaire (1993 – 2003)

Après la première guerre du Golfe persique (Koweït), les préoccupations internationales concernant les activités d’enrichissement du régime iranien et les efforts pour développer des armes nucléaires se sont intensifiés,  ce qui a ensuite conduit à des inspections restreintes des sites du régime par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) à deux reprises : en février 1992 et en décembre 1993. Cela a incité le régime à se retrancher finalement dans le secret le plus total dans le domaine nucléaire.

En tenant compte de la tentative infructueuse d’acheter des têtes nucléaires au Kazakhstan en 1992, le régime a conclu que la seule façon d’avoir accès aux armes nucléaires était d’obtenir la technologie par la contrebande et par l’embauche d’experts de l’ancien bloc soviétique.

Durant cette période, Téhéran a suivi, d’une part, de vastes plans clandestins pour l’eau lourde du site d’Arak afin de produire du plutonium, et le projet de Natanz pour enrichir de l’uranium, afin que l’OEAI se dote du cycle complet du combustible nucléaire.

D’autre part, il a concentré des projets d’ingénierie nucléaire pour la fabrication d’armes nucléaires au ministère de la Défense, qui est entièrement contrôlé par les pasdaran, de sorte que dans le plus grand secret, il a pu dissimuler le programme aux inspections de l’AIEA dans le cadre du TNP.

Le ministère de la Défense et de l’OEAI – deux structures pour obtenir l’arme nucléaire

En tant que les deux structures servant à obtenir des armes nucléaires, le ministère de la Défense et l’OEAI ont fait progresser en parallèle les travaux du régime.

Il convient de rappeler que, afin de respecter l’hégémonie des pasdaran sur les forces armées régulières , après la guerre avec l’Irak en 1989, Khamenei a approuvé la fusion du ministère des pasdaran avec le ministère de la Défense, sur la recommandation du Président de l’époque, Ali Akbar Rafsandjani , pour former une seule structure, le ministère de la Défense et de la Logistique des Forces armées. La plupart des membres du nouveau ministère de la Défense étaient issus des pasdaran et depuis sa création, le ministre de la Défense, et la plupart des postes de vice-ministre ont toujours été choisis parmi les pasdaran afin que le ministère demeure sous son contrôle.

Le ministère de la Défense et le génie nucléaire

En 1993, le régime a transféré tous les centres de recherche nucléaires des pasdaran et d’autres centres militaires et universitaires au ministère de la Défense. C’est ensuite que le centre de recherche des pasdaran qui travaillait dans le domaine de l’ingénierie nucléaire a été rebaptisé le centre pour la « formation à la recherche de la défense du ministère de la Défense ». Ce centre a mené ses projets nucléaires militaires sur le site de Lavizan Shian.

Les experts nucléaires du centre de recherche des pasdaran ont été transférés au site de Lavizan Shian et à l’université Imam Hossein. L’université Imam Hossein (l’université des pasdaran) a étendu la recherche nucléaire à son département de physique et a commencé à former les gardiens de la révolution pour des activités nucléaires.

Le centre du régime pour les activités nucléaires militaires à Lavizan Shian a été découvert en mai 2003 par la Résistance iranienne, ce qui l’a contraint à cesser ses activités à cet emplacement et à les faire transférer vers un nouvel emplacement. Afin de faire disparaître toute trace d’activités nucléaires et militaires sur ce site, le régime a été contraint d’enlever la terre de ce centre, jusqu’à 20 mètres de profondeur. Ces changements ont retardé les activités d’ingénierie nucléaire du régime pendant une période.

Organisation de l’énergie atomique iranienne (OEAI)

À l’OEAI, obtenir de l’uranium enrichi et du plutonium a été placé en tête des priorités, et la recherche et les essais ont commencé pour produire du combustible atomique enrichi.

Afin de produire de l’uranium enrichi, le site de Natanz a été construit par le régime.

Pour produire du plutonium, le régime a envisagé de construire un réacteur de 40 mégawatts depuis 1993. Après l’échec de l’achat de ce réacteur à la Russie, le régime a commencé à construire le site d’Arak dans la région de Khondab près de la ville d’Arak.

Sites majeurs d’enrichissement à Natanz et d’eau lourde à Arak

Le site d’Arak : réacteur d’eau lourde de 40 mégawatts pour la production de plutonium

Après la guerre Iran-Irak, le régime s’est mis en quête de plutonium pour fabriquer une bombe. Il a d’abord essayé de l’obtenir en Chine, en Argentine et en Russie. Le projet de création d’un réacteur de 40 mégawatts d’eau lourde a commencé en 1996, moment où il a été d’abord conçu. L’OEAI a commencé la construction en 1999 dans la zone d’activité de Khondab à Arak comme un projet top secret.

Ce complexe est composé de deux sections : la première consiste à produire de l’eau lourde et la deuxième est le réacteur de 40 mégawatts.

L’eau lourde d’Arak

Les travaux d’installation dans ce complexe ont commencé en 2001. Il a été prêt à produire en septembre 2006. La capacité de production de ce complexe est de 16 tonnes d’eau de deutérium enrichie à 99,8%. La pleine capacité de production de ce complexe est de 80 tonnes par an avec un enrichissement de 99,8%.

L’usine d’eau lourde d’Arak est composée de quatre principales unités de traitement et neuf unités de services latéraux. Ce projet est construit dans une zone de 20 hectares et compte environ 17.000 mètres carrés en cours de développement. Onze sociétés de conseil internes et 41 entreprises de construction et d’installation iraniennes sont également impliquées dans ce projet.

Adresse : Khondab – 5 kilomètres de la route de Khondab vers l’usine Arak-Ghatran (à côté de la rivière Ghara-Chai).

Ce projet a été copié sur des usines américaines similaires, et sa conception finale a été faite à travers la consultation et l’approbation de plusieurs scientifiques russes.

Pour éviter les fuites, l’OEAI a conduit le projet sous le couvert d’une société nommée «Compagnie Mesbah Energie », qui est une filiale de l’AEOI.

Le bureau de Mesbah Energie à Téhéran est situé au 77 de la rie Armaghan Ouest, avenue Vali-Asr, en face du parc Mellat.

Le réacteur de 40 mégawatts d’Arak

Ce site est situé dans une section distincte, mais au sein du même complexe que l’usine d’eau lourde. La Société Rahkar Sanaye, qui appartient à l’OEAI, était responsable de l’installation du réacteur d’eau lourde, l’IRS40. La société Novin Energy de l’OEAI a réalisé une partie de ce projet et la mise en service des réacteurs.

Ce réacteur doit être construit dans le but de produire du plutonium, car selon les experts internationaux, ce réacteur est trop gros pour la production d’électricité à petite échelle et il est trop gros pour des travaux scientifiques et de laboratoires.

Selon des informations reçues des concepteurs et constructeurs de ce projet, ce réacteur produira 8 à 10 kilos de plutonium par an ce qui est suffisant pour deux bombes nucléaires.

Le site d’eau lourde d’Arak et le réacteur d’eau lourde IRS40 ont été révélés par la Résistance iranienne en août 2002. Le site a été, par la suite, inspecté par l’AIEA qui a prouvé la véracité des informations de la Résistance.

Le site de Natanz

Le site, qui est situé à 30 kilomètres de la ville de Natanz, est le plus important centre d’enrichissement d’uranium du régime.

En 1999, le régime a commencé à construire ce site, sous la fausse apparence d’efforts de réduction de désert. Le projet de construction du site de Natanz était totalement secret, son budget versé par le Conseil suprême de sécurité nationale et il a été placé sous le contrôle de l’organisation du budget et de la planification. Selon le rapport de février 2004, le centre de recherche du parlement du régime, et même le parlement du régime n’avaient pas été informés du projet d’eau lourde à Arak et à Natanz.

Ce projet était entièrement clandestin et son existence n’a été rendue publique que lorsque la Résistance iranienne l’a découvert en 2002.

Le projet de construction de ce site a été donné à un certain nombre de sociétés de confiance qui étaient affiliées aux pasdaran et chacune savait uniquement les informations liées à leur propre partie du projet, et ne connaissaient pas les objectifs de l’ensemble du projet.

11.000 hectares sont en cours de construction sur ce site avec deux halls de 25.000 mètres carrés pour l’installation de centrifugeuses. Sur ce site, 50.000 centrifugeuses doivent être installés. De plus, il dispose d’une installation d’essai pour l’installation de 1.000 centrifugeuses.

Ces installations sont construites à 10 mètres sous terre, en béton armé et le terrain doit être protégé des attaques aériennes.

Selon le rapport de l’AIEA de novembre 2012, jusqu’à cette date, 10.414 centrifugeuses y ont été installées et 7,611 kg d’uranium enrichi à 5% ont été produits sur ce site.

La société Kala Electric était responsable de la mise en service du site de Natanz, pour le compte de l’OEAI.

L’OEAI et les experts du ministère de la Défense surveillent en permanence les progrès du site de Natanz.

Les équipements et les installations de ce site ont été construits avec une technologie provenant de Chine, d’Inde et de Corée du Nord, et les gestionnaires du site se sont rendus plusieurs fois dans ces pays.

En 2007, le régime a commencé à construire des tunnels secrets à plusieurs kilomètres de distance du site afin de le rendre accessible par des souterrains.

Le site d’Abali (Société Kala Electric) : Production de centrifugeuses et centre de test

La société Kala Electric, faussement enregistrée comme une usine d’horloge, est l’un des principaux fournisseurs du site de Natanz et réalise le déploiement de centrifugeuse et les essais effectués là-bas. Le PDG de cette société est le Dr Seyed Jaber Safdari de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne.

L’un des centres de Kala Electric se trouve sur le site d’Abali à Téhéran.

Son adresse postale est la suivante : Société Kala Electric, Route d’Abali , Km 2,5, Téhéran.

Le site d’Abali contient deux grands halls de 450 mètres carrés qui servent d’ateliers et possède quelques bureaux administratifs.

Ce site a été révélé par la Résistance iranienne en février 2003 et par la suite inspecté par l’Agence internationale d’énergie atomique (AIEA) en août 2003. Des traces d’uranium hautement enrichi ont été trouvées sur le matériel utilisé au cours de l’inspection de Kali Electric par l’AIEA.

Avant l’arrivée des inspecteurs de l’AIEA, le régime iranien a vainement tenté de nettoyer les lieux et de rénover et de repeindre son dernier étage. Mais en examinant une section qui n’avait pas été complètement remise en état, les inspecteurs de l’AIEA ont pu détecter de l’uranium fortement enrichi.