samedi, décembre 3, 2022
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Un prisonnier politique d’Iran écrit à un rapporteur des Nations Unies sur les violations des droits de l’Homme

Un prisonnier politique d’Iran écrit à un rapporteur des Nations Unies sur les violations des droits

CNRI – Le prisonnier politique Masoud Arab Choobdar a écrit depuis sa prison au rapporteur des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme en Iran donnant une description des épouvantables violations auxquelles font face les dissidents dans les prisons Iraniennes.

Dans sa lettre au rapporteur spécial Ahmed Shaheed, Monsieur Arab Choobdar met particulièrement en relief la maltraitance des prisonniers politiques dans la célèbre prison de Gohardasht (Rajai Shahr) à Karaj, au nord-ouest de Téhéran.

Ce qui suit est le contenu de sa lettre, qui a été clandestinement sorti de la prison de Gohardasht :

Mon nom est Masoud Arab Choobdar. Vous vous souvenez sans doute de qui je suis. Je suis le prisonnier qui purge sa peine dans ces prisons du gouvernement antihumain depuis 4 ans dans les pires conditions. Vous êtes sûrement au courant de mes problèmes et difficultés en prison puisque je vous l’ai expliqué dans mes précédentes lettres. Vous êtes pleinement informés de mes problèmes de santé, mon état de maladie et des traitements inhumains que je subis en prison.

Torture et châtiments corporels des prisonniers

Cette fois-ci, j’aimerais encore expliciter les sérieux problèmes grandissants que j’ai connus avec les autorités de la prison Gohardasht. Ils ont interdit ma sortie de la cellule dans laquelle je suis emprisonné. Je n’ai pas le droit d’accéder à l’infirmerie de la prison pour les traitements médicaux ou de suivre les raisons de mon déploiement dans les centres de santé. En ce qui concerne ce problème j’ai aussi rendu visite au dirigeant de la salle Monsieur Mr. Shojaee. Pendant la visite, Monsieur Mohammad Mardani, chef de la prison, était également là. A peine ai-je commencé à parler que tout d’un coup le directeur de la prison fit irruption par la porte arrière de la salle.

Plusieurs minutes après j’entendais le son de douloureuses plaintes. Lorsque je suis entré dans la salle principale par la porte de derrière j’ai été le témoin oculaire d’une scène douloureuse. Je ne sais comment décrire cela. Je peux seulement dire que j’ai assisté aux rapports et infractions à propos des brutalités du corps policier p
endant 2 ans, mais la scène à laquelle j’ai assisté les yeux ouverts le jour-là n’était ni un genre de brutalité ni de torture physique. Cela pourrait juste se décrire comme un comportement violent qui m’a rappelé les attaques d’un groupe de chacals ou d’hyènes dans la forêt.

Les gardes de prison attaquaient les deux prisonniers et les projetaient sauvagement, les bousculaient et les démolissaient avec leur pieds tout comme s’ils pouvaient gagner de la satisfaction à travers de telles attaques. Les gardes battaient les prisonniers comme s’ils étaient en compétition. Ils se poussaient l’un l’autre comme chacals et prédateurs pour attraper l’appât. Tout ce que je pouvais entendre c’était leur bruyant rugissement qui emplissait la salle entière.

Hormis le chef de prison, l’adjoint de la prison (Amirian), le gardien de la salle 2 (Hassan Mahdavifar), le gardien de la salle d’isolement solitaire (Goudarzi), le chef des gardes de prison (Zolfali), l’adjoint des enquêtes de la prison (Mirzaii), et le chef de l’unité de protection étaient tous présents. Les deux prisonniers se faisaient sauvagement battre depuis 20 minutes et gémissaient amèrement. Malheureusement aucune pitié ni compassion.

Les gémissements se sont arrêtés

Les cris se sont ensuite arrêtés et seul Dieu sait ce qui leur est arrivé. Pas même un son ou pleur ne pouvait encore se faire entendre. Ils étaient déjà devenus inconscients.

Après cet incident, le chef de la prison est entré dans la salle ou j’étais. Il m’a menacé de ne rien dire à personne à propos de ce à quoi j’ai assisté ou autrement il me punirait pour cela. Il m’a rappelé que j’étais le seul prisonnier et témoin oculaire de cet incident. Il a annoncé ensuite que mon droit de sortie de la cellule est toujours interdit. Mais là je ne pouvais plus rester silencieux.

A cause de telles interdictions, j’ai été privé de recevoir les visites de ma famille, de lire des livres et d’aller dans les centres de santé. Je ne pouvais plus rester silencieux contre de tels comportements indignes envers les prisonniers. Une fois encore, les slogans Islamiques « dignité humaine » et « droits de l’Homme » prononcés par Ali Khamenei étaient transformés en tabassages d’un être humain. Les motifs des droits de la nationalité soulignés par les frères Larijani dans le système judiciaire étaient transformés en coups de matraque et traces de cicatrices dans le dos de ces gens sans défense.

Vous ne savez encore rien de ces révélations. Je dois dire à mon grand regret qu’en ce moment même où je vous écris, un autre prisonnier est entrain de souffrir sous les coups de matraque et les chocs d’appareils de décharge électriques. Le prisonnier est en train d’être torturé par les exécuteurs de la direction de la prison. De telles tortures et châtiments ont lieu de temps à autre à la prison de Gohardasht. Pendant que dans les foras internationaux, la République Islamique d’Iran parle des droits de l’Homme et nie vos rapports contre de telles déviances, les politiciens dans d’autres pays doivent porter un regard sur la situation en iran… même si ça ne leur fait aucun bien. Je ne peux plus parler de quoi que ce soit à part dire que la violence et l’oppression sont au cœur de cette dictature.

Masoud Arab Choobdar
Prisonnier politique à la prison Gohardasht (Rajai Shahr) à Karaj – 26 avril 2016

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