Par Alireza Jafarzadeh
FoxNews – Le 28 avril, lambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unis sest joint à dautres hauts responsables pour avertir la communauté internationale de la campagne subversive de lIran en Irak. Lambassadeur Khalilzad a dit au Conseil de Sécurité de lOnu que la Force Qods, lunité délite extraterritoriale du Corps des gardiens de la révolution, «continue à armer, former et financer les groupes armés illégaux en Irak. » Il a également averti que « cette aide mortelle constitue une menace significative pour les forces irakiennes, la force multinationales ainsi que pour la stabilité et la souveraineté de lIrak.
En fin de la semaine dernière, lamiral Mike Mullen, président de lInstance Collégiale des Chefs dÉtat-major, a évoqué linfluence « de plus en plus mortelle et pernicieuse » de la Force Qods en Irak. Lamiral Mullen a par ailleurs ajouté que des preuves seraient rendues publiques dans les prochains jours, concernant la fréquence accrue à laquelle des armes iraniennes nouvellement fabriquées sont livrées clandestinement en Irak.
Ces rapports se font lécho des informations que jai révélé en février à propos de la nouvelle infrastructure politico-militaire de la Force Qods, conçue pour accroître leurs opérations à lintérieur de lIrak. Mais pourquoi le faire maintenant? La réponse est simple, les ayatollahs et leurs principaux agitateurs et fauteurs de troubles en Irak ont adopté la stratégie du « quitte-ou-double » avant de perdre leur « occasion irakienne ».
Cest à cette fin que la Force Qods a conçu dans la ville de Kermanchah, dans louest de lIran, un nouveau centre de commande, depuis lequel elle dirige trois pivots opérationnels nordiques, centrales et méridionales. Un haut gradé de la force Qods, nommé Haj Amiri, est le nouveau commandant de ce quartier général et compte sous ses ordres de nombreux anciens et actuels commandants du Corps de Badr, la milice formée par lIran et aujourdhui étroitement aligné sur le gouvernement Maliki.
Le Pivot Nordique est sans doute laxe le plus crucial dans luvre terroriste des ayatollahs, ce qui expliquerait que le commandant Amiri, chef du quartier général, en soit également responsable. Les opérations de lAxe du Nord en Irak sont dirigées par Abu-Jafar Al-Boka, ancien du Corps de Badr. Afin dentraîner efficacement les futurs terroristes irakiens, le nouveau QG de commandement à Kermanchah utilise plusieurs camps dentraînement tout équipé et complet en termes de recrues. Aujourdhui les principaux emplacements pour ces camps sont les deux bases se trouvant dans la vallée du Kenecht à Kermanchah, la base Jalilabad Hezbollah à Varamine près de Téhéran et la base dentraînement à Ispahan dans le centre de lIran.
Il est cependant intéressant de noter que même avant cette expansion stratégique, lIran avait déjà mis la main sur dimportantes informations et disposait datouts politiques de taille en Irak. Lors de la chute de lancien régime irakien, les intentions de Téhéran étaient alors en grande partie ignorées ou mal comprises. Les mollahs ont profité de la situation et ont lancé ce qui est en substance une guerre par procuration contre les États-Unis. Cest ainsi que le régime des ayatollahs possède aujourdhui sur lensemble du territoire irakien, au travers de sa Force Qods, presque 3 000 maisons, propriétés, appartements, commerces et hôtels ; a mis en place plus de 20 groupes et partis ; a employé et rémunère un total de 40.000 Irakiens (dont beaucoup sont affiliés au gouvernement Maliki) ; a ouvert une centaine de bibliothèques et gère 380 centres détude sur le Coran et autant de vidéo clubs, 7 chaînes de télévision et 3 stations de radio, 30 publications et un large réseau de mosquées.
Heureusement, les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises. La stratégie de reconquête de larmée américaine a eu des résultats positifs et il y a eu aussi des succès impressionnants quont connus les Conseils irakiens de lEveil (également connus sous le nom des Fils de lIrak) en refoulant les groupes terroristes sunnites et chiites principalement contrôlés par Téhéran. Comme la démontré léchec cuisant de la visite dAhmadinejad en Irak en mars dernier, Téhéran na eu presque aucun succès dans lessor dune dynamique populaire stratégique parmi les Irakiens ordinaires, particulièrement auprès des chiites, malgré cinq années dingérence incessante.
Dailleurs, lancrage politique de Téhéran dans le gouvernement irakien, lAlliance Irakienne Unie (AIU), bloc chiite au pouvoir, est touché par des divisons internes qui se concentrent en grande partie sur lallégeance à Téhéran de ses deux principaux piliers, le parti Al-Dawa de Nouri al-Maliki et lAssemblée suprême de la révolution islamique dIrak dAbdul Aziz al-Hakim. LAIU subi à lextérieur une très forte pression du bloc des hommes politiques irakiens indépendants et non-sectaires, qui exige quelle arrête de se prosterner devant Téhéran et commence à résoudre les problèmes politiques, de sécurité et économiques de lIrak.
Alors que la date des élections provinciales approche (elles sont prévues pour cet automne), lAIU et par prolongement Téhéran, sentent que la fin de leur lune de miel en Irak pourrait être proche. Les ayatollahs et leurs substituts irakiens sinquiètent visiblement de la montée dune contre-force irakienne. Au cur de cette contre-force se trouvent les chefs politiques et tribaux de lIrak qui ont sans cesse fait obstacle aux avancées iraniennes dans leur pays. Ces leaders se sont alliés à lopposition démocratique iranienne, les Moudjahidine du peuple dIran (OMPI). Ils insistent sur le fait que les profondes racines musulmanes, démocratiques et anti-intégristes de lOMPI, font delle un catalyseur indispensable pour leur succès.
Les ayatollahs et leurs substituts irakiens ont pris conscience quil leur faut avancer à plein régime avant que leurs percées en Irak ne sinversent pour toujours. Les chefs séculaires indépendants irakiens et leurs alliés stratégiques, les Moudjahidines du peuple, savent queux aussi de leur côté, ils doivent repousser les menaces iraniennes pour se débarrasser de lingérence malicieuse de Téhéran. Les États-Unis ne peuvent demeurer inactifs et rester sur la ligne de touche en espérant que tout ira pour le mieux. LAmérique doit jeter son poids derrière les forces anti-intégristes, uvrer activement à éradiquer linfluence de la Force Qods en Irak, et sadresser à ces Irakiens et ces Iraniens qui se sont dédiés à la cause de la démocratie et du sécularisme.
Alireza Jafarzadeh est lauteur de La Menace Iranienne: le Président Ahmadinejad et la Crise Nucléaire à Venir (Editions Palgrave, février 2008)
Jafarzadeh a révélé depuis 2003 les réseaux terroristes de lIran présent en Irak ainsi que ses camps dentraînement terroristes. Il a été le premier à révéler lexistence du centre denrichissement duranium de Natanz et le réacteur à eau lourde dArak en août 2002.

