jeudi, février 9, 2023

Contrer la menace de l’Iran

Par Lord David Waddington

Washingtonpost.com, 2 mai – Les ambitions nucléaires du régime iranien sont une menace pour la paix dans le monde. Pour faire face à cette menace et à l’ingérence débridée du régime en Irak et au Moyen Orient, l’Occident doit faire un choix stratégique.

Les mollahs iraniens ont jusqu’à présent réussi à se positionner avec plusieurs trains d’avance sur nous. C’est ainsi qu’au mois d’août de l’an passé, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a pu déclarer avec conviction: « Bientôt nous allons être témoins d’un énorme vide du pouvoir dans la région. Naturellement, nous sommes prêts à combler ce vide ».

L’amiral Michael G. Mullen, président de l’Instance Collégiale des Chefs d’état-major, a d’ailleurs reconnu en avril que Téhéran poursuivait ses livraisons clandestines d’armements et autres supports d’aide aux extrémistes en Irak pour les  utiliser contre les troupes de la Coalition. Il a souligné en particulier «l’influence de plus en plus mortelle et pernicieuse » de la Force Qods, l’unité d’élite extraterritoriale du Corps des gardiens de la révolution, qui a pour but de déstabiliser non seulement l’Irak mais aussi le reste du Moyen-Orient.

Par la suite, les propos de l’amiral Mullen ont été repris par Zalmay Khalilzad, l’ambassadeur américain aux Nations Unis qui a dit au Conseil de Sécurité de l’Onu que la Force Qods des gardiens de la révolution « continue à armer, entraîner et financer les groupes armés illégaux en Irak. » Il a également averti que « cette aide mortelle constitue une menace significative pour les forces irakiennes, la force multinationale, ainsi que pour la stabilité et la souveraineté de l’Irak ».

Les gardiens de la révolution ont aussi eu un rôle clé dans les avancées du programme clandestin d’armement nucléaire du régime. La principale coalition de l’opposition, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), affirme que les gardiens de la révolution sont à la tête d’un centre secret ayant pour but de fabriquer une tête nucléaire à Mojdeh au sud-est de Téhéran. Les gardiens supervisent également toute l’activité d’enrichissement d’uranium au sein de l’infâme complexe de Natanz.

Aujourd’hui, les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité et l’Allemagne se sont rencontrés à Londres afin d’examiner une nouvelle offre de mesures incitatives économiques pour Téhéran en échange de sa promesse de suspendre l’enrichissement d’uranium.

La communauté internationale semble presque totalement ignorer les intentions officielles du régime qui souhaite poursuivre à tout prix son programme atomique. Le Guide suprême Ali Khamenei a d’ailleurs affiché une grande fermeté à ce sujet. En février il s’est vanté du fait que l’Iran avait réussi à calmer les demandes de la communauté internationales exigeant que l’Iran se conforme aux résolutions de l’Onu. « Ces individus qui disaient autrefois que les activités nucléaires de l’Iran devaient être démantelées, nous disent aujourd’hui qu’ils sont prêts à accepter nos avancées, à condition qu’elles ne perdurent pas indéfiniment », précisait Khamenei. « C’est une prouesse qui n’aurait jamais été atteinte sans persévérance.»

Ahmadinejad n’est pas resté sans rien dire et a affirmé en février, “S’ils (le Conseil de Sécurité) veulent persister dans cette voie (celle des sanctions), nous n’en souffrirons pas. Ils peuvent adopter des résolutions pendant 100 ans (…) S’ils continuent ainsi (avec cette pression), nous avons conçus en réponse des actions réciproques ». J’ai bien peur que ces « actions réciproques » ne se fassent ressentir dans les rues de Bagdad, Beyrouth et de la Bande de Gaza avec des attaques organisées par les gardiens de la révolution.

Il est certain que si l’Occident est vraiment déterminé à faire face à la menace de Téhéran, il aura alors besoin de montrer ses muscles plutôt que d’offrir toujours plus de concessions à un régime qui n’a pas l’intention d’abandonner ses activités illégales.  

D’une manière plus évidente, l’Union Européenne et les États-Unis doivent lever leur interdiction pesant sur la principale composante de la Résistance iranienne, l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran. Il est ridicule que l’OMPI, un membre axial de la coalition du CNRI avec un vaste soutien populaire en Iran et qui pour cette raison est très redoutée par le régime, se voit ainsi entraver dans son travail alors qu’elle s’efforce d’apporter la démocratie en Iran. Il n’est pas raisonnable de la restreindre autant lorsque, comme l’a d’ailleurs admis l’Administration Clinton, elle a été proscrite dès le départ non pas à cause de la condamnation de ses activités par Washington, mais dans le cadre d’une tentative américaine futile et stérile d’apaiser le régime et de s’adresser aux prétendus « modérés » qui la composeraient.

La Commission d’Appel des Organisations Proscrites en Grande-Bretagne ainsi que la Cour européenne de Justice ont d’ores et déjà rendu leur jugement sur le fait que l’interdiction pesant sur l’OMPI est illégale et doit donc être levée. Il est grand temps que la communauté internationale offre son soutien intégral à ceux que le régime craint le plus, et envoie un signal fort au peuple iranien pour lui dire que nous soutenons ses efforts pour mettre fin au règne des mollahs.

Lord Waddington est actuellement Président du Forum Européen de la Réforme. Il a été ministre britannique de l’Intérieur sous le gouvernement Thatcher.