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Les divisions internes du régime iranien se creusent

Les divisions internes du régime iranien se creusent
Première apparition publique d’Ali Khamenei après la guerre de 12 jours – 5 juillet

Une querelle acharnée a éclaté au sein de l’élite dirigeante iranienne, révélant de profondes divisions entre le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et la faction radicale du Front de la fermeté (Jebhe Paydari, ou JST). Cet affrontement, alimenté par les retombées de la guerre de 12 jours et une interview controversée du président du régime, Massoud Pezeshkian, a mis à nu un régime aux prises avec des dissensions internes tout en prétendant être uni.

Le journal Javan, porte-parole du CGRI, a lancé une attaque virulente contre les loyalistes du JST et leurs alliés, les accusant de compromettre la stabilité du régime à un moment critique. Dans un article intitulé « Les colporteurs de rumeurs politiques pires que les mercenaires étrangers », Javan a condamné ceux qui ont évoqué la récente interview de Pezeshkian avec le journaliste américain Tucker Carlson, assimilant leurs actions à une trahison. La rhétorique acerbe du journal révèle un schisme croissant au sein même du camp du Guide suprême Ali Khamenei, contredisant le récit du régime d’un « immense capital social » forgé au fil des conflits récents.

Conséquences d’une guerre et élite fracturée
L’article de Javan pointe du doigt deux figures de la faction dominante du régime pour leur comportement « brutal ». Hamid Rasaï, député de Téhéran, a publié sur sa chaîne Telegram un tweet d’un militant politique azerbaïdjanais, l’utilisant pour se moquer et insulter Pezeshkian, dans ce que Javan a qualifié de comparaison « honteuse et honteuse ». De même, Reza Asheri, conseiller municipal de Rasht, a suscité l’indignation en publiant un article incendiaire sur les réseaux sociaux. Il y appelait Israël à l’assassin Pezeshkian et laissait entendre que l’accident d’hélicoptère qui a coûté la vie à l’ancien président Ebrahim Raïssi était un complot israélien. Asheri est allé plus loin en lançant un ultimatum au chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, menaçant d’« agir de manière indépendante » pour fermer un média réformateur si le pouvoir judiciaire ne le faisait pas.

Javan a fustigé ces actions, s’interrogeant : « Qui a bien pu donner à ces moins que rien l’audace de se moquer et d’insulter le président à un moment aussi sensé ? Quel petit profit espère-t-il tirer de cette rhétorique ignoble ?» Le journal accuse ces personnalités d’exploiter la fin de la guerre pour « détruire les rivaux politiques », sémant ainsi la division à des fins personnelles.

Une vaine revendication d’unité
Alors que Khamenei et les médias d’État vantent la victoire et l’unité nationale, les propositions de Javan trahissent la fragilité du régime. Le journal affirme que la guerre a doté l’Iran d’un « immense capital social », un prétendu réservoir de soutien populaire. Pourtant, il prévient que cet « tout national » est désormais menacé par « des vents hostiles et des rumeurs qui réjouissent l’ennemi ». L’ironie est flagrante : comment un tel « capital » peut-il exister alors que les agents du régime s’entretuent ?

Javan critique également deux camps au sein du régime. L’un, affirme-t-il, est « tombé en l’air » et a embrassé la capitulation face aux États-Unis. L’autre, illustrée par Rasaï et Asheri, est accusée d’« aiguiser les ciseaux de l’ennemi » par une rhétorique imprudente qui favorise les adversaires de l’Iran. Les métaphores hétéroclites du journal – célébrant l’unité d’un côté et dénonçant la division de l’autre – mettent en lumière la difficulté du régime à maintenir un discours cohérent.

Un régime au bord du gouffre ?
La révélation publique de ce conflit interne intervient dans un contexte de tensions croissantes. La référence à des « hyènes flairant la mort » dans l’article traduit le sentiment d’un régime au bord du gouffre, où des opportunistes présentent sa faiblesse. Cette perception a été amplifiée par les récents événements à Hamedan, où le meurtre de deux jeunes a déclenché des manifestations et le slogan rétentant : « Notre ennemi est ici, ils mentent quand ils disent que c’est l’Amérique.» Ces slogans soulignent une désillusion croissante de l’opinion publique face aux tentatives du régime de rejeter la faute sur les puissances étrangères.

Le dernier mot de Javan trace une ligne entre critique constructive et moquerie destructrice, exhortant des personnalités comme Rasaï et Asheri à mettre fin à « semer la discorde ». Il s’interroge sur les intérêts qu’elles servent et met en garde contre toute « rancune politique » envers le public. Pourtant, les propositions virulentes du journal contre ses alliés révèlent une vérité plus profonde : l’unité du régime est un mirage.

Une structure de pouvoir fracturé
La querelle publique entre le CGRI et les loyalistes du JST est plus qu’une guerre de mots : elle signale une fracture profonde au cœur de la structure du pouvoir iranien. Même la faction de Khamenei est embourbée dans un conflit aussi ouvert, parler de « vaste capital social » sonne creux, ne servant guère plus qu’à masquer un régime en déroute. Comme Javan le reconnaît lui-même, qualifiant ses rivaux de « propagateurs politiques pires que des mercenaires étrangers », les hyènes rôdent – et elles sentent le sang.