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La crise de succession en Iran s’aggrave alors que les médias d’État mettent en garde contre une guerre entre factions et un effondrement économique

La crise de succession en Iran s'aggrave alors que les médias d'État mettent en garde contre une guerre entre factions et un effondrement économique
Photo d’archives : membres du Parlement du régime iranien (Majlis) scandant « Mort à l’Amérique » le 12 décembre 2024

Le régime clérical iranien est actuellement confronté à une convergence paralysante de crises structurelles, marquées par une direction fragmentée et une économie intérieure en plein effondrement. Cette double pression interne a privé l’appareil totalitaire de ses mécanismes de contrôle traditionnels, exposant un système en état de déliquescence systémique avancée.

Après la transition du pouvoir, le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, a tenté de consolider son autorité par une répression intérieure agressive. Selon les médias d’État, le 5 juillet 2026, Mojtaba Khamenei a officiellement reconduit Gholam-Hossein Mohseni-Ejei à la tête du pouvoir judiciaire ; une décision largement perçue comme la poursuite de la politique de « main de fer » du régime visant à étouffer toute dissidence. Toutefois, cette consolidation n’a pas apporté la stabilité interne escomptée ; elle a au contraire exacerbé une âpre « guerre de voyous » en interne autour des divers mécanismes de survie du régime.

L’un des aspects de la panique interne face à l’impasse stratégique du régime a été mis en lumière par Kanani Moghaddam, un expert proche du pouvoir. Le 16 juillet 2026, Moghaddam a averti, via les canaux officiels, que le régime était pris au piège d’un cycle intenable, déclarant : « Les Américains nous ont enfermés dans un cercle vicieux et nous cuisent à petit feu, comme une grenouille ». Pourtant, d’autres voix au sein du régime soulignent que la révolte populaire intérieure demeure la menace la plus redoutable ; Le président du régime, Masoud Pezeshkian, a admis dans un discours relayé par les médias officiels : « Si nous ne parvenons pas à résoudre les problèmes de la population, nous serons confrontés à de graves crises sociales » — une inquiétude ouvertement partagée par le journal *Jomhouri Eslami* le 19 juillet.

La guerre des factions en interne
Cette guerre intestine a éclaté au grand jour lors des sermons de la prière du vendredi officiellement autorisés, le 17 juillet 2026. À Karaj, le dignitaire religieux Hosseini Hamedani a violemment pris à partie les responsables gouvernementaux prônant un compromis diplomatique, comparant les manœuvres actuelles à l’acceptation amère, par Rouhollah Khomeini en 1988, d’un cessez-le-feu de l’ONU. Hamedani a déclaré : « Aujourd’hui, un groupe ne cesse de parler de paix et de négociation… Négocier implique des concessions réciproques. Or, nous avons déjà tout cédé », accusant ouvertement certaines composantes de l’administration actuelle de « dépendance envers l’Occident » et de « défaitisme ».

Parallèlement, d’autres responsables du régime ont proclamé la fin définitive de la diplomatie ; Mohsen Rezaee, conseiller de Mojtaba Khamenei, a annoncé à la télévision d’État que la stratégie à double voie — « négociation et guerre » — était révolue, menaçant de passer à une offensive militaire totale. Cette ligne dure a suscité une vive réaction de l’Assemblée des enseignants du séminaire de Qom, qui a publié une déclaration publique condamnant le bellicisme de la faction dominante et reprochant aux médias d’État d’« attiser les braises de la confrontation ». Pendant ce temps, les retombées économiques de cette paralysie politique ont fait chuter le rial iranien à des niveaux historiquement bas, le dollar américain dépassant la barre des 195 000 tomans.

Alors que le régime se fissure au sommet, la population iranienne réagit par des manifestations coordonnées et multisectorielles, témoignant de sa véritable capacité d’action. Les médias d’État et les rapports locaux du 19 juillet ont fait état de manifestations à l’échelle nationale, touchant plusieurs provinces. À Ahvaz et Shush, des retraités de la sécurité sociale ont bravé des conditions météorologiques extrêmes pour protester contre l’hyperinflation, scandant un slogan reflétant la réalité économique : « Nos dépenses sont en dollars, nos salaires en rials ! » À Yazd, des demandeurs de logement ont organisé des sit-in de colère, tandis qu’à Chabahar, plus de 400 membres du personnel médical ont manifesté pour réclamer des mois d’arriérés de salaire.

L’exigence d’un renversement démocratique
Le symbole le plus puissant de la résistance interne se manifeste au sein du tristement célèbre système carcéral du régime. Le 19 juillet 2026, des centaines de proches de condamnés à mort ont mené une courageuse manifestation devant la prison de Ghezel Hesar, à Karaj, bravant une violente attaque de près de 200 membres des forces de sécurité. À l’intérieur de l’établissement, les prisonniers politiques de l’unité 2 ont entamé leur deuxième semaine de grève de la faim organisée pour protester contre l’appareil d’exécution de l’État, faisant preuve d’une détermination inébranlable que l’appareil judiciaire du régime ne parvient pas à briser.

Ces crises simultanées démontrent que les piliers traditionnels du système du *Velayat-e Faqih* — répression intérieure et chantage régional — sont en train de dévorer le régime lui-même. L’État ne peut plus résoudre sa faillite économique sans ouvrir les vannes de la contestation politique, ni intensifier la répression sans attiser le volcan social. La fracture systémique ne sépare plus les factions réformatrices des conservateurs ; il s’agit désormais d’une ligne de démarcation fondamentale et irréconciliable entre le peuple iranien spolié et l’État totalitaire.

En fin de compte, l’impasse actuelle prouve que la pression extérieure n’est que secondaire par rapport au véritable moteur du changement : le peuple iranien. La vaste coordination horizontale entre les retraités, les travailleurs et les familles des prisonniers politiques révèle une société indignée qui a entièrement retiré sa légitimité à la dictature cléricale. Alors que le régime fracturé de Mojtaba Khamenei est à court de manœuvres économiques et politiques, le spectre d’un mouvement de résistance organisé dans tout le pays garantit que les citoyens iraniens possèdent à la fois la capacité et les moyens de renverser ce régime tyrannique et de reconquérir leur nation.