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Le régime iranien aux prises avec des purges et de la panique après la « guerre des 12 jours »

Le régime iranien aux prises avec des purges et de la panique après la « guerre des 12 jours »

Au lendemain de la récente « guerre des 12 jours », le régime iranien diffuse un message de force, mais un déluge de révélations émanant de ses propres responsables dresse un tableau radicalement différent : celui d’un État en chute libre. Loin d’être une victoire, le conflit a agi comme un catalyseur, révélant des défaillances catastrophiques des services de renseignement, déclenchant une purge paranoïaque de « l’ennemi intérieur » et accélérant une crise politique et économique généralisée qui menace les fondements mêmes de la dictature cléricale.

Un fiasco militaire, fait de trahisons et d’incompétences
Le conflit a révélé d’étonnantes vulnérabilités au sein de l’appareil de sécurité et de renseignement du régime. Selon Fayyaz Zahed, un proche du régime, s’exprimant le 14 juillet, la précision des frappes ennemies suggère directement une infiltration de haut niveau. Relatant l’attaque d’une réunion de haut niveau, il a noté : « Neuf hommes se sont présentés à l’état-major interarmées, l’un d’eux était en retard. Ils ont attendu l’arrivée du dixième avant de frapper.» Il a ajouté : « Il faut trouver la personne qui savait vers quel bâtiment diriger le général Kazemi.»

Cela suggère un système compromis de l’intérieur. Zahed a également révélé une chronologie accablante : « M. Jebelli [chef de la radiodiffusion d’État] a déclaré qu’à 1 h 30 du matin, le général [Hossein] Salami l’a appelé et lui a dit : « Nous allons être attaqués ce soir. » » Malgré cet avertissement préalable, des commandants clés du CGRI ont tout de même été pris pour cible et tués. L’ancien ministre des Communications, Mohammad Javad Azari Jahromi, a confirmé que le lieu d’un haut commandant avait été compromise, imputant la responsabilité à l’infrastructure numérique du régime. Il a souligné que l’obligation imposée par l’État de lier les comptes bancaires aux numéros de téléphone portable constituait une mine d’or pour tout adversaire, déclarant : « Un simple accès à la base de données d’un opérateur mobile clarifie une multitude d’informations pour l’ennemi.»

Paranoïa, purges et « ennemi intérieur »
L’humiliation militaire a déclenché une chasse aux sorcières au sein de l’élite dirigeante. Le 14 juillet, le chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, a mis en garde contre les « forces sataniques » et les « murjifun » (semeurs de discorde) qui s’efforcent de « créer une fausse double polarisation et des schismes ». Sa paranoïa a été relayée par le chef de la prière du vendredi à Karaj, Mohammad-Mehdi Hosseini Hamedani, qui a déclaré le 11 juillet que la nouvelle tactique de l’ennemi consistait à « recruter des soldats au sein même du front pour diffuser des informations défaitistes et saper le système.

Cette rhétorique d’ennemis internes coïncide avec la mort suspecte d’Ali Taeb, annoncée le 12 juillet. Taeb était l’ancien représentant du Guide suprême à la base de Sarallah – l’unité du CGRI responsable de la répression violente de l’opposition à Téhéran – et le frère de l’ancien chef du renseignement du CGRI, Hossein Taeb. Les médias du régime ont ostensiblement refusé de fournir la cause du décès, alimentant les spéculations selon lesquelles sa disparition s’inscrirait dans le cadre d’une purge interne, les factions réglant leurs comptes suite à la crise sécuritaire. Par ailleurs, le directeur de la Fondation des Martyrs, Saeed Ohadi, a admis le 14 juillet que, même aujourd’hui, « plusieurs personnes sont toujours portées disparues à la prison d’Evin » suite aux récents événements.

Système politique assiégé
Alors que le régime se replie sur lui-même, sa légitimité est de plus en plus contestée. L’ancien Premier ministre Mir-Hossein Mousavi a publié une déclaration appelant à la création d’une « assemblée constituante pour changer le système », remettant en cause l’autorité absolue du Guide suprême. La réaction du régime a été la panique. Kayhan, porte-parole de Khamenei, a titré le 13 juillet : « S’agit-il d’une déclaration ou d’un diktat d’Israël et des États-Unis ?!» Il accusait Mousavi de raviver « l’objectif non atteint » de l’ennemi, issu de la guerre de 12 jours. Les médias affiliés au CGRI ont également condamné cette déclaration, la qualifiant de tentative d’« aggraver les divisions sociales et politiques à un moment critique ».

Ce ruine politique est sous-tendu par un effondrement économique quasi total. Le 15 juillet, Meysam Zohourian, député du régime, a confirmé que le gouvernement avait approuvé l’impression de billets de 200 000 et 500 000 tomans. Il s’agit d’une mesure désespérée visant à masquer une faillite systémique qui ne manquera pas d’alimenter l’hyperinflation et d’écraser davantage le peuple iranien. Dans le même temps, le responsable a admis que le régime n’avait toujours pas « pleinement découvert la raison » de la récente crise qui a frappé les principales institutions publiques, Bank Sepah et Bank Pasargad, révélant un leadership non seulement ruiné, mais aussi désemparé.

Les événements qui ont suivi la « guerre des 12 jours » ne sont pas des incidents isolés, mais les symptômes d’une maladie incurable. Une armée compromise, un leadership paranoïaque rongé par les purges internes, une économie en ruine et des contestations croissantes de la légitimité du régime sont autant de signes d’une situation critique. La dictature cléricale perd son emprise.

La propagande du régime, qui prétendait que la guerre avait déclenché un effet « autour du drapeau », s’estompe sous la lumière crue de la réalité d’après-guerre. La vérité sur les conséquences de la guerre a brisé cette illusion, révélant un système fracturé, hanté par la peur et non animé par l’unité.