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La chaîne allemande ARD révèle une campagne violente menée par les partisans du fils du Shah d’Iran déchu

La chaîne allemande ARD révèle une campagne violente menée par les partisans du fils du Shah d'Iran déchu
Reza Pahlavi, photographié lors d’une visite à Berlin en avril, apparaît dans un reportage diffusé le 28 mai 2026 dans l’émission télévisée allemande *Kontraste* (ARD).

Face à une exposition médiatique mondiale croissante — documentée par de grands organes de presse tels que *The Guardian*, *Politico*, *The Atlantic* et *Le Monde* — qui met en lumière les tactiques agressives et coercitives de ses fidèles, les ambitions politiques de Reza Pahlavi — fils du monarque déchu qui dirigeait l’Iran sous la dictature — font l’objet d’un examen minutieux. Venant s’ajouter à ce concert de voix internationales, un reportage d’investigation de l’émission télévisée allemande *Kontraste* (ARD), diffusé le 28 mai 2026, révèle un schéma inquiétant de violence physique, de menaces graves et de harcèlement systématique orchestrés par les partisans de Pahlavi à l’encontre de journalistes, de militants des droits humains et de dissidents politiques.

Alors que Pahlavi tente de se positionner comme le chef potentiel d’un gouvernement de transition et comme le porte-flambeau d’un « Iran libre et démocratique », les critiques remettent de plus en plus en question sa légitimité démocratique ainsi que son incapacité à contenir sa base radicale.

Intimidation de la presse et des défenseurs des droits humains
Selon le reportage, bien que les représentants du gouvernement fédéral allemand aient refusé d’accorder à Pahlavi une réception officielle lors de sa visite à Berlin à la mi-avril, ce dernier a été reçu par certains responsables politiques issus de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et du Parti social-démocrate (SPD). Toutefois, les journalistes et les militants qui osent remettre en cause son programme politique s’exposent à des représailles immédiates et sévères :

La presse pour cible : Lors d’une conférence de presse organisée à Berlin à la mi-avril, Pahlavi a réagi avec colère aux questions critiques de Pauline Jekels, journaliste au quotidien *taz*, concernant son soutien à une intervention militaire en Iran. À la suite de cet échange, la journaliste a été inondée de milliers de messages injurieux émanant de ses partisans, incluant des menaces de mort et des insultes misogynes telles que « putain communiste » et « marionnette des mollahs ». Réduire les militants au silence : Shadi Amin, éminente militante des droits humains associée au mouvement « Femme, Vie, Liberté », a besoin d’une protection policière pour assister aux manifestations publiques. Après avoir critiqué Pahlavi sur sa chaîne YouTube, elle a fait l’objet d’un déferlement de haine massif, incluant des menaces explicites de viol émanant de partisans monarchistes.

Escalade vers la violence physique et suspicion de meurtre
L’hostilité émanant de la base de Pahlavi ne se limite pas au harcèlement numérique ; elle a dégénéré en actes de violence physique coordonnés et a donné lieu à des enquêtes pénales internationales.

À Hambourg, un militant politique nommé Farbod Mahoutchiyan a été agressé à plusieurs reprises par des fidèles de Pahlavi alors qu’il exposait des photographies d’Iraniens exécutés ou emprisonnés. Farbod, proche de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI ou MEK), a rapporté avoir reçu des coups de poing au visage et des coups de pied à l’estomac à quatre occasions distinctes. Ses agresseurs ont perturbé ses installations commémoratives en scandant : « Mort aux trois corrompus : les mollahs, les gauchistes et le MEK ». Le parquet de Hambourg et les services de sécurité de l’État ont confirmé qu’ils enquêtaient activement sur ces agressions.

La violence s’étend bien au-delà de l’Europe. Plus tôt cette année, au Canada, Masoud Masjoudi — un militant politique qui critiquait constamment et publiquement le manque de légitimité démocratique de Pahlavi — a été retrouvé mort. Suite à la découverte de son corps, la police canadienne a arrêté deux partisans de Pahlavi, soupçonnés d’être responsables de la mort du militant.

L’ombre de la SAVAK et le principe du « déni plausible »
Le père de Reza Pahlavi, le Shah d’Iran renversé, a présidé à des périodes de modernisation, mais a également régné en autocrate, utilisant sa tristement célèbre police secrète — la SAVAK — pour brutaliser les opposants politiques et les manifestants. Selon la chaîne ARD, les critiques reprochent à Reza Pahlavi de ne pas s’être suffisamment démarqué de cet héritage sombre. Fait inquiétant : à la mi-mai, des partisans de Pahlavi ont défilé à Ratisbonne (Regensburg) en s’identifiant ouvertement à la tradition de la SAVAK, une agence de renseignement mondialement condamnée pour sa répression politique et l’usage de la torture.

Selon ce même reportage, Reinhard Schulze — un expert suisse du Moyen-Orient — fait observer que Pahlavi demeure une figure extrêmement clivante. Schulze observe que, si Pahlavi peut servir de nom symbolique pour certains, il n’est pas largement perçu comme la figure de proue de la résistance. Par ailleurs, Schulze souligne que, ses partisans opérant au sein de réseaux informels plutôt que d’une organisation structurée, Pahlavi préserve un voile commode de dénégation plausible, permettant ainsi à des factions radicales d’agir violemment sous sa bannière sans avoir à en rendre compte directement.