vendredi, décembre 9, 2022
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Le procès d’un diplomate iranien souligne la nécessité d’un changement radical de la politique occidentale

Le jour où la communauté internationale aura une occasion unique d’exiger du régime iranien qu’il rende compte de son rôle dans la propagation mondiale du terrorisme approche à grand pas. Le 27 novembre, un diplomate iranien de haut rang sera inculpé de terrorisme en Belgique, où il a enrôlé deux agents inféodés de Téhéran pour transporter des explosifs à travers la frontière française en juin 2018. Ils avaient pour cible un rassemblement international de la Résistance iranienne et de leurs soutiens politiques, mais heureusement, le plan a été déjoué avant d’avoir pu être mis à exécution.

S’il avait réussi, le complot aurait pu tuer des centaines de personnes, notamment plusieurs hauts dignitaires qui s’étaient rendus au lieu du congrès près de Paris pour participer à l’événement. Il ne fait aucun doute que la cible principale était Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne.

C’est apparemment sur la base des inquiétudes concernant un changement de régime par le peuple iranien que le régime a ordonné à son diplomate, Assadollah Assadi, de mener une opération destinée à porter un coup dévastateur au mouvement de résistance. Ces préoccupations, à leur tour, découlent de la réalité des protestations à grande échelle qui ont secoué l’Iran sous le régime des mollahs pendant la plus grande partie de son existence, mais surtout au cours des trois dernières années.

Dans les derniers jours de l’année 2017, une protestation économique dans la ville de Machhad est devenue l’étincelle d’un soulèvement national qui a embrasé environ 150 villes et villages. Au fur et à mesure de sa propagation, le mouvement a pris un ton politique beaucoup plus large, avec des slogans répétitifs tels que « A bas le dictateur » et d’autres slogans qui ont clarifié le désir populaire de changement de régime et le manque de croyance en toute promesse de réforme venant du courant politique dominant.

C’est un sentiment qui doit être plus largement reconnu au sein de la communauté internationale. En outre, c’est un constatation que les décideurs politiques européens doivent envisager pour eux-mêmes. S’ils ne le font pas, ils s’exposeront inévitablement au danger de nouveaux complots terroristes iraniens comme celui qui a été déjoué en 2018.

Dans l’état actuel des choses, ces décideurs politiques sont toujours fortement enclins à mettre sous le tapis certaines des activités terroristes et des violations des droits de l’homme en Iran. Il est tout à l’honneur du gouvernement belge et de l’Union européenne que l’affaire Assadi soit passée au stade des poursuites judiciaires, mais il faudra plus qu’un seul verdict de culpabilité et une seule peine de prison pour compenser les effets d’un ensemble de politiques que de nombreux critiques ont jugé complaisants.

C’est le mot utilisé par le député britannique Bob Blackman, entre autres, lors d’une récente conférence en ligne organisée par le CNRI dans le but exprès d’interroger les réponses occidentales au terrorisme des mollahs et aux activités malveillantes tributaires. « Nous devons mettre un terme à la politique de complaisance et à l’illusion que les modérés sortiront de la dictature théocratique », a-t-il déclaré lors de cet événement, qui a souligné le fait que le complot terroriste de 2018 avait été ordonné par les plus hauts niveaux du régime théocratique.

Cette observation sur les origines du terrorisme iranien a été confirmée par les autorités françaises et belges dans le cadre de l’enquête sur les actions d’Assadi. Elle a également été confirmée à l’avance par les militants de la Résistance iranienne qui ont longtemps plaidé pour une politique occidentale affirmée tout en insistant sur le fait que la « modération » est un doux fantasme.

Le CNRI n’a pas tardé à critiquer les dirigeants américains et européens sur ce point au lendemain de l’élection d’Hassan Rohani en 2013. Nombre d’entre eux ont publiquement embrassé cette évolution. Mais le CNRI a compris que les promesses progressistes de Rohani n’étaient que de la poudre aux yeux, destinées à créer une fausse distinction entre sa faction politique et les « radicaux » associés au Guide Suprême Ali Khamenei.

La décision collective de l’Occident d’ignorer cet avertissement a fini par contribuer de manière significative aux conditions qui ont finalement conduit Téhéran à tenter une attaque terroriste sur le sol européen. Plus précisément, elle a contribué à renforcer l’espoir des mollahs qu’il serait en mesure de prendre des mesures aussi provocatrices, même au risque d’impliquer un de ses diplomates de haut rang et d’éviter ainsi de faire face à de graves représailles.

Maryam Radjavi a souligné ce point lors d’une autre vidéoconférence organisée récemment par le CNRI, cette fois-ci avec des intervenants des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de l’Europe continentale. Le président élu du CNRI a également lié la récente permissivité de l’Occident à un long schéma de décisions qui comprenait même le fait de fermer les yeux sur un massacre de prisonniers politiques à l’été 1988, dont les 30 000 victimes étaient pour la plupart des membres du principal groupe constitutif du CNRI, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI).

« La politique de complaisance a grandement enhardi le régime au cours des 40 dernières années », a déclaré Mme Radjavi, « au point que leur diplomate, qui est arrêté, menace de mener d’autres opérations terroristes, même de l’intérieur de la prison. »

Elle fait mention aux récentes révélations de la transcription des entretiens entre Assadi et les enquêteurs belges. Lorsqu’il est apparu clairement que le gouvernement iranien n’avait aucun succès dans ses efforts pour arrêter les poursuites contre le diplomate terroriste, Assadi a souligné l’influence croissante du régime des mollahs sur les régions environnantes et a déclaré que plusieurs mandataires terroristes observaient depuis le Liban, l’Irak et d’autres pays pour voir si le gouvernement belge les « soutiendrait » ou non.

L’implication claire des propos d’Assadi était que s’il était effectivement condamné à la prison pour ses actions, l’Europe serait confrontée à une autre attaque, et probablement une attaque qui viserait directement les ressortissants occidentaux plutôt que de les accepter simplement comme des dommages collatéraux. D’une part, des menaces aussi flagrantes sont révélatrices d’une forte attente d’impunité. Mais d’autre part, elles sont aussi facilement interprétées comme un signe de désespoir – un désespoir qui s’est accru depuis le soulèvement qui a apparemment fait du CNRI une cible encore plus vitale pour le régime des mollahs qu’elle ne l’était avant 2018.

Ce soulèvement n’était pas unique en son genre. En fait, les discours de Mme Radjavi en identifient quatre autres en moins de trois ans. Parmi eux figurent les manifestations nationales de novembre 2019 qui ont embrasé un nombre encore plus important de localités et un éventail démographique plus diversifié que le précédent. La tendance générale a laissé les autorités iraniennes sensiblement ébranlées, les responsables, y compris le Guide Suprême, se mettant en garde les uns les autres contre le risque de nouveaux troubles, en particulier des actions de protestation coordonnées sous la bannière de l’opposition démocratique, l’OMPI.

Si l’Iran pensait qu’attaquer la base de soutien étrangère de l’OMPI valait le risque associé en 2018, rien ne dit combien il pourrait être prêt à risquer davantage dans les jours à venir. Malheureusement, certains décideurs politiques occidentaux pourraient conclure que ce n’est qu’une raison supplémentaire de complaisance. Mais ils devraient être appelés à ne pas seulement tourner le dos au peuple iranien, mais aussi à ne pas faire courir un risque élevé d’attaques terroristes à leurs propres collègues et compatriotes.

Des politiciens plus sensés devraient rapidement reconnaître que les menaces d’Assadi et toutes les circonstances sous-jacentes sont les raisons les plus importantes jusqu’à présent pour changer radicalement la politique occidentale et passer de la complaisance à quelque chose qui s’apparente à une « pression maximale » plus un soutien formel au mouvement de résistance démocratique. Les signaux indiquant la nécessité de cette nouvelle stratégie sont trop forts et trop nombreux pour être ignorés.

Alejo Vidal-Quadras, professeur de physique atomique et nucléaire, a été vice-président du Parlement européen de 1999 à 2014. Il est président de l’International Committee In Search of Justice (ISJ). 

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