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EDITORIAL : Les luttes intestines, la faiblesse de Khamenei et la crainte du renversement du régime en Iran

Les luttes intestines croissantes du régime iranien au cours des deux dernières semaines et les propos du Guide Suprême des mollahs, Ali Khamenei, au sujet des dissentions internes témoignent de l’état fragile du régime intégriste.

Au cours des deux dernières semaines, des membres du Majlis (Parlement des mollahs) ont cherché à mettre en accusation le président iranien, Hassan Rohani, dans des luttes intestines sans précédent. Certains députés sont allés jusqu’à faire pression pour la mise en accusation par le biais de certains mollahs à Qom en plus du Majlis. Khamenei avait déjà averti les membres de sa faction de ne pas chercher à mettre en accusation Rohani, car il craint que ses conséquences aboutissent à de nouveaux troubles.

Les luttes intestines du régime ont atteint un nouveau pic lorsque Mojtaba Zolnouri, chef de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Majlis, a exigé l’exécution de Rohani. Ainsi, après huit mois d’absence et de quarantaine, Khamenei a été contraint de venir sur la place publique pour déclarer la destitution de Rohani comme étant contraire aux intérêts du régime.

Le fait que même les membres de la faction de Khamenei aient ignoré ses avertissements précédents et aient demandé la destitution de Rohani est un signe de la faiblesse du guide moribond. De plus, la situation fragile du régime inquiète les responsables du régime. Les mollahs sont terrifiés par l’état explosif de la société et la menace de renversement.

En d’autres termes, les luttes intestines et querelles entre les factions du régime, malgré leur gravité, ne sont pas simplement le résultat de conflits internes entre les factions rivales. Le problème n’est même pas d’évincer Rohani ou sa faction ; ces luttes intestines accrues sont plutôt le signe de l’impasse du régime et de l’imminence de bouleversements majeurs.

Les conflits internes du régime reflètent sa situation économique catastrophique, la corruption endémique et une recrudescence du mécontentement général. Ils reflètent également l’incapacité du régime à arrêter la propagation des unités de Résistance de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) et leurs activités, malgré l’imposition d’une répression sévère. Les médias officiels ne cessent de mettre en garde contre ce soulèvement imminent.

Un responsable du régime, lors d’une récente série de luttes intestines, a plaidé avec d’autres, en disant Pourquoi ne comprenez-vous pas que nous sommes tous dans le même bateau ?

Cette situation rappelle les derniers jours du Chah, lorsque Abbas Hoveida, premier ministre pendant 13 ans, a été libéré puis arrêté. Les luttes intestines actuelles du régime iranien dépeignent une société explosive.

La crise de la pauvreté, dont le peuple iranien blâme à juste titre le régime, ainsi que l’absence de politique adéquate pour lutter contre le Coronavirus, qui a jusqu’à présent tué plus de 136 000 personnes, ont mis le régime dans l’impasse actuelle.

En outre, la société iranienne a connu trois grands soulèvements au cours des trois dernières années. Les principaux slogans de ces manifestions ont été : « À bas à Khamenei » et « À bas le principe du Velayat-e Faqih (pouvoir) ». La combinaison de ces facteurs a transformé la société iranienne en poudrière et a mis le régime dans l’impasse. Les luttes intestines sans fin au sein du régime ne sont donc que le reflet de cette situation explosive.