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Le MAE iranien tente de remonter le moral de ses forces par procuration malgré les revers militaires

Dans une tentative pour remonter le moral de ses forces par procuration et de masquer ses vulnérabilités croissantes, Téhéran a envoyé cette semaine son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, au Liban et en Syrie. Cette mission diplomatique, bien que présentée comme une démonstration de force, révèle un régime de plus en plus inquiet de sa position stratégique dans la région. La visite d’Araghchi intervient dans le sillage de graves revers militaires et d’une influence décroissante sur ses alliés régionaux, de plus en plus frustrés par l’inaction du régime et ses promesses creuses.

Lors de sa visite à Beyrouth le 5 octobre, Araghchi a rencontré le Premier ministre libanais Najib Mikati, réaffirmant le soutien de Téhéran au Liban et à ses mouvements de « résistance ». Si les médias d’État ont présenté ces réunions comme une preuve de la domination continue du régime, la réalité est bien plus complexe. Téhéran a toujours eu recours à la force Al-Qods du CGRI pour gérer ces relations, en utilisant des personnalités militaires pour signaler sa force et maintenir le contrôle. Cependant, la présence d’Araghchi – un visage diplomatique plutôt que militaire – suggère que Téhéran souhaite projeter une image de non-agression, craignant probablement que ses personnalités clés et ses mandataires soient systématiquement pris pour cible.

Ces derniers mois, les mandataires du régime dans toute la région ont été confrontés à des attaques incessantes, les laissant de plus en plus démoralisés et frustrés. Les réponses de Téhéran ont été largement rhétoriques, offrant peu de soutien tangible à ses alliés en difficulté. Ce mécontentement croissant était palpable lors des réunions d’Araghchi, car de nombreux acteurs régionaux se sont sentis abandonnés par le régime, qui a tardé à répondre à leurs besoins dans un contexte de pression croissante.

L’agence de presse affiliée au CGRI, Tasnim, a publié un rapport intitulé « Araghchi : Si Israël agit contre l’Iran, nous répondrons plus durement ». Le rapport mettait d’abord en avant la rhétorique agressive du ministre des Affaires étrangères, en insistant sur ses avertissements contre Israël. Cependant, vers la fin de l’article, il changeait subtilement de ton, citant Araghchi disant : « La situation au Liban n’est pas normale, donc ma visite n’est pas une visite de routine. J’ai discuté du cessez-le-feu avec des responsables libanais et je suis en contact avec d’autres pays. Nous soutenons les efforts dans ce sens, à condition que, premièrement, les droits du peuple libanais soient respectés et acceptés par la résistance, et deuxièmement, qu’il s’accompagne d’un cessez-le-feu simultané à Gaza. »

En Syrie, Araghchi a rencontré Bachar al-Assad et le ministre des Affaires étrangères Bassam Sabbagh pour discuter des développements régionaux. Les médias syriens ont rapporté que les réunions étaient axées sur les initiatives de cessez-le-feu au Liban et à Gaza. Cependant, comme pour l’étape libanaise de la tournée d’Araghchi, le régime était plus concentré sur le contrôle des dégâts que sur de véritables percées diplomatiques. Les médias d’État ont, une fois de plus, exagéré l’importance de ces discussions, reflétant la profonde peur de Téhéran de perdre davantage de terrain.

L’agence de presse officielle Afkar News a présenté les propos du dictateur syrien de manière à souligner la force et les capacités de dissuasion de Téhéran. Selon le rapport, les attaques du régime contre Israël le 1er octobre ont été décrites comme « fermes » et « une leçon pour le régime sioniste », mettant en évidence la « capacité de l’Axe de la Résistance à imposer la dissuasion à ses ennemis ».

La dépendance croissante de Téhéran aux mesures diplomatiques plutôt qu’à l’intervention militaire est une indication claire de la détérioration de sa position stratégique. Autrefois pilier de sa stratégie régionale, les mandataires de Téhéran se trouvent désormais assiégés physiquement et psychologiquement. Bien que la visite d’Araghchi puisse temporairement fournir du matériel de propagande aux médias d’État, les problèmes fondamentaux restent non résolus. Les promesses du régime sonnent creux aux yeux de ses alliés en difficulté, qui considèrent de plus en plus les promesses du régime comme de simples paroles en l’air.

Cette mission diplomatique est une tentative d’empêcher de nouvelles fractures au sein du réseau d’alliés régionaux de Téhéran. L’influence de Téhéran s’effrite et il est fort probable qu’elle perde le contrôle des groupes qui ont longtemps constitué le cœur de sa stratégie au Moyen-Orient. Pour le régime, cette insatisfaction croissante est dangereuse. La perte potentielle de ses forces par procuration pourrait marquer le début d’un effondrement plus large de son illusion de supériorité régionale. La tournée d’Araghchi n’est donc pas une question de diplomatie mais de survie. Téhéran essaie de gagner du temps, espérant sauver ses alliances en voie de dislocation avant qu’elles ne s’effondrent complètement.