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La double tâche du CGR : répression en Iran et terrorisme à l’étranger

Le rôle du CGR pendant les huit ans de la guerre Iran-Irak

3e partie    par : Reza Shafa

La guerre Iran-Irak a éclaté en septembre 1980. La tâche déclarée du CGR était de supprimer les forces démocratiques dans le pays sous prétexte de combattre "les contre-révolutionnaires".

Cependant, la guerre a amené un exercice supplémentaire inévitable : le CGR devait entrer en guerre en s’engageant dans une guerre asymétrique sur les fronts. Mostafa Tchamran, un expert en guérilla tué par la suite sur le front nord, a pris à cette époque la direction du CGR. Comme l’armée irakienne se battait mieux au début de la guerre, la force mit rapidement la guerre asymétrique de côté pour se développer les tactiques classiques en organisant de nouvelles unités pour répondre aux demandes croissantes du front.

Le CGR prend pied au Liban

Dès le début, le CGR a envoyé des agents de renseignements dans cette nation déchirée par la guerre qui sortait à peine d’un chapitre noir de son histoire. Le 6 juin 1982, sur un ordre officiel de Khomeiny, le CGR a envoyé une brigade complète au Liban dans le but d’y instaurer une copie conforme de la dictature religieuse en Iran. La brigade qui portait le nom de "prophète Mohammad", sous le commandement de Hossein Mosleh, lui-même un expert en renseignement, opérait directement sous la direction du bureau central du renseignement du CGR à Téhéran.

Après sa mission au Liban, la brigade de Mosleh a été remplacée par une division de 2000 hommes nommée la Division du Liban. Cependant, le quartier général de cette nouvelle unité n’était pas à Beyrouth mais à Damas. Le terrible attentat de 1983 qui a rasé la garnison des Marines américains faisant  241 morts et celle des forces françaises à Beyrouth est l’oeuvre de la Division du Liban. De hautes autorités des mollahs comme l’ancien président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani et Mohsen Reza’i alors le commandant en chef des CGR se sont vantés de l’opération pendant longtemps. 

Le Liban a été la première expérience planifiée et bien exécutée du CGR dans l’exportation de l’intégrisme en s’appuyant sur sa machine de terreur. C’est exactement ce que Khomeiny voulait quand il disait que "l’Iran est l’épicentre du monde musulman", et "nous ne reconnaissons pas de frontières géographiques. Les seules lignes qui divisent les peuples sont celles de leurs croyances."

A suivre …

*Reza Shafa est un expert des réseaux de renseignements du régime iranien, en Iran et à l’étranger. Il a mené des recherches poussées sur le VEVAK, les services secrets du CGR et la force Qods. Il contribue actuellement au site du CNRI.