lundi, février 6, 2023
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Sous une posture belliqueuse, un régime décadent et fracturé

 

WASHINGTON, 10 février (UPI) – Par ALI SAFAVI – Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khameneï, a émis un sévère avertissement la semaine dernière contre la communauté internationale, laquelle a imposé le mois dernier des sanctions ciblant les exportations de pétrole vitales pour le régime ainsi que la banque centrale.
Immédiatement après, le régime a lancé de nouvelles manœuvres militaires, menaçant encore une fois de fermer le Détroit d’Ormuz, par lequel passe chaque jour une quantité significative de l’ensemble du fret pétrolier.
Dans ses commentaires, Khameneï a juré de poursuivre le programme nucléaire du régime, même lorsque les sanctions élargies commencent à causer de grandes peines économiques.
« L’Iran ne baissera pas les bras », a-t-il dit, ajoutant : « Nous riposterons aux menaces de guerre et aux sanctions pétrolières.

 

 Deux jours plus tard, le chef adjoint du Corps des Gardiens Révolutionnaires Islamiques du régime a émis une autre menace à l’encontre des pays de la région, avertissant : « Tout endroit utilisé par l’ennemi pour des opérations hostiles contre l’Iran fera l’objet d’attaque de représailles par nos forces armées. »
La posture belliqueuse de Téhéran devrait être prise au sérieux. Mais, sous sa belligérance et ses manœuvres périodiques, le régime souffre. Les exportations de pétrole, comptant approximativement pour 80% des revenus de l’État, s’épuisent progressivement et la monnaie nationale aurait perdu près de 60% de sa valeur contre le dollar américain ces six derniers mois.
De profondes fractures et des conflits internes débridés au sein du régime sont devenus courants. Et le mécontentement social, dores et déjà à un niveau critique, fait tirer les sonnettes d’alarme dans les cercles de pouvoir de Téhéran, à quelques semaines seulement des élections parlementaires.
Khameneï se désespère de consolider son pouvoir. Vendredi, il a exhorté les « perdants » des prochaines élections à « se résigner » face aux résultats et à éviter les protestations. Il sait que le régime est vulnérable.
Il essayait clairement d’obscurcir une situation chaotique imprégnant les plus hauts niveaux de son régime chancelant, sans faire état de sa profonde appréhension concernant de nouvelles protestations sociales dans le contexte du printemps arabe.
Les dirigeants de Téhéran ne prennent pas à la légère le fait que leur allié de longue date en Syrie est au bord de la disparition. Une composition régionale complètement différente, bouleversant les voies bien établies du régime pour approvisionner les points de terrorisme, sape le fond stratégique de Téhéran.
Faisant face à des pertes stratégiques et concrètes sur tous les fronts, Khameneï est vu dans sa tentative de soudoyer la communauté internationale en augmentant la mise dans l’espoir de rouvrir des divisions au sein du front international uni contre son implacable course folle vers la bombe.
S’il s’agit en réalité de l’ultime calcul du régime, il pourrait s’avérer faux. Le seul moyen de renforcer l’unité du front international est de fermer toutes les lacunes dans les sanctions que le régime peut apporter, même la plus insignifiante bouée de sauvetage à l’attention d’une théocratie désespérée au seuil de l’effondrement.
La communauté internationale doit se montrer ferme et implacable dans sa tentative de réfréner une grande menace mondiale émanant de Téhéran. Manifestement, sans une transformation fondamentale dans la structure étatique de l’Iran, les menaces de Téhéran continueront de croître.
Le régime sait qu’il est condamné à l’intérieur du pays, et que la seule façon de survivre est de poursuivre le programme nucléaire, de continuer sa répression dans le pays, se concrétisant par 69 pendaisons cette année jusqu’à présent, dont 16 d’elles en public, et de répandre son terrorisme. Son budget militaire pour le calendrier iranien commençant en mars, malgré toutes les sanctions, a augmenté d’au moins 127%. Il ne s’agit pas du genre de décision prise par un régime prêt à transiger.
Khameneï masque sa peur tel celui qui traverse à toute vitesse le cimetière en sifflant. Le monde ne doit pas se laisser prendre dans les tactiques de chantage du régime. Plus un moment ne doit être perdu dans les tergiversations et les atermoiements, alors que le régime se dirige petit à petit vers la bombe.
Les sanctions doivent prendre place au sein d’un nouveau paradigme de changement du régime au lieu du vieux et infructueux paradigme de changement de comportement. Dans cet esprit, le monde doit se tenir aux côtés du peuple iranien et de leur mouvement d’opposition organisé.

Ali Safavi, dans l’opposition au sein du Conseil National de la Résistance d’Iran, est président de Near East Policy Research, une agence d’analyse politique à Washington (www.neareastpolicy.com).